Qui est Rachel Corrie ?

Il y a bientôt 15 ans, le 16 mars 2003, alors que les forces coloniales israéliennes occupaient Gaza, une jeune américaine du nom de Rachel Corrie tomba sous les chaines d’un bulldozer de l’armée sioniste.

Le «Wiki Pas» vous propose de nous arrêter sur cet événement tragique.

Rien ne prédestinait Rachel Corrie à devenir un symbole, même si dès sa plus jeune enfance elle a toujours émis le souhait d’œuvrer en faveur des plus démunis.

Née le 10 avril 1979 à Olympia, une petite ville de la côte Ouest des Etats-Unis, Rachel Corrie grandit dans une famille peu militante. Étudiante brillante en arts plastiques, l’Américaine raconte dans ses écrits personnels, avoir commencé à militer pour la paix avec l’envie d’aller voir sur le terrain.

Elle part fin janvier 2003 s’installer à Rafah, une ville de 140 000 habitants dans la bande de Gaza, en Palestine occupée, avec sept autres volontaires américains et britanniques du Mouvement de Solidarité Internationale (ISM). Ceci afin d’aider la population palestinienne face à l’armée d’occupation israélienne.

En effet, organisation non-gouvernementale palestinienne regroupant des pacifistes palestiniens et internationaux travaillant à promouvoir la lutte pour la liberté en Palestine et la fin de l’occupation israélienne, l’ISM prône la non-violence et multiplie les opérations symboliques sur le terrain

Depuis le début de la seconde intifada en septembre 2000, les habitants de ce petit territoire palestinien vivent au rythme des incursions de l’armée, qui procède à des arrestations, des bombardements et des destructions de maisons. Prônant l’action directe et non-violente, les volontaires internationaux de l’ISM sont conscients des risques qu’ils prennent, mais ils veulent protéger les Palestiniens.

Cachant la blondeur de ses cheveux sous un foulard, Rachel Corrie va vivre pendant plusieurs semaines le quotidien des habitants de Rafah, qui l’hébergent et la choient en signe de gratitude. Chaque jour, Rachel et les autres volontaires s’interposent ainsi entre la population palestinienne et les tanks, les bulldozers ou les tireurs d’élite de l’armée sioniste.

Le jour du drame, habillée d’un gilet orange fluo et armée d’un haut-parleur, Rachel Corrie bataille deux heures durant avec les autres volontaires, pour tenter d’empêcher l’avancée d’un bulldozer. La jeune femme s’est placée face à l’engin, dans le but de se faire voir par le conducteur et l’inciter ainsi à ne pas poursuivre son chemin vers la démolition.

Les autres militants étrangers présents ce jour-là, ont déclaré que le chauffeur de l’engin savait pertinemment que Rachel se trouvait devant lui.

Le bulldozer la renverse vers le sol et lui roule dessus, lui fracturant les deux bras, les jambes et le crâne. Transférée à l’hôpital, elle mourra peu de temps après. Elle n’avait que 23 ans.

Aux termes de son enquête, l’armée d’occupation israélienne conclura que Rachel Corrie a été tuée « alors qu’elle perturbait les opérations menées sur le terrain par des bulldozers » militaires et qu’il s’agit d’un « regrettable accident ».

Le procureur général fermera le dossier dès 2003, et aucune mesure disciplinaire ne sera prise à l’encontre du chauffeur, qui sera totalement blanchit.

Contestant cette décision, la famille dépose, en mars 2010, une plainte au civil contre l’Entité sioniste  et le ministère de la défense israélien, en demandant un dédommagement symbolique d’un dollar. Sans surprise, le juge donnera raison à l’armée, en rejetant en août 2012, la plainte de Craig et Cindy Corrie.

En définitive, nous constatons que 15 ans après la mort de la jeune américaine, aucune justice n’a été rendue à sa famille, pas plus qu’aux familles des milliers de Palestiniens jetés à la rue par les bulldozers israéliens.

Première volontaire étrangère tuée dans la bande de Gaza, Rachel Corrie est devenue un symbole de la mobilisation internationale en faveur des Palestiniens. Symbole qui raisonne encore aujourd’hui et qui ne risque pas de s’effacer.