Le Venezuela au bord du volcan

Le président Nicolas Maduro vient d’entamer son second mandat pour six ans, sur fond de tentatives incessantes de déstabilisation et de menaces tant internes qu’externes de la part des forces pro-impérialistes.

Il semblerait qu’après l’Afghanistan, l’Irak et la Syrie, l’Empire ait décidé d’instaurer sa démocratie néo-libérale à coup de bombes dans un nouveau pays, beaucoup plus proche de lui cette fois, le Venezuela.

Le président Maduro a prêté serment le 10 janvier dernier devant les délégations de 94 pays, soit deux fois plus que lors de l’investiture de son homologue brésilien, le pro-américano-sioniste Jair Bolsonaro, dix jours plus tôt.

Son élection, pourtant validée par les urnes et par plus de 2000 observateurs internationaux, est contestée par une opposition interne appuyée par Washington, mais aussi par l’UE et certains pays d’Amérique du Sud acquis aux thèses américaines.

Ainsi, les pays du Groupe de Lima (qui comprend l’Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Pérou, le Guyana et Sainte-Lucie) ont indiqué qu’ils ne reconnaîtraient pas ce second mandat de Nicolas Maduro, à l’exception du Mexique, dirigé par le président de gauche Andrés Obrador. Malgré les fortes pressions US à son encontre, il a demandé au bloc de ne pas s’ingérer dans les affaires vénézuéliennes.

Lors de sa réunion à Lima le 4 janvier dernier, le groupe a approuvé un document qui est une véritable déclaration de guerre. En présence du secrétaire d’État des États-Unis (par visio-conférence), les gouvernements opposés à la révolution bolivarienne se sont entendus pour augmenter la pression diplomatique contre le Venezuela, et persévérer dans leur intention de faire ouvrir une enquête à la Cour Pénale Internationale contre l’État vénézuélien. Une demande soutenue, d’ailleurs, par la France.

Dans cette volonté d’isoler Caracas, deux pays du continent sud-américain sont en pointe, et leur proximité avec Washington est notoire : la Colombie et le Brésil, qui envisagerait même d’ouvrir une base US sur son territoire.

Fort d’un soutien populaire incontestable, et d’une institution militaire loyale, Maduro a, jusqu’à présent, résisté aux essais de révolutions téléguidées par Washington, mais aussi à plusieurs tentatives de putsch, dont la dernière remonte à quelques jours à peine.

En effet, les autorités vénézuéliennes ont procédé à l’arrestation de 27 militaires soupçonnés de s’être soulevés lundi 21 janvier contre le président.

Ces soldats ont été arrêtés après avoir volé des armes de guerre dans un poste militaire à Petare, près de Caracas. Quelques heures avant son arrestation, le groupe avait réussi à prendre le contrôle d’une caserne de Cotiza, dans le nord de la capitale, où les militaires avaient pris en otage deux officiers ainsi que deux soldats. C’est dans ce même lieu qu’ils avaient par la suite enregistré une vidéo dans laquelle ils incitaient la population à se soulever contre le président Maduro.

Ce n’est pas la première fois que les autorités vénézuéliennes mettent en échec une attaque fomentée contre Nicolas Maduro. On se souvient que le 4 août dernier, en pleine cérémonie militaire, le chef de l’État vénézuélien avait dû interrompre son discours, alors qu’une explosion retentissait non loin de l’estrade présidentielle. L’attaque avait été revendiquée quelques heures plus tard par un groupe rebelle se faisant appeler « Mouvement national des soldats en chemise », inconnu jusqu’alors et qui serait composé de civils et de militaires. Dès le lendemain, le gouvernement vénézuélien affirmait que Washington avait servi de base arrière à l’attentat manqué, ce qu’avaient évidemment démenti les États-Unis.

Le 22 décembre 2018, une autre provocation avait fait les choux gras de la presse internationale. Selon un communiqué du géant pétrolier américain Exxon Mobil, la marine vénézuélienne était accusée d’avoir expulsé deux de ses navires explorant les fonds des eaux territoriales de la zone contestée entre le Venezuela et le Guyana.

Sur la foi de ce communiqué, le Guyana, les États-Unis, et le Groupe de Lima, avaient alors condamné le militarisme vénézuélien mettant en danger la sécurité collective. Il s’est avéré que ces affirmations étaient en réalité mensongères et que l’incident avait eu lieu dans les eaux territoriales vénézuéliennes.

