Menaces sur l’Algérie

N’étant décidément pas un pays comme un autre, l’Algérie ne laisse pas indiffèrent.

Le pays au million et demi de martyrs attise bien des convoitises, essentiellement du fait de sa position géostratégique et des richesses énergétiques que contient son sous-sol.

Raisons pour lesquelles il est régulièrement la cible de tentatives de déstabilisation visant soit à le fragiliser, soit à tester sa capacité de réaction, ou tout simplement à envoyer des messages menaçants aux tenants du pouvoir.

Un pays qui, malgré la décennie noire des années 90, l’ayant presque mis à genoux tant par la violence de la guerre civile que par les pressions économiques du FMI, est demeuré debout.

Mais la souveraineté a un prix et son coût est exorbitant. Un prix fort qui pousse l’Algérie à demeurer aux aguets face aux complots qui se trament constamment dans son dos de la part des puissances impérialo-sionistes qui ne tolèrent aucune velléité de résistance face à leur hégémonie.

On assiste ainsi, ces derniers mois, à une série d’évènements, dont la concomitance laisse à penser qu’il s’agit d’une véritable attaque coordonnée contre l’Algérie. Elle coïncide également avec l’approche de la future élection présidentielle de 2019, dont l’issue est pour le moment bien incertaine.

L’idée n’est probablement pas de vouloir déstabiliser réellement le pays, car cela impacterait les « affaires » ou même la paix civile en Europe, notamment en France, compte tenu de la présence massive d’Algériens dans l’hexagone.

En effet, il serait fâcheux de se retrouver avec une situation « à la syrienne » à 800 km des côtes françaises.

Le but est certainement d’envoyer un message aux « décideurs ». Un message qui expliquerait que la garantie de la stabilité du pays serait liée à la préservation des intérêts économiques occidentaux, quel que soit le prochain président.

Les dernières préconisations du FMI (fonds monétaire international) pour l’Algérie sont d’ailleurs éloquentes pour qui sait lire entre les lignes. Pour l’institution, qui a dressé début juin un bilan de la situation économique du pays, il y a du bon et du moins bon dans les mesures adoptées par le gouvernement pour redresser l’économie, mais certaines sont contre-productives, voire dangereuses.

Dans ce contexte, le FMI renouvelle ses conseils aux autorités algériennes afin de préserver les réserves du pays, en suggérant d’autres moyens de financement comme les bons du Trésor, les partenariats publics-privés, ou encore mieux, les emprunts extérieurs.

En bref, il est fortement conseillé aux décideurs algériens, actuels et futurs, d’accentuer et d’accélérer le processus de libéralisation du pays, et d’opter également pour un endettement extérieur qui satisferait grandement les « banksters » internationaux tirant les ficelles du système capitaliste mondial, mais auquel l’Algérie résiste farouchement, comprenant bien les enjeux d’une telle décision en termes de souveraineté économique.

Un autre desideratum impérial se heurte à la résistance des autorités algériennes. En effet, ces dernières font l’objet de violentes campagnes de dénigrement lancées par des ONG et des médias internationaux, dans le cadre d’une stratégie qui a pour objectif d’obliger l’Algérie à devenir un centre de rétention des migrants africains au bénéfice de l’Europe. Certains y voient à juste titre un véritable « complot humanitaire » contre l’Algérie, à qui il est reproché de rapatrier les migrants dans leurs pays d’origine, alors que dans le même temps, les pays européens qui font la leçon, expulsent eux même des migrants, et élèvent leurs remparts contre ce phénomène.

Si l’on voulait créer en Algérie les conditions de l’instabilité, en obligeant le pays à accepter, à travers les pressions médiatiques et politiques, le cheval de Troie migratoire qui porte en son sein des menaces sécuritaires et économiques majeures pour le pays, on ne s’y prendrait pas autrement.

Pour imposer ses vues, l’Empire, qui sous-traite le département Algérie à son vassal européen, n’hésite pas à utiliser la menace, de manière plus ou moins subtile.

Ainsi, on apprenait récemment un nouveau rebondissement dans « l’affaire Khaled Nezzar » : ce général algérien n’est toujours pas tiré d’affaire en Suisse, où, accusé par trois plaignants, depuis 2011, de torture et de détentions arbitraires, celui qui était le chef de l’armée algérienne entre 1992 et 1994 dans la période de la « sale guerre » antiterroriste, devra peut-être faire face un jour à des juges helvétiques.

