Moscou, Pékin, Téhéran : passage à la dédollarisation

Le vice-premier ministre russe, M. Sergueï Prikhodko a annoncé que son pays et la Chine ont besoin de nouveaux mécanismes d’échanges entre acteurs économiques à cause des sanctions américaines.

De ce fait, actuellement la création d’un système d’échanges en monnaies nationales est discutée entre Moscou et Pékin.

En effet, le passage aux transactions en monnaies nationales permettra de réduire considérablement les risques des sanctions comme l’a si bien fait remarquer M. Prikhodko.

En septembre dernier, lors d’une rencontre avec Xi Jinping, le chef du Kremlin avait assuré que Moscou et Pékin comptaient utiliser davantage leurs monnaies nationales et non  le dollar pour leurs échanges commerciaux.

Selon lui, cette mesure est censée « renforcer la stabilité du traitement par les banques des opérations d’import-export dans des conditions de risque persistant sur les marchés mondiaux.»

Le 4 octobre dernier, M. Anton Silouanov, le ministre russe des Finances avait, de son côté admis l’éventualité de mesures d’incitation afin de faire passer les sociétés publiques russes aux paiements en roubles et en devises nationales de leurs partenaires.

Il avait précisé que les pays européens pensaient, d’ores et déjà à renoncer à la monnaie américaine dans leurs échanges avec la Russie.

Notons que plus tôt dans la journée de jeudi, il a confirmé qu’un projet de dédollarisation de l’économie nationale avait été soumis à l’examen du gouvernement.

Toujours dans le contexte des sanctions imposées par Washington, cette fois-ci à l’encontre de l’Iran, la Russie étudie, également la possibilité de passer aux monnaies nationales dans ses échanges commerciaux avec la République Islamique, c’est ce qu’a fait savoir le ministre de l’Énergie Alexandre Novak, qui dans un entretien accordé à la radio Business FM a confié :

« Puisque nous nous opposons aux sanctions, nous estimons nécessaire de poursuivre la coopération avec l’Iran. Nous étudions, également des mécanismes destinés à accroître nos échanges en monnaies nationales avec l’Iran sans recourir au dollar.»

Rappelons que, le 21 septembre dernier, suite aux nouvelles sanctions introduites par les États-Unis contre la Russie, M. Sergueï Lavrov, le ministère russe des Affaires étrangères avait indiqué que de telles mesures avaient une influence négative sur la monnaie américaine et sapaient la confiance en la devise de la communauté internationale. Commentant ces sanctions, il a indiqué que :

«En ce qui concerne les sanctions que les États-Unis ont imposé sur des personnes physiques et morales russes, cela ne nous étonne point. Quant aux sanctions contre la société Sukhoi et une usine dans la ville de Komsomolsk-sur-l’Amour, il s’agit, bien sûr, d’une concurrence malhonnête dont les États-Unis font de nouveau preuve. Une nouvelle fois nous voyons que le système du dollar se discrédite et que la confiance dans le dollar diminue.»

En outre, Washington a annoncé avoir sanctionné le Département de développement des équipements, organisme chinois supervisant les technologies militaires et qui avait acheté des avions de chasse Su-25 et des systèmes de défense S-400 à la Russie, en violation d’une loi américaine de sanctions contre Moscou adoptée l’an dernier.

Nous pensons que passer à une autre monnaie que le billet vert pour toutes les transactions entre les pays est une excellente initiative car elle met fin à l’hégémonie du dollar qui n’a que trop duré.

En effet, au niveau du négoce mondial, il est grand temps que le monde voie d’autres monnaies que celle de l’Oncle Sam afin que les pays qui en sont capables puissent en profiter tout comme le font les États-Unis.

Il est inadmissible que le dollar reste, encore la seule monnaie d’échange dans le monde qui, fort heureusement a cessé d’être unipolaire.

L’introduction d’autres monnaies est un grand acquis dont pourront profiter tous les pays car, toujours dans la diversité existe la richesse…