Une ancienne diplomate française serait en tête de la présidentielle géorgienne

Mme Salomé Zourabichvili, une ancienne diplomate française et ex-ministre géorgienne des Affaires étrangères, compte parmi les favoris à l’élection présidentielle qui s’est déroulée ce dimanche, en Géorgie.

En effet, d’après un sondage réalisé à la sortie des urnes, à 20h00 heure locale (17h00 heure de Paris), alors que les bureaux de vote avaient fermé, la candidate franco-géorgienne serait en tête de l’élection présidentielle avec 52% des voix.

Lors d’un point presse, M. Géorgien Irakli Kobakhidze, le président du Parlement a déclaré :

« Ce sondage a été effectué à la sortie de 100 bureaux de vote et 5124 électeurs ont été interrogés.»

Un autre sondage réalisé par l’organisme de recherches sociologiques Psychoproect pour le compte du parti au pouvoir indique que Mme Zourabichvili aurait recueilli 52,3% des suffrages exprimés. Rappelons que la candidate franco-géorgienne est soutenue par le parti Rêve géorgien.

M. Grigol Vachadzé, le principal rival de Mme Zourabichvili et candidat du parti d’opposition Force en l’unité arriverait deuxième avec 28,1% des suffrages exprimés. M.David Bakradzé, le candidat du parti Géorgie européenne serait troisième avec 9,2%, toujours selon ce même sondage.

Néanmoins, selon les résultats d’un sondage réalisé par l’organisation Edison research pour la chaîne d’opposition Roustavi-2, Grigol Vachadzé et Salomé Zourabichvili seraient au coude à coude avec chacun 40% des voix. Ils devraient donc s’affronter au cours d’un second tour.

Conformément au code électoral géorgien, le candidat qui a recueilli plus de 50% des voix au premier tour est élu. Si aucun des candidats n’obtient 50 % des voix, un deuxième tour de scrutin est organisé.

Qui est Mme Zourabichvili ?

Née en 1952 à Paris dans une famille d’immigrés géorgiens, Mme Zourabichvilia a fait ses études à l’Institut d’études politiques de Paris et à l’université Columbia de New York. Durant les années 1970, elle est entrée au ministère français des Affaires étrangères. Elle a également travaillé en Italie, aux États-Unis, au Tchad et pour des missions françaises auprès de l’Onu, l’OSCE, l’Otan et l’Union européenne.

Dans une interview réalisée par l’ambassade française à Tbilissi, Mme Zourabichvili a confié :

« Je suis née en France, donc à proprement parler, je ne suis pas une immigrée, je suis une « vraie française, française » comme disait ma mère quelquefois. Mais malgré tout, j’ai été élevée avec deux grand-mères à la maison parlant géorgien, ma première langue.»

En 2003, la diplomate a été nommée ambassadrice de France en Géorgie. Quelques mois plus tard, la Révolution des Roses qui a eu lieu dans ce pays, a conduit au renversement du président de l’époque, Edouard Chévardnadzé.

En mars 2004, Mikhaïl Saakachvili, le nouveau chef de l’État géorgien nomma Mme Zourabichvili ministre des Affaires étrangères, après avoir obtenu l’accord de Jacques Chirac.

Il faut savoir que le Parlement de la Géorgie a dû modifier, de toute urgence, la législation pour que Mme Zourabichvili soit naturalisée et puisse prendre ses fonctions.

Toutefois, sa carrière en tant que cheffe de la diplomatie géorgienne n’a pas duré longtemps, en effet, sur fond de désaccords avec le Parlement ainsi que des critiques de la part d’ambassadeurs géorgiens, Mme Zourabichvili a été démise de ses fonctions, en octobre 2005 et elle est, alors passée dans l’opposition au président Saakachvili.

Selon les Échos, elle n’a joué aucun rôle important sur la scène politique géorgienne jusqu’en 2016 où elle s’est présentée aux élections législatives en tant que candidate indépendante et a été élue députée de Tbilissi.

Bien qu’elle se présente, également à l’élection présidentielle comme candidate indépendante, Salomé Zourabichvili est soutenue par le parti Rêve géorgien de Bidzina Ivanichvili, homme d’affaires et ancien Premier ministre géorgien. En cas de victoire, Mme Zourabichvili deviendra la première femme Présidente de la Géorgie.

Rappelons que c’est la dernière fois que le chef de l’État géorgien est élu au suffrage universel. Le successeur du vainqueur de cette présidentielle sera élu par un collège électoral.

Nous pensons que quel que soit le candidat qui accède démocratiquement, par suffrage universel au plus haut poste d’un pays, cette personne se doit de représenter son peuple qui l’a élue, qui a fondé sur elle ses espoirs, ses attentes, ses aspirations afin qu’elle œuvre pour le bien-être, la sécurité et le bonheur de toute la communauté.

Généralement, ces espoirs sont cruellement déçus, car toutes les belles promesses que font les candidats durant leurs campagnes électorales fondent comme neige au soleil une fois qu’ils sont élus.

Qu’en sera-t-il pour les candidats de la Géorgie ??? L’avenir nous le dira…