Les juges suisses ont considéré que le général ne pouvait ignorer les crimes commis par ses troupes. « En l’espèce, il ne fait aucun doute que Nezzar était conscient des actes commis sous ses ordres », indique le Tribunal pénal fédéral suisse. Les juges ajoutent qu’il pourrait s’être rendu coupable non seulement de crimes de guerre, mais aussi de crimes contre l’humanité, tous deux imprescriptibles : « Les faits reprochés pourraient avoir été commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre la population civile ».

Le message est clair. Il vise l’ancien numéro un algérien sur lequel plane l’épée de Damoclès du TPI (tribunal pénal international), et plus largement l’armée algérienne qu’il symbolise, véritable colonne vertébrale du pays.

Un autre message a été envoyé par l’UE à travers une pseudo-journaliste algéro-belge vraisemblablement en service commandé pour le compte de l’UE, Lila Haddad-Lefevre qui, dans une vidéo tournée et diffusée depuis le siège de l’Union européenne à Bruxelles, s’attaque violemment au Président Abdelaziz Bouteflika et réclame son départ du pouvoir en des termes très virulents, tout en dénonçant une prise d’otages du pays par les « barons du régime ».

La journaliste algérienne apparaît clairement avec les armoiries de l’UE et ses symboles, ce qui a provoqué les vives protestations de la diplomatie algérienne demandant des explications à l’UE. C’est par la voix de son chef de délégation à Alger que l’UE a répondu, sèchement, en invoquant la liberté d’expression que garantit Bruxelles aux journalistes accrédités au sein de ses institutions.

Une attitude qui suscite de sérieuses interrogations sur l’implication de cette instance dans une affaire d’atteinte à la plus haute institution algérienne.

Un autre évènement, beaucoup moins subtile, et porteur de menaces directes, est survenu en ce début de mois de juin, décidément riche en menaces pour la stabilité de l’Algérie.

Dans un enregistrement vidéo qui circule sur les réseaux sociaux, Ferhat Mehenni, président du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), dont les accointances avec Israël sont notoires, fait une déclaration d’une extrême gravité. Il appelle la jeunesse kabyle à s’engager dans ce qu’il appelle pudiquement  » les corps de contrainte kabyle « , avant de parler de mise sur pied  » d’un corps de sécurité « .

En clair, le protégé de Tel-Aviv et de BHL appelle les Kabyles à s’armer contre les services de sécurité de l’État, dans un discours qui appelle clairement à la violence armée.

Une déclaration dangereuse pour la stabilité du pays, même si l’influence de ce mouvement, à la solde du sionisme, est quasiment inexistante en Algérie, tout comme l’était celle de certains mouvements d’opposition syriens ou libyens avant la destruction de ces pays…

En parfaite symétrie avec les menaces à peine voilées de ce mouvement sécessionniste, on assiste également ces derniers mois à un regain d’agressivité de la part des milieux wahhabites algériens qui se font de plus en plus virulents, ravivant les souvenirs douloureux des années 90.

Figure du wahhabisme et proche des imams saoudiens les plus influents, le cheikh algérien Mohamed Ali Ferkous, a publié le 21 mars sur son site web officiel un long texte excommuniant un large pan des écoles et des courants musulmans en Algérie en expliquant que les ibadites, les achaâris, les soufis et les Frères musulmans ne faisaient plus partie des adeptes de la sunna musulmane (la tradition du prophète Mohammed).

Des déclarations qui menacent l’unité nationale que la décennie noire avait fracassée. Elles rappellent à quel point le péril wahhabite est toujours présent en Algérie, ne demandant qu’à être réveillé par ses commanditaires occidentalo-sionistes.

