Quand l’Iran et la Russie mènent la danse du monde multipolaire

L’ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique d’Iran, estime que la Russie est un pays avec qui il est possible de coopérer sur les questions exigeant des qualités telles que la détermination et la persévérance et, qu’ensemble, Téhéran et Moscou pourraient «isoler» Washington.

En effet, c’est lors d’une rencontre avec le Président Vladimir Poutine que M. Ali Khamenei a déclaré :

«Nous sommes en mesure de parer les sanctions américaines et d’isoler l’Amérique en renonçant au dollar pour le remplacer par nos devises nationales aussi bien lors de transactions bilatérales que multilatérales», propos cités par son site Web officiel.

Le Guide suprême a tenu ces propos après sa rencontre avec le président russe donnant ainsi la mesure des ambitions du Sommet Iran-Russie-Azerbaïdjan. La promotion d’un monde multipolaire, multilatéral, qui ne fera plus des États-Unis et du dollar le pivot du monde et de son économie a été en effet le fil conducteur de ce sommet qui s’est clos à Téhéran ce 1er novembre.

Les thèmes abordés lors de cette rencontre étaient variés : le commerce, l’énergie ainsi que la diplomatie internationale et également le projet du corridor de transport international «Nord-Sud», qui est parmi les canaux de transport les plus importants au monde du point de vue économique. Les thèmes de l’énergie, l’électricité, les coopérations pétrolière et gazière ont aussi été au coeur des discussions.

Elle a permis de renforcer la conviction de basculer vers un monde multipolaire concernant tous ces sujets, un monde dans lequel, bien évidemment, les rapports irano-russes jouent un rôle primordial.

Selon Ali Khamenei :

«Poutine est une personnalité forte. C’est justement pour cela qu’il est possible de coopérer avec la Russie sur les questions d’envergure qui demandent de la détermination et de la persévérance en tant que superpuissance. Et on peut coopérer avec elle d’une manière logique».

Il est à savoir que cette plate-forme, qui s’est tenue pour la première fois en 2016 à Bakou, capitale azerbaïdjanaise a abordé de nombreux thèmes d’intérêt pour l’Azerbaïdjan, l’Iran et la Russie. Rappelons que ces trois nations sont assurément des puissances en ressources gazières et pétrolières. Néanmoins, ce n’est pas le seul point commun qui les lie, vu que l’Azerbaïdjan est un pays musulman laïque, ayant fait partie de l’Empire russe et de l’URSS (liens étroits avec Moscou), turcophone (liens étroits avec Ankara) et 85% des 94% de musulmans sont chiites (similitude évidente avec l’Iran voisin). Ajoutons à cela les liens économiques et commerciaux étroits aussi bien avec la Russie, l’Iran qu’avec la Turquie.

Soulignons que Moscou et Téhéran ont signé un mémorandum portant sur les livraisons de gaz iranien à destination de l’Inde, projet dans lequel le géant gazier russe Gazprom compte s’engager. À ce titre, Aleksandr Novak, ministre russe de l’Énergie, a affirmé que Gazprom prévoyait de participer à l’extraction du gaz iranien et de construire un gazoduc en Inde d’une longueur de 1.200 kilomètres. Les gisements spécifiques sur le territoire iranien seront déterminés dans le cadre d’une étude de faisabilité du projet. Le pétrolier Rosneft, l’autre géant russe prévoit, lui aussi, d’élargir considérablement sa participation dans des projets en Iran.

Suite à son entretien avec Vladimir Poutine au sujet de la Syrie, le président iranien Hassan Rohani a, quant à lui, déclaré que :

«la coopération entre l’Iran et la Russie se poursuivra jusqu’à la victoire complète sur le terrorisme».

Ajoutant :

« il est très agréable qu’outre leurs relations bilatérales, nos deux pays puissent jouer un rôle important dans la garantie de la paix et dans la stabilité dans la région».

Hassan Rohani a ainsi mis en exergue l’importance des rôles que jouent la Russie et l’Iran concernant la lutte contre le terrorisme takfiriste, ainsi que dans la résolution du conflit syrien. En effet, les victoires syriennes sur le terrain face aux défaites de Daech confirment cet état de fait, sachant qu’ il y a deux ans encore, les hordes sanguinaires terroristes contrôlaient plus de 70% du territoire national syrien.

L’importance des rôles joués par l’Iran et la Russie dans la région s’est également traduite au niveau diplomatique avec les pourparlers d’Astana qui furent bien plus efficaces que ceux de Genève, même dans le domaine humanitaire.

Rappelons que l’autre puissance eurasienne, la Turquie a rejoint ces pourparlers et qu’elle s’éloigne, progressivement, de son «entourage» atlantiste.

Force est de constater que la situation géopolitique en Syrie a bien changé aujourd’hui sachant à quel point l’Occident politique, économique, médiatique et militaire paraissait invincible.

En effet, les gesticulations des élites occidentales n’ont aucun pouvoir sur le processus déjà lancé par des pays comme la Russie, la Chine, l’Iran, la Syrie, la Turquie, l’Inde, ou d’autres souhaitant se joindre à eux.

 

Le Parti Anti Sioniste se réjouit de la tenue de ce sommet qui traduit l’importance primordiale de l’unité et de la coopération des pays dans divers domaines, particulièrement quand ils sont voisins.

Un monde multipolaire, multilatéral ne peut être qu’une richesse pour toute la population mondiale qui ne pourra qu’en bénéficier, puisque l’unipolarité, elle, n’a causé que famine, désordres, malheurs pour la majorité des hommes et femmes de cette Terre.

Nous soutenons avec force ce type d’initiative qui font avancer l’humanité vers des horizons meilleurs parce qu’elles profitent à tous et qu’ elles bannissent l’égocentrisme démesuré des arrogants…