Liberté de la presse à géométrie variable aux USA

Marzieh Hashemi est une présentatrice travaillant pour Press TV, une chaîne iranienne qui diffuse des informations en français et en anglais.

Née en Nouvelle-Orléans en 1959 sous le nom de Mélanie Franklin, elle a ensuite changé de nom après sa conversion à l’Islam et son mariage avec un Iranien.

Elle prend la nationalité iranienne et s’installe à Téhéran en 2008, où elle commence à travailler pour Press TV, dont elle est aujourd’hui l’une des présentatrices phares.

La journaliste Marzieh Hashemi a été arrêtée par le FBI dimanche 13 janvier dernier à l’aéroport international de Lambert-Saint-Louis, alors qu’elle embarquait pour Denver, avant d’être transférée à Washington et placée en garde à vue.

 La détention de la présentatrice américano-iranienne a provoqué le mécontentement de la République islamique, qui a demandé des comptes à Washington en réclamant sa libération immédiate.

« L’arrestation de Marzieh Hashemi par l’Amérique est un acte politique inacceptable qui piétine la liberté d’expression », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, lors d’une interview.

Selon la chaîne Press TV, la journaliste se trouvait aux États-Unis depuis plusieurs semaines pour rendre visite à sa famille, plus précisément à son frère malade.

Refusant d’expliquer à sa famille les raisons de son arrestation, le FBI a finalement autorisé la journaliste à contacter sa famille quelques jours après avoir été arrêtée.

Selon la chaîne iranienne, la détenue a indiqué à sa famille avoir subi de mauvais traitements ainsi que des actes violents et abusifs dès le début.

La chaîne iranienne affirme que sa journaliste a été « menottée et enchaînée », puis qu’elle a été forcée d’ôter son foulard islamique à son arrivée en prison afin d’être photographiée. Elle n’aurait été autorisée à porter qu’un simple tee-shirt et en aurait utilisé un autre en guise de voile. Malgré ses convictions religieuses, on ne lui aurait proposé à manger que du porc. Ainsi, en deux jours, affirme son fils, Marzieh Hashemi n’aurait avalé qu’un seul paquet de biscuits.

« Nous sommes très curieux de savoir comment quelqu’un qui n’a aucune charge retenue contre lui peut être incarcéré dans de telles circonstances », s’est indigné son fils aîné sur Press TV.

D’après sa famille, la journaliste aurait était détenue en tant que « témoin matériel », dont l’arrestation est possible selon la loi américaine, s’il est avancé qu’il peut apporter des informations indispensables sur une affaire criminelle.

Le sort de la journaliste a en tout cas provoqué une vague d’indignation dans les médias iraniens, qui, pour sensibiliser l’opinion internationale et favoriser sa libération, ont lancé une mobilisation sur les réseaux sociaux.

Aux États-Unis, cette arrestation a aussi suscité de nombreuses réactions indignées. Ainsi, dans une interview avec « Fars News », Ricardo Bascuas, professeur de droit à l’Université américaine de Miami, a qualifié l’arrestation et la détention de la journaliste Marzieh Hachemi de « contraire à la Constitution américaine ».

Selon le professeur Ricardo Bascuas, il s’agirait d’une pratique courante du gouvernement américain lorsqu’ aucun chef d’accusation valable ne pèse sur un individu, ce qui constitue une violation du quatrième amendement de la Constitution américaine.

Au bout de dix jours de détention illégale, l’administration américaine a fini par libérer sans inculpation la journaliste,  alors que le FBI n’a donné aucun commentaire sur les motifs de la garde à vue de Mme Hashemi.

La journaliste et sa famille ont publié une déclaration à la suite de sa libération, affirmant qu’elle conservait de « graves griefs » au sujet de son traitement dans le système pénitentiaire états-unien, au cours duquel son hijab a été enlevé de force et où on lui a refusé une nourriture conforme à ses exigences religieuses.

Elle a promis de continuer à protester pour empêcher les États-Unis d’emprisonner des personnes sans inculpation comme cela.

D’une manière générale, le gouvernement états-unien n’a toujours pas fourni d’informations sur ce qui s’est passé. Mme Hashemi a comparu devant le tribunal à au moins trois reprises, mais on ne sait pas encore très bien ce qui y a été discuté. D’ailleurs, le ministère de la Justice a, par le passé, déjà abusé du droit matériel des témoins comme moyen de détenir des personnes, alors qu’il n’a aucun fondement juridique pour le faire.

 

Le Parti Anti Sioniste s’indigne de cette détention totalement arbitraire et injustifiée d’une journaliste qui n’a pour seul tort que celui de travailler pour une chaine iranienne.

L’arrestation d’une journaliste en visite privée dans son pays d’origine et ce, sans aucun motif légal ou valable, aurait dû susciter les commentaires indignés de notre presse nationale, pourtant toujours si prompte à condamner les actes à l’encontre des journalistes dans les pays non-alignés sur la politique occidentalo-sioniste.

Malheureusement, nul média hexagonal, ni responsable politique, ni intellectuel engagé en vogue, n’a jugé utile de prendre position pour la liberté d’expression ou pour celle des journalistes. Bien au contraire, ce geste a suscité l’approbation de nombreux journalistes français, tels ceux du « Point » et du « Figaro ».

 La patrie de Voltaire, toujours en première ligne pour donner des leçons de démocratie aux autres nations, semble aujourd’hui bien en retard sur le terrain de la défense des droits de l’Homme.

Il serait temps que la France redevienne ce qu’elle fut, et qu’elle s’éloigne de ses encombrants et nauséabonds alliés impérialistes américano-sionistes, qui risquent de l’entrainer avec eux dans les poubelles de l’histoire.