Qu’est-ce que la Nakba ?

Le mot « Nakba » est un terme arabe qui signifie « catastrophe » ou « cataclysme », un évènement qui est malheureusement absent ou déformé dans les ouvrages scolaires français.

Il renvoie au nettoyage ethnique des Palestiniens qui a permis l’expulsion de près de 800 000 d’entre eux de leur terre d’origine, et la destruction de près de 600 de leurs communautés, lors de la création de l’Entité sioniste en 1948.

En effet, le 15 mai 1948, la Palestine est rayée des cartes au lendemain de la proclamation unilatérale de l’état d’Israël, que la communauté internationale s’est empressée de reconnaître.

Auparavant, en 1900, la population de la Palestine était environ à 4 % juive et à 96 % arabe, et en 1947, les arabes palestiniens constituaient encore plus des deux tiers de la population.

Lors de cet évènement tragique, qui restera une tache indélébile dans l’histoire du 20ème siècle, environ 90 % des Palestiniens qui vivaient, dans ce qui devint Israël, furent expulsés.

Dans les mois qui ont précédé et suivi ce jour funeste, avant même que la guerre « israélo-arabe » n’ait commencé, des centaines de villes et villages palestiniens, vidés de leurs habitants, furent repeuplés par des Israéliens juifs ou détruits par les forces armées sionistes, forçant deux tiers de la population palestinienne à s’exiler.

La raison primordiale de l’évacuation de centaines de villages palestiniens en 1947-1948 a été un mélange de force et de peur, et non pas, comme l’affirme l’un des mythes fondateurs de l’entité sioniste, celle du départ « volontaire » des Palestiniens.

La vérité est que les tueries des forces sionistes ont joué un rôle majeur pour terroriser les Palestiniens et les obliger à fuir.

Le massacre de Deir Yassin, où plus d’une centaine de villageois (hommes, femmes et enfants) furent exterminés le 9 avril 1948, est l’atrocité la plus célèbre, mais il y en eût beaucoup d’autres.

En effet, dans beaucoup d’autres villes et villages, les Palestiniens furent expulsés sous la menace des armes, comme à Lydda et Ramla, où, après que des centaines de personnes aient été tuées dans la conquête de ces villes, près de 70.000 habitants furent forcés de partir à pied vers la Cisjordanie (c’est la « Marche de la Mort de Lydda »).

Ainsi, la Nakba, que les médias sionistes tentent de nous faire passer pour un évènement anecdotique révèle la nature profonde de cette idéologie sinistre. Comme le journaliste et historien israélien Tom Segev l’a dit, « faire disparaître les Arabes se situe au cœur du rêve sioniste ».

La Nakba contredit également l’un des mythes fondateurs des sionistes, celui d’une Palestine « vide de Palestiniens » : « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre », slogan largement véhiculé par la propagande sioniste et qui est désormais repris par des universitaires comme étant une vérité historique.

En réalité, cette terre a été vidée par les criminels sionistes, et ce nettoyage ethnique continue jusqu’à aujourd’hui.

La Nakba n’est pas un évènement ponctuel et révolu, ni une date spécifique, mais un processus qui ne s’est jamais achevé et qui se poursuit aujourd’hui. Il s’agit d’une entreprise systématique d’oppression et de déracinement des Palestiniens de leur terre.

Pour preuve, les nombreux massacres commis par l’État colon depuis 1948, la colonisation  et l’épuration ethnique qui se poursuivent en Cisjordanie, à Jérusalem ou dans le Néguev. Preuve en est également, le blocus et les massacres réguliers à Gaza, ou encore la construction du « Mur de l’apartheid ».

Aujourd’hui, environ 5,2 millions de réfugiés sont enregistrés par l’ONU (sur 7,5 millions que compte la diaspora palestinienne), dont 2 millions vivent en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza.

D’anciennes clés et d’anciens actes relatifs aux terres volées témoignent de l’expérience intergénérationnelle qu’est la Nakba et les réfugiés palestiniens continuent d’exiger leur droit au retour et la restitution de leurs biens.

Le criminel de guerre David Ben Gourion, premier chef de gouvernement israélien, avait proclamé : « les anciens (réfugiés) vont mourir et les jeunes vont oublier ». Plusieurs générations se sont succédé, et si les anciens sont morts, les jeunes, eux, n’ont pas oublié.

La mémoire palestinienne persiste et sa jeunesse est aujourd’hui marquée par un désir de résistance, de retour et de libération, face à cette Nakba prolongée qui dure depuis plus de 70 ans maintenant.