La légitimité de l’antisionisme

logo_pas_l510La légitimité de l’antisionisme et les positions anticonstitutionnelles du gouvernement

Le 2 mars 2009, à la veille de la campagne des élections européennes, Monsieur François Fillon, Premier ministre, s’est rendu à l’invitation du CRIF et s’y est exprimé au nom du gouvernement et au nom du Président de la République.

Ce faisant, il a critiqué l’antisémitisme – ce qui est très normal.

Mais le problème est qu’il établit à cette occasion une grave confusion entre antisionisme et antisémitisme.

Il ne s’agissait pas d’une erreur, de l’utilisation d’un mot à la place d’un autre. Il s’agissait de la juxtaposition de termes, normalement sans rapport les uns avec les autres. L’idée qui en résultait était que le gouvernement désirait criminaliser l’opposition radicale à l’Etat d’Israël, à la légitimité de ce résultat de la Seconde Guerre Mondiale… bien après les correctifs de ces résultats que furent la disparition de la République Démocratique d’Allemagne, ou celle de la Yougoslavie ou celle de la République du Vietnam-Sud, etc.

Ce discours et les instructions correspondantes furent envoyés aux Parquets de France pour agir dans le sens indiqué contre les antisionistes.

Puis, le conseiller de Monsieur le Président de la République, Monsieur Guéant, a fait une intervention très remarquée à la Radio Juive de Paris pour dire que les services du chef de l’Etat étudiaient la possibilité d’interdire la Liste européenne Antisioniste.

Cela procède de la même ligne politique : imposer, s’il le faut par la force publique, l’acceptation du fait sioniste sous prétexte que sa critique serait une forme d’antisémitisme.

Or il n’y a rien de plus faux et l’étude attentive des textes fondamentaux de la France et de l’Etat d’Israël fait apparaître que les représentants de l’Etat français ont normalement le devoir d’être antisionistes !

La Constitution française stipule en son Préambule qu’elle se base sur la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (Révolution française) et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (ONU – 1948). Or ces deux textes stipulent l’égalité universelle de tous les êtres humains, en tous lieux. Le sionisme stipule le contraire en terre de Palestine.

Voilà pour le droit.

Pour l’antisionisme en tant que masque de l’antisémitisme, disons que cela serait revenu à considérer que les Allemands opposés à Hitler étaient des traîtres et que la lutte contre le nazisme n’était rien d’autre qu’une lutte raciste contre les Allemands – ce qui est très loin de la pensée des Résistants (voir l’affiche Rouge d’Aragon: « je n’ai pas de haine pour le peuple allemand »).

Le même raisonnement aurait classé Charles de Gaulle, le résistant, parmi les anti-français !

Pour preuve dans le cas d’Israël, il est fort aisé de citer le fait qu’il existe plusieurs formes d’antisionisme juif, qu’ils sont tous légitimes de leur point de vue, que le sionisme n’est pas « l’idéologie naturelle de tous les Juifs » comme il voudrait se vendre.

Norman G. Finkelstein est un intellectuel juif de New York. Sa mère a été enfermée pendant plusieurs années dans un camp de concentration. Après la guerre, sa famille s’est installée aux USA, comme beaucoup de personnes dans cette situation.

Il fait partie de la diaspora juive américaine et il est donc, lui aussi, très sensible à la cause de la lutte contre l’antisémitisme.

Cependant, c’est un opposant radical au sionisme et notamment à ses dérives coloniales, militaires et criminelles. Dans les milieux juifs, il existe un antisionisme de nature biblique; il considère que la création d’Israël est une infraction à la tradition et à la religion juive.

Mais Finkelstein procède à partir d’un anti sionisme politique, imbu des valeurs universelles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Il a écrit un premier livre qui a été très vendu et très commenté, « L’industrie de l’holocauste », édité par Verso (en vente chez Amazon).

Il a ensuite écrit un deuxième livre: « Derrière la Chutzpah – sur l’utilisation inadéquate de l’antisémitisme et le viol de l’Histoire ».

Nous vous proposons ici une traduction du début de ce dernier livre. Il y pose le concept de tout l’ouvrage :

La dernière invention des suppôts d’Israël est: « le nouvel antisémitisme ».

