Retour des djihadistes : l’épée de Damoclès

Alors que le conflit syrien vit ses derniers instants, avec la défaite des troupes terroristes à la solde des intérêts occidentalo-sionistes, le retrait annoncé des troupes américaines, et le début de normalisation du régime syrien avec les pays arabes, se pose désormais le problème du retour des djihadistes européens partis guerroyer loin de leurs pays d’origine, au premier duquel la France, grand fournisseur de mercenaires radicalisés en provenance de ses banlieues défavorisées.

Surpris par la décision soudaine prise par Donald Trump de quitter la Syrie, Paris prépare désormais le départ de ses forces impliquées sur le terrain ( entre 200 et 3000 hommes selon les sources).

Mais c’est le retour de 130 djihadistes français et de leurs familles, jusqu’ici retenus par les forces kurdes dans des camps au nord de la Syrie, qui est actuellement au cœur de toutes les préoccupations.

 » Les Américains se désengagent de la Syrie. Il y a actuellement des gens qui sont en prison et qui sont tenus parce que les Américains sont là et qui vont être libérés. Ils vont vouloir revenir en France. Ceux sont des Français avant d’être des djihadistes. Certains sont déjà revenus, nous les mettons en prison, nous les connaissons. Ceux qui reviendront, s’ils devaient revenir, seront mis en prison « , a déclaré mardi dernier 29 janvier, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner sur BFMTV.

Une déclaration qui a surpris, tant personne ne comprend cette volonté de rapatrier absolument ces tueurs fanatisés afin de les soumettre à la justice de notre pays. Même si l’on peut également comprendre l’argument expliquant qu’il valaient mieux les avoir sous la main afin de mieux les surveiller et éviter qu’ils ne se retrouvent livrés à eux même dans la nature.

C’est ce qu’explique d’ailleurs le Premier ministre Edouard Philippe, qui s’est dit lui aussi favorable à ce que ces djihadistes français soient rapatriés et jugés en France plutôt que de se disperser  » dans la nature pour fomenter d’autres actions « .

Ces combattants français d’obédience wahhabite sont tous issus des banlieues des grandes villes de France et beaucoup auraient été recrutés par des intermédiaires et des indicateurs des services de renseignements français pour être envoyés en Syrie, à l’époque où certains de nos stratèges laissaient faire complaisamment et jugeaient cela très utile.

Beaucoup d’analystes pensent que nos services fermaient les yeux ou auraient pu encourager indirectement ces départs volontaires, qui permettaient de faire d’une pierre deux coups :

D’une part, on débarrassait le pays de ces terroristes potentiels, véritables bombes à retardement, d’une dangerosité extrême pour la France (comme l’ont démontré les attentats ayant ensanglanté le pays ces dernières années), et d’autre part, on fournissait de la chair à canon ultra-motivée pour aller combattre le méchant Bachar, dont on nous expliquait « qu’il ne méritait pas d’être sur terre » (dixit Laurent Fabius, notre ex Ministre des Affaires étrangères).

Une fois en Syrie, qu’ils pénétraient à partir de Turquie avec la bienveillance de nos alliés et des autorités turques, ils rejoignaient soit Daech ou Al-Nosra et recevaient des subsides de la part de mystérieuses organisations « caritatives ».

Nous serons inévitablement traités de complotistes par les esprits naïfs ou malhonnêtes, en osant cette analyse, pourtant, l’envoi de centaines de personnes dans le cadre d’opérations clandestines, gérées via proxy pour ne pas remonter à la source, en manipulant ces individus sur la base de leurs convictions religieuses afin d’atteindre des objectifs géostratégiques à l’étranger, est une méthode qui a souvent été utilisée par les services de plusieurs pays (comme le cas d’école afghan).

Une méthode qui, cependant, s’avère très dangereuse et risquée en cas de retour au bercail de ces troupes fanatisées.

Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) soutenues directement par les Américains en ont capturé des dizaines lors d’accrochages avec Daech dans l’extrême nord de la Syrie, non sans parfois subir de lourdes pertes.

Si les forces spéciales et les agents de liaison sont en train de quitter la Syrie dans la plus grande discrétion, ce n’est pas le cas pour les mercenaires « islamistes » vu leur nombre et l’absence de couverture.

Pour Castaner, « tous ceux qui rentreront en France seront judiciarisés et confiés aux juges. Lorsque le juge estimera qu’il faudra les mettre en prison » … Certains seront donc remis en liberté, et pourront être ainsi les proies de manipulations de tous ordres.

Un jeu très dangereux, que, déjà en septembre 2013, dénonçait le juge antiterroriste Marc Trévidic sur les ondes de France Info, très préoccupé par ce qu’il appelait  » l’immigration djihadiste  » des jeunes Français dont il faudrait gérer le retour.

 » Quand le conflit syrien n’existera plus, on aura affaire à pas mal de jeunes qui auront été entraînés, armés, pris en main par de vrais terroristes. Et qui, pour certains d’entre eux, seront dangereux car ils voudront continuer le djihad chez eux. C’est à moyen terme qu’on peut avoir peur de cette immigration djihadiste importante » disait-il dans l’interview.

Six ans plus tard, nous y sommes, prêts à accueillir cette centaine de tueurs (voire beaucoup plus ?), pour les juger et mieux les « contrôler/surveiller » selon les autorités. Certaines officines de l’ombre à la solde des intérêts wahhabo-sionistes pourraient également être tentées de mieux les « manipuler ».

 

Le Parti Anti Sioniste s’inquiète fortement du retour dans l’Hexagone de ces djihadistes, aux mains tâchées de sang et aux cerveaux fragiles, imprégnés de l’idéologie wahhabite propagée par nos alliés saoudiens.

Espérons que nos services de renseignements seront à la hauteur de la tâche qui les attend, afin d’empêcher ces mercenaires fanatisés de sévir en France, après avoir participé à la destruction de la Syrie.

Une énorme responsabilité pèse désormais sur les épaules de nos responsables sécuritaires, afin d’éviter à notre pays de subir de nouveaux attentats sanglants.