Notre ami Mohamed Ben Salman

Il y a quelques mois, à peine, il était la nouvelle coqueluche de l’occident, le symbole d’une Arabie  moderne et occidentalo-compatible.

Un prince de son temps qui allait reformer un royaume aux idées rétrogrades et faire entrer l’Arabie Saoudite dans l’ère du futur.

Son nom, Mohamed ben Salman, prince héritier du trône des Al Saoud et véritable patron du régime, plus généralement connu sous son acronyme de MBS, tel un nouveau JFK à la sauce « milles et une nuits ».

Oubliés les massacres d’enfants yéménites, le financement du terrorisme takfiriste de « Daesh and Co », le kidnapping du Premier ministre libanais Hariri, ou encore la purge qui avait entraîné l’emprisonnement manu-militari de la plupart des opposants à MBS et le racket en bonne et due forme des plus grosses fortunes du royaume.

La lune de miel pouvait commencer, et les promesses de contrats pleuvaient entre Paris et Ryad. Il faut dire que le projet NEOM lancé par le prince suscitait bien des appétits avec ses 500 milliards de dollars de budget, et nos entreprises ne comptaient pas rester sur la touche.

Le Président Macron, lors de son voyage express à Riyad en novembre 2017, donnait à MBS du : « considérez-moi comme un de vos  amis, votre frère », avant de lui dérouler le tapis rouge lors de sa visite à Paris du printemps dernier.

Au menu, réception en grande pompe, contrats d’armements, et discussions à propos du gigantesque projet de développement touristique dans la région d’Al-Ula estimé entre 50 et 100 milliards de dollars qui serait confié à la France.

L’État a ses raisons que la raison (du peuple) ne connaît pas, et l’intérêt supérieur de la nation n’a que faire des droits de l’Homme ou des « valeurs de la République ». Business is business…

À cette occasion, MBS, nouveau chouchou de l’Amérique et d’Israël, arrivait gonflé de confiance et d’arrogance, au point d’exiger le retrait de la France de l’accord dit du nucléaire iranien et la mise au pas des chiites français récalcitrants au nouvel ordre américano-saoudo-israélien, en échange de contrats colossaux.

On a vu le résultat quelques mois plus tard avec la perquisition musclée du Centre Zahra France et des domiciles de ses responsables, ainsi que le gel des avoirs en France de ressortissants iraniens et du ministère du Renseignement de Téhéran, accusé ridiculement de préparer un attentat visant un meeting de l’opposition iranienne à Villepinte fin juin. Le tout le même jour, soit mardi 2 octobre dernier, afin de montrer au régime saoudien la bonne volonté de nos dirigeants.

Malheureusement, ce même jour, un grain de sable ensanglanté enrayait la machine marketing saoudienne, pour dévoiler subitement le véritable visage de Mohamed Ben Salman, ce prince au sourire ultra-Bright, et le faire apparaître tel qu’il était réellement : un tueur psychopathe.

Les millions de dollars dépensés en campagnes marketing à la gloire du royaume wahhabite partaient alors en fumée à partir du consulat saoudien d’Istanbul, lieu d’un crime abominable qu’on croirait tout droit sorti du nouvel opus de « massacre à la tronçonneuse ».

En effet, l’assassinat du journaliste d’opposition saoudien Jamal Khashoggi a étalé à la face du monde entier la nature criminelle du régime des Al-Saoud et de son prince héritier Mohamed Ben Salman alias MBS, horrifiant l’opinion publique internationale.

Ce dernier, fort de sa confiance et de ses amitiés impériales s’était cru intouchable, et son arrogance l’a aveuglé au point de le pousser à ordonner la commission de ce crime inédit et surréaliste.

Un crime qui est la goutte de sang de trop qui a fait déborder les rivières d’hémoglobines que ce monstre a fait couler, au Yémen, en Syrie ou dans son propre fief.

Un crime qui l’a placé au creux de la main de ceux qui l’avaient fait et dont il pensait être l’égal, eux qui lui réclament désormais encore plus d’argent afin d’étouffer cette affaire que leurs médias aux ordres ont veillé à bien mettre en lumière. Vous avez dit racket ?

Notre « ami » MBS se retrouve donc une nouvelle fois sous les projecteurs des médias, mais cette fois, dans son véritable costume de dictateur sanguinaire.

Le business ayant tout de même ses limites, nos dirigeants et investisseurs commencent à prendre leurs distances avec cet encombrant ami, jusqu’à ce que l’affaire se tasse et que notre prince héritier se rachète une virginité médiatique à coups de milliards offerts à ses parrains, dont la voracité est sans limite.

Il est fort probable que nos médias sauront étouffer ce scandale avec autant d’adresse qu’ils ont su le révéler, et que notre prince, qui a déjà commencé à sacrifier quelques lampions et à nous vendre une histoire abracadabrantesque visant à l’absoudre de toute responsabilité, sera certainement exonéré de ce meurtre affreux, à moins que l’Empire ne décide de le remplacer par l’un de ses nombreux cousins.

Mais quel que soit l’épilogue de ce feuilleton, l’image de celui que l’on surnomme également « le prince rouge » sera toujours entachée du sang de ce journaliste découpé en morceaux au sein d’un consulat saoudien dans un pays membre de l’OTAN.

Un prince dont les agissements criminels et le comportement ont toujours été dénoncés par le Parti Anti Sioniste, avant même son apparition sur la scène médiatique.

Un prince que nos dirigeants osent appeler leur « ami », leur « frère » et dont la fréquentation, même pour des raisons commerciales, s’apparente clairement à du soutien au terrorisme.

Un prince qui est à la tête d’un régime criminel et terroriste, comme nous ne cessons de l’affirmer depuis des années.

Dénoncer cet état de fait constitue-t-il un appel à la haine ou à la discrimination ?

C’est pourtant ce dont nous sommes accusés. C’est pour cette raison que nos sites YouTube ont été clôturés à plusieurs reprises, et c’est l’une des principales causes des persécutions dont le Centre Zahra France est victime actuellement.