Cela est apparu au moment où les Palestiniens ont relancé leur résistance à l’occupation, au moment où Israël a augmenté sa brutale répression de la révolte. Ce fut une vaste prolifération de livres, d’articles, de conférences, etc. Le directeur national de la ligue Anti-diffamation (ADL), Abraham Foxman à allégué que : « Nous assistons actuellement à une grande menace contre la sécurité du peuple Juif, équivalente à celle rencontré dans les années 30 si elle n’est pas plus grave encore… ».

Les faits ont montré qu’en réalité l’allégation du nouvel Antisémitisme n’était pas nouvelle et que ces déclarations ne visaient pas l’Antisémitisme.

Trente ans auparavant, les responsables nationaux de l’ADL Arnoldf Forster et Benjamin R. Epstein ont publié en grande fanfare une étude, dont le titre était déjà « le Nouvel Anti Sémitisme ». Moins de dix années plus tard, le responsable national de l’ADL, Nathan Perlmutter avec son épouse Ruth Ann Perlmutter, ont publié « le vrai Anti Sémitisme en Amérique ». Ils y écrivent eux aussi que les USA sont plongés dans un nouvel Anti Sémitisme. L’objectif poursuivi par ces périodiques lancés avec une extravagance médiatique méticuleusement orchestrée n’est pas de lutter contre l’Anti Sémitisme, mais plutôt d’exploiter les souffrances historiques des Juifs dans le but d’immuniser Israël contre toute critique. Chaque campagne pour combattre « le nouvel Anti Sémitisme » a coïncidé avec des pressions internationales sur Israël pour l’obliger à se retirer des territoires arabes occupés en échange de la reconnaissance des pays arabes voisins.

« Le nouvel Anti Sémitisme » de Foster et d’Epstein servait de modèle  pour toutes les productions analogues. Peu de chapitres de ce livre visaient l’antisémitisme et ses excès. La plus part provenait de milieux supposés marginaux ou extrémistes de droite aux USA. L’essentiel du texte déplorait l’antisémitisme de la communauté Afro Américaine.

Pour rendre plus convaincant ce nouvel antisémitisme les institutions importantes ont fait l’objet d’accusations qui prospèrent plus ou moins des journaux comme le Washington Post et le New York Times sont accusés de devenir trop permissifs en face des anti-sémites. L’industrie cinématographique a été mise en cause pour avoir produit des dessins animés comme le N fois primé Fritz the Cat … qui contient une séquence insipide de synagogue et le film The crunch bird qui utilise un dialecte juif et la caricature d’un jeu vulgaire, mais qui a été primé de l’Academy Award en 1972.

A la lecture de ce court texte (nous vous conseillons de lire tout l’ouvrage… ), il ressort que nos dirigeants voudraient être plus Juifs et plus sionistes que des Juifs authentiques qui ont une légitimité incontestable pour critiquer le sionisme. Ni la mère de Monsieur Sarkozy ni celle de Monsieur Fillon n’ont été internées en camp de concentration. Ils ont moins de légitimité pour s’exprimer sur ce sujet que Monsieur Finkelstein. A la limite, la politique actuelle de soutien du gouvernement français à l’Etat d’Israël requiert un referendum dans la mesure où elle nécessite une entorse à la Constitution. En l’absence de ce referendum, elle est illégale.

Et ajoutons que n’importe quel Français, n’importe quel homme est en droit d’accepter ou de refuser une idéologie, et en particulier il a le devoir moral de stigmatiser les idéologies coloniales, prédatrices qui conduisent à des crimes de guerre, à des nettoyages ethniques répétés au long de soixante années de guerre d’agression…

Enfin, le sionisme est bien une forme de racisme parce qu’on ne peut pas purifier ethniquement un territoire sans être raciste. L’Etat sioniste se définit bien comme « un foyer juif » à l’exclusion des habitants d’une autre race et/ou d’une autre religion.

 

Conclusion :

La Liste Antisioniste est non seulement légale, mais elle est conforme aux valeurs inscrites dans notre Constitution et aux valeurs universelles d’égalité de tous les êtres humains… ce qui n’est pas le cas pour d’autres listes.

 

 

« Le parti antisioniste sera présent lors de toutes les prochaines élections.
Notre combat ne fait que commencer et nous appelons tous les citoyens libres à nous rejoindre. » 
Gouasmi Yahia.