Une autre affaire récente a alerté les autorités sur les menaces sérieuses qui planent sur le pays : le 29 mai dernier, 701 kg de cocaïne ont été saisis à bord d’un bateau dans le port de la ville d’Oran, supposé transporter de la viande rouge importée du Brésil. Une affaire ayant des ramifications profondes au sein des milieux politiques et judiciaires et impliquant de nombreuses personnalités. Mohammed Elias Rahmani, un ancien haut officier de l’Armée nationale populaire algérienne (ANP), a estimé que la cocaïne interceptée à Oran rentrait dans le cadre du narco-terrorisme et non pas dans celui du narcotrafic et de la corruption, comme veut bien le faire croire la vague de déclarations de certains officiels et le traitement médiatique qui s’en est suivi. « Pour moi, cette cocaïne est une valise d’argent destinée à des trafiquants d’armes pour fournir des bases logistiques afin de déstabiliser l’Algérie » affirme-t-il.

Cette grande quantité de cocaïne « équipée avec des balises GPS émettant un signal de repérage » est une attaque contre l’Algérie selon le Premier ministre Ahmed Ouyahia et avec lequel cet ancien officier semble être d’accord.

« Cette opération a été financée par des services de renseignements dans le cadre du narco-terrorisme pour finir dans le narcotrafic », a-t-il ajouté, n’écartant pas l’hypothèse que la mafia locale ait profité de cette opération pour sauvegarder ses privilèges, à l’aune de la prochaine élection présidentielle qui pourrait engendrer un changement de pouvoir.

Pour mémoire, le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia avait déclaré, le 23 juin, à Alger, lors d’une conférence de presse que « lorsqu’on voit le flot de drogue qui s’abat sur nos frontières de plusieurs destinations, nous considérons que nous ne sommes pas dans l’excès de qualifier cela d’agression ».

Une affaire qui nous rappelle comment le trafic de cocaïne en Amérique du Sud dans les années 80 était utilisé par la CIA pour financer les mouvements de guérillas qui luttaient contre les gouvernements de gauche anti-américains.

Enfin, pour compléter la palette des pressions contre l’Algérie, il faut également parler des relations avec la monarchie marocaine voisine et la menace de guerre qui plane entre les deux pays frères, entretenue sournoisement par certains pays occidentaux afin de maintenir une tension, plus ou moins forte en fonction des périodes, entre les deux nations.

Opposition factice à l’étranger, mouvements séparatistes, groupes takfiristes en regain de confiance, trafic de drogue, pressions du FMI, pressions d’ONG pour les droits de l’homme et menaces du TPI, menaces de guerre avec le Maroc : tous les ingrédients sont présents pour une déstabilisation majeure de l’Algérie.

Menaces réelles ou simples messages, il y a évidemment matière à l’inquiétude et à la vigilance pour les Algériens qui ne savent que trop bien où conduisent ces dangereuses manipulations.

Le Parti Anti Sioniste fait confiance à la maturité du peuple algérien et des responsables politiques qui, tout en tenant compte de la réalité des rapports de force, ne comptent pas non plus sacrifier la souveraineté du pays sur l’autel des intérêts occidentaux.

Pour le moment et par un subtil jeu d’alliances où s’entremêlent intérêts russes, chinois, américains et européens, le pays a réussi à éviter les écueils d’une déstabilisation majeure et à préserver une souveraineté relative face à un Empire de plus en plus vorace, et ceci malgré la volonté ancienne et cachée de l’entité sioniste criminelle israélienne de le voir tomber et lui faire payer son soutien sans faille à la cause palestinienne.

Ce qui est également certain, c’est que toute déstabilisation de l’Algérie aura des conséquences extrêmement graves de part et d’autre de la Méditerranée. La France et l’Europe ne sauraient être à l’abri des effets désastreux d’un chaos provoqué chez leur voisin nord-africain.

Quant aux donneurs de leçons qui s’ingèrent impunément dans les affaires d’un pays souverain, nous leur conseillons de balayer devant leurs portes.

La suisse pourrait par exemple se pencher beaucoup plus sérieusement qu’elle ne le fait sur le sujet du blanchiment de l’argent de la drogue, de la corruption, et du terrorisme, ou sur les comptes en banque des dictateurs de tous bords qu’elle accueille.

Pour ce qui est des officines démocratiques à géométrie variables œuvrant pour le compte de l’UE, sous couvert d’ONG, de pseudo-journalistes, ou autres, il serait de bon ton qu’elles commencent d’abord par dénoncer les guerres néocoloniales auxquelles participent activement des pays européens, cause de centaines de milliers de mort et à l’origine de mouvements migratoires sans précédents, dont on demande indécemment à d’autres d’assumer les conséquences.