MBS, l’élu d’Israël

Mohamed Ben Salman

Alors que le président Macron considère Mohamed ben Salman comme son « ami » et son « frère », le prince héritier saoudien semble représenter beaucoup plus pour le régime israélien. En effet, celui-ci continue de le soutenir envers et contre tout, malgré l’effroyable épisode du meurtre de Jamal Khashoggi au sein du consulat du royaume à Istanbul, (dont tout indique qu’il a été commandité par celui qui est surnommé « le prince rouge »).

On apprend ainsi que le premier ministre et criminel de guerre israélien Benjamin Netanyahu ne souhaite pas voir MBS être poussé vers la sortie. En effet, d’après le « Washington Post », pour lequel travaillait le journaliste Khashoggi, c’est le message qu’auraient transmis le dirigeant du régime sioniste et le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi,  à l’administration Trump, arguant que MBS était pour eux un partenaire stratégique au Moyen-Orient.

Car pour les dirigeants de l’entité criminelle, MBS n’est pas un roitelet comme les autres. Il est celui sur lequel ils ont placé de grands espoirs, comme l’explique si bien la journaliste d’« Haaretz », Tzvia Greenfield, dans son article du 22 octobre dernier intitulé « Pourquoi nous devrions aller doucement sur le prince héritier saoudien », dans lequel elle affirme : « Pendant 50 ans, nous avons prié pour un dirigeant arabe clé qui accepte de signer un important pacte avec Israël. Un tel dirigeant est enfin arrivé et des appels à le destituer (..) sont destructeurs ».

Même son de cloche chez Edy Cohen, journaliste et chercheur auprès de l’institut Begin-Sadate pour la paix, un think-tank israélien, qui affirme rien de moins que « MBS est un bienfait que Dieu a déposé entre les mains bénies d’Israël », qui selon lui, « se devrait de ne pas le laisser partir et profiter de lui avant qu’un autre ne vienne », le qualifiant « d’occasion à ne pas rater ».

Mais l’assassinat du journaliste en Turquie a mis dans l’embarras l’entité coloniale, dont les responsables ont été fort déçus par celui sur qui ils avaient tant misé et qu’ils considéraient comme « l’ami d’Israël». L’un des seuls qui avait reconnu «le droit des Juifs à avoir un état» et qui s’était engagé à poursuivre le «Deal du siècle» aux dépens des intérêts palestiniens.

Son arrivée aux affaires a donné un tel élan aux relations israélo-saoudiennes que la normalisation officielle entre les deux pays est imminente.

Deux états jumeaux dans leur barbarie et leur comportement criminel, dont la politique régionale est en totale symbiose. Leurs intérêts sont désormais étroitement liés, et leur ennemi commun tout désigné : la République islamique d’Iran et tous ceux qui appartiennent à l’« Axe de la Résistance ». Ils sont les deux faces les plus hideuses du sionisme, sous la protection de leur grand frère impérialiste américain.

L’ancien ambassadeur américain à Tel-Aviv, Dan Shapiro, a d’ailleurs déclaré que «l’implication de Ben Salman dans la mort de Khashoggi était un désastre pour Israël», avertissant que cet assassinat avait placé l’Arabie saoudite dans une position difficilement défendable et avait ébranlé le consensus international pour augmenter la pression sur l’Iran.

Quoiqu’il en soit, il est certain qu’après avoir tant investi sur celui qu’elle attendait depuis si longtemps, l’entité coloniale israélienne compte bien jouer de toute son influence pour sortir le Prince sanguinaire de cette situation difficile.

Dans le cas où il échouerait à faire pression sur Washington pour maintenir au pouvoir son protégé, le régime sioniste n’aura certainement aucun mal à trouver son équivalent parmi ses nombreux cousins wahhabites qui rivalisent en bêtise et en barbarie.

Le Parti Anti Sioniste ne s’étonne guère de ce soutien sans faille apporté par l’entité terroriste israélienne au prince assassin du non moins criminel régime saoudien.

S’entrainant l’un et l’autre dans une spirale sans fin de crimes et d’oppression, nul doute que la chute de l’un entrainera la destruction de l’autre.

Une chute qu’ils provoqueront eux-mêmes, tant leur niveau d’arrogance, de barbarie et d’impunité est à la hauteur de leur aveuglement.