Politiciens, « Big Pharma » et conflit d’intérêts

Les critiques envers l’influence des lobbies du médicament sur la classe politique ne datent pas d’aujourd’hui, cela fait des années que des personnes dénoncent cet état de fait.

On se souvient par exemple qu’en 2015, la députée européenne Michèle Rivasi avait lancé un pavé dans la mare en dénonçant la politique de santé en France, qu’elle affirmait être sous l’influence des lobbies pharmaceutiques.

En effet, l’élue dénonçait alors un nombre important de personnalités sous influence, qui ont façonné le domaine de la santé, conduisant à une augmentation du prix des médicaments, et qui ont facilité la mise sur le marché de médicaments dangereux.

Parmi ces personnalités, beaucoup d’anciens ministres de la santé, dont voici quelques exemples :

Nora Berra, secrétaire d’État responsable de la santé du 15 novembre 2010 au 16 mai 2012, avec un passif de plus de 10 ans de services pour les firmes pharmaceutiques. Elle a eu ce poste moins d’un an après avoir quitté son job pour les labos.

Bernard Kouchner, ancien ministre de la santé, devenu conseiller chez Pfizer et aussi conseiller pour la santé au Gabon et au Congo.

Philippe Douste-Blazy, ancien ministre de la santé : il y a beaucoup de doutes sur le financement de sa campagne de 1993 par le laboratoire Pierre Fabre. Son épouse obtient un poste chez Servier en 2001. En 1993, il lance une campagne de vaccination pour l’hépatite B, un vaccin produit par GSK, avec qui il entretient des liens étroits.

Roselyne Bachelot, ex-ministre de la santé, était, quant à elle, responsable de la campagne de vaccination contre le H1N1, avec l’achat de 95 millions de doses. Ces vaccins ont coûté 382 millions d’euros. Elle a travaillé pour ICI Pharma de 1969 à 1976.

Même l’actuelle ministre de la santé, Agnès Buzyn, lorsqu’elle était vice-présidente de l’Inca (Institut national du cancer), entre mai 2011 et mars 2016, était également au « Board » de deux gros laboratoires, Novartis et Bristol-Meyers Squibb, en tant que conseillère scientifique.

Il semblerait bien que l’un des pré-requis pour pouvoir accéder au poste de ministre de la santé est d’avoir été salarié de l’industrie pharmaceutique…

Beaucoup d’autres ministres sont aussi concernés mais c’est à tous les niveaux que les lobbies agissent, des hauts fonctionnaires aux associations. Ces dernières sont souvent financées par les labos, comme par exemple la société française de cardiologie qui est financée par Sanofi Aventis.

Il n’est pas étonnant que ce genre de pratique existe quand on sait que le budget marketing des laboratoires pharmaceutiques est plus important que leur budget « Recherche et Développement ». Si seulement ces démarches se faisaient au profit des malades… Mais depuis 15 ans, les labos ne créent plus rien, ce sont surtout les start-up qui créent de nouveaux produits.

Depuis 2012 les laboratoires pharmaceutiques ont dépensé plus de trois milliards en cadeaux, formations, nuits d’hôtel, repas, etc… Ce qui leur a permis de tisser en France 14 millions de liens d’intérêts avec les divers professionnels de la santé.

Malheureusement malgré le travail de la députée, rien n’a changé. Le 9 juillet 2018, Emmanuel Macron a eu une réunion avec le Dolder Group qui représente la pharmacie mondiale. Le lendemain, une série de mesures est prise pour faciliter la mise sur le marché de nouveaux médicaments.

Le Parti Anti Sioniste dénonce ces liens d’influence qui touchent à tous les niveaux de pouvoir et qui ne concernent pas seulement l’industrie pharmaceutique. Des conflits d’intérêts inadmissibles qu’il faut désormais sanctionner durement.

Il est temps que ces gens, sont censés représenter le peuple, se mettent au service de celui-ci, car sinon, comme on le voit avec le mouvement des Gilets Jaunes, le réveil risque d’être dûr pour ces politiciens.  

Mais quand on sait qui finance les campagnes électorales, on se dit que la tache risque d’être difficile…