Venezuela : les USA envoient des lots d’armes à l’opposition au nom d’aides humanitaires

L’aide militaire américaine sous couverture d’aides humanitaire, stockée en Colombie. ©Fars News

Après la Syrie, le scénario de l’envoi d’armes aux fronts pro-US au nom d’aides humanitaires se réalise cette fois au Venezuela.

Au mépris de l’ordre du président vénézuélien lui interdisant de quitter le territoire, le président autoproclamé Guaido s’est rendu vendredi en Colombie pour récupérer la livraison d’armes envoyée par Washington et ce, sous couverture d’aide humanitaire.

Selon l’agence de presse Fars News, la soi-disant aide humanitaire américaine s’accumule depuis le 7 février dans des entrepôts de la ville frontalière de Cucuta, en Colombie. Une aide destinée aux opposants au gouvernement de Nicolas Maduro et qui vient d’être acheminée par avion.

Défiant les ordres lui interdisant de quitter le Venezuela, le chef de l’opposition a fait une apparition surprise en Colombie voisine, pour recevoir les aides américaines. Le président vénézuélien a récemment annoncé la fermeture des frontières communes avec le Brésil, et il est sur le point de fermer ses frontières avec la Colombie, deux pays ayant déjà apporté leur soutien à Guaido. Celui-ci prétend que l’armée l’aurait aidé à violer les ordres présidentiels pour se rendre en Colombie. Pourtant des sources indépendantes évoquent les opérations des forces spéciales US l’aidant à franchir les frontières et à se rendre dans le QG des opérations militaires en Colombie.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a annoncé sur Twitter que son pays avait répondu à la demande des opposants à Maduro, avec en tête Juan Guaido, pour envoyer des aides humanitaires au Venezuela.

De concert avec la stratégie interventionniste de la Maison-Blanche, il a par ailleurs appelé le gouvernement vénézuélien à autoriser la distribution des prétendues aides américaines dont la valeur s’élèverait à 100 millions de dollars.

Or, cette aide « humanitaire » comprend un important lot d’armes et de munitions évalué à 15 tonnes. Elle aurait été transportée par avion de ligne éthiopien depuis un pays de l’Europe de l’Est en Colombie, affirment certaines sources sur le terrain. 

Simultanément aux tentatives d’armer les opposants au gouvernement de Maduro, la Marine US a débuté des agissements non loin des eaux territoriales du Venezuela. Le Pentagone a procédé à l’expédition d’une flotte composée du porte-avions USS Abraham Lincoln (CVN-72), d’un croiseur antimissile et de quatre destroyers, en plus d’une frégate de la Marine espagnole, invitée à participer à l’opération anti-Maduro des États-Unis.

Le même rapport souligne :

« Des Antonov ukrainiens ont établi un pont aérien continuel entre trois pays d’Europe de l’Est et la Colombie pour acheminer des armes de l’ancien bloc de l’Est […] la même logistique ayant servi à approvisionner [les terroristes syriens qui] est en train d’être mise en place pour le Venezuela. »

 

Les va-t-en-guerre américains, fomentant une nouvelle guerre civile, cette fois en Amérique du Sud, prétendent que 60 % des Vénézuéliens ne veulent plus du gouvernement Maduro.

Parallèlement au départ de l’agent Guaido en Colombie, le président Maduro a ordonné vendredi la fermeture des frontières avec le Brésil.

Un début de violence dans des villages vénézuéliens près des frontières a été rapporté. Il semblerait que les USA, bien aguerris par leur expérience syrienne, aient décidé d’ouvrir un double front de combat contre l’État vénézuélien, à la fois en Colombie mais aussi au Brésil.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova, a averti vendredi les États-Unis de toute ingérence dans les affaires intérieures du Venezuela avant d’indiquer :

« Les États-Unis ont l’intention de déployer les dispositifs de l’armée à proximité du Venezuela afin de préparer le terrain à la chute du président au pouvoir. »

L’opposant Juan Guaido, renvoyé le 22 janvier du poste de président de l’Assemblée nationale vénézuélienne sur décision de la Cour suprême, s’est autoproclamé président en exercice du pays et a prêté serment pendant une manifestation à Caracas. Donald Trump l’a par la suite reconnu comme président par intérim.

Depuis, les États-Unis et leurs alliés ont apporté leur soutien au président autoproclamé tout en menaçant régulièrement le gouvernement légal d’une intervention militaire.