Liens stratégiques entre Moscou et La Havane

Arrivé à Moscou jeudi soir dernier pour une visite de trois jours, le président cubain, M. Miguel Diaz-Canel qui effectue sa première visite en Russie depuis son arrivée au pouvoir en avril a considéré comme un bon signe que son déplacement en Russie ait coïncidé avec une « victoire de Cuba » à l’ONU.

En effet, comme chaque année depuis 1992 , l’Assemblée générale de l’ONU a adopté jeudi, une résolution, non contraignante appelant à la levée de l’embargo américain contre Cuba et elle a rejeté une demande américaine de critiquer La Havane pour atteinte aux droits de l’Homme.

En effet, M. Vladimir Poutine et son homologue cubain ont réaffirmé leurs liens « d’alliés stratégiques » au moment où Washington menace La Havane de nouvelles sanctions.

M. Poutine a déclaré aux journalistes présents dans le Palais du Kremlin :

« Nous avons confirmé que les relations entre nos pays sont celles d’alliés stratégiques. »

Louant l’ambiance « amicale et constructive » de la rencontre qui a été, essentiellement centrée sur la coopération économique, selon lui, il a souligné que :

« Nos peuples sont liés par de longues années d’amitié, de sympathie mutuelle, du respect et un soutien solidaire. »

Selon M. Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, les pourparlers entre M. Poutine et M. Diaz-Canel visaient à renforcer les échanges commerciaux et les liens économiques entre Moscou et La Havane.

Rappelons que face aux États-Unis l‘Union soviétique s’est, longtemps distinguée par un soutien militaire et économique indéfectible envers Cuba.

Cependant, l’effondrement du bloc soviétique en 1991 a provoqué une rupture que La Havane et Moscou tentent, aujourd’hui de combler avec un rapprochement de plus en plus marqué.

Lorsque Miguel Diaz-Canel a succédé à Raul Castro en avril, Vladimir Poutine s’était dit « prêt à travailler de manière étroite pour renforcer davantage le partenariat stratégique et une coopération constructive dans tous les domaines. »

De son côté, vendredi, M. Miguel Diaz-Canel a, chaleureusement remercié Moscou « qui avait soutenu Cuba dès les premiers jours de l’embargo économique et financier » imposé par les États-Unis en 1962 et a invité Vladimir Poutine à se rendre à Cuba en 2019.

Il a fait l’éloge des « pourparlers très utiles qui ont confirmé l’état parfait des relations bilatérales. »

Notons que cette première visite à l’étranger du président cubain intervient alors que Washington a indiqué, la semaine passée vouloir durcir les sanctions contre Cuba, accusé de constituer avec le Venezuela et le Nicaragua une « troïka de la tyrannie. »

Il est bien évident que la coopération militaire devait, assurément figurer au menu des discussions. En effet, un éventuel réarmement de l’armée cubaine par la Russie doit être discuté lors d’une visite du ministre de la Défense cubain à Moscou, durant ce mois, c’est ce qu’ a indiqué MIouri Borissov, le vice-Premier ministre russe, cité par les agences de presse russes.

La Russie pourrait accorder à Cuba un prêt de plus de 50 millions de dollars pour l’achat d’armements, selon le journal russe Kommersant.

S’étant entretenu vendredi matin avec le président de la Douma (Chambre basse du Parlement russe) Viatcheslav Volodine, le président cubain a assuré, lors de cette rencontre que :

« La politique de Cuba reste inchangée à l’égard de la Russie. »

Au cours de sa visite, M. Miguel Diaz-Canel a, également rencontré le Premier ministre Dmitri Medvedev ainsi que le Patriarche russe Kirill, qui s’était rendu en 2016 à Cuba pour une rencontre historique avec le Pape François.

Rappelons qu’en mai 2016, alors premier vice-président cubain, M. Diaz-Canel s’était déjà entretenu avec M. Poutine au Kremlin. L’ancien président cubain Raul Castro s’était rendu en Russie en 2015, alors que Vladimir Poutine est allé à Cuba en 2014 pour rencontrer Raul et Fidel Castro.

Nous constatons que la coopération entre Moscou et La Havane ne date point d’aujourd’hui tout comme l’animosité de l’Oncle Sam, contre cette dernière, ce qui ne nous étonne guère !

Il est agréable de voir que des pays peuvent entretenir des relations basées sur la confiance, le respect et la volonté d’aider tout en préservant la souveraineté territoriale.

Ce sont les politiques arrogants, égocentriques et sionistes qui créent et alimentent les conflits pour des raisons et des desseins vils et mesquins.

Quant aux peuples, ils ne demandent qu’à vivre en paix et en harmonie partageant, équitablement entre eux les richesses de notre planète et abolissant les frontières qui ne servent à rien.