Il s’agit là encore d’un prétexte qui fait écho à ce qu’avait dénoncé le président du Venezuela au mois de décembre dernier, lors d’une allocution télévisée durant laquelle il avait dévoilé la présence de 734 mercenaires sur les bases militaires d’Eglin en Floride et de Tolemaida en Colombie. Leur but étant d’agresser le Venezuela ou de préparer une attaque sous faux drapeau afin de justifier une intervention militaire contre la nation bolivarienne. Maduro révèlera aussi que le conseiller national à la sécurité des États-Unis, John Bolton avait incité le nouveau vice-président brésilien, Hamilton Mourao, à organiser des provocations militaires à la frontière avec le Venezuela.

La déclaration du Groupe de Lima au ton violemment belliciste, semble renforcer les suspicions d’agression émises par l’État vénézuélien.

Parallèlement à ces menaces de coup d’état militaire, les pressions et manipulations politiques ne faiblissent pas, dont la dernière date d’hier mercredi 23 janvier, lorsque l’opposant Juan Guaido, renvoyé la veille du poste de président de l’Assemblée nationale vénézuélienne sur décision de la Cour suprême, s’est autoproclamé  «Président en exercice» du pays.

Selon une déclaration publiée dans la foulée de cette annonce par la Maison-Blanche, le Président américain Donald Trump a reconnu M.Guaido en tant que «Président par intérim» et déclaré qu’il utiliserait tous les outils économiques et diplomatiques pour «rétablir la démocratie au Venezuela» et a appelé les dirigeants des pays occidentaux à coopérer avec M.Guaido, devenu chef d’État par intérim, pour «soutenir ses tentatives de rétablir l’ordre constitutionnel au Venezuela».

Les premiers pays à reconnaitre le président autoproclamé sont évidemment ceux du groupe de Lima, à l’exception du Mexique, dont le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Roberto Velasco, a indiqué que « le gouvernement mexicain considérait toujours Nicolas Maduro comme Président du Venezuela », ajoutant que « l’administration fédérale n’envisageait pas de changements dans sa politique de non-ingérence dans la situation dans ce pays sud-américain ».

La Bolivie, fidèle à sa ligne anti-impérialiste, soutient le chef de l’état élu, et le président bolivien, Evo Morales a déclaré sur son compte Twitter que le « Venezuela était la cible d’une attaque impérialiste » tout en exprimant sa solidarité avec le peuple vénézuélien, notant: « Les pays de l’Amérique latine ne seront plus l’arrière-cour des États-Unis. »

Suite aux déclarations faites par des responsables américains, le président Maduro a estimé que Washington avait essayé d’organiser un coup d’État au Venezuela et a déclaré que son pays rompait les relations diplomatiques et politiques avec les États-Unis, donnant 72 heures au personnel des missions diplomatiques états-uniennes pour quitter le pays.

Il semble qu’un nouveau pas vient d’être franchi dans les provocations impérialistes contre Caracas, un pas qui risque d’ouvrir la porte à une période fort chaotique et de déboucher cette fois-ci sur la guerre que les américano-sionistes préparent depuis longtemps.

Un scenario à la syrienne semble être en cours de déclenchement au Venezuela, avec l’opposition interne néolibérale pro-américaine dans le rôle des gentils rebelles démocrates, et les pays du groupe de Lima dans celui des pétromonarchies du Golfe, qui les alimenteront en armes et leur offriront le soutien logistique nécessaire. Le tout sous la supervision de l’oncle Sam.

 

Le Parti Anti Sioniste se tient aux côtés des dirigeants légitimement élus par le peuple vénézuélien, dont le premier d’entre eux, le président Nicolas Maduro, malgré les manipulations de Washington et de ses alliés.

Face aux derniers développements, il appelle les Vénézuéliens à la prudence face à l’Empire qui vient de franchir un pas dangereux, ce qui n’augure rien de bon pour la région.

Le Parti Anti Sioniste appelle également les responsables politiques français à ne pas s’ingérer dans les affaires internes du Venezuela et à ne pas reconnaitre l’autoproclamé « président » Guaido, qui n’a aucune légitimité populaire et démocratique.

Le refus du pouvoir bolivarien de se soumettre à l’ordre mondial à la sauce américaine est tout à son honneur, et le peuple paye le prix fort de cette résistance, en ayant conscience des intentions malhonnêtes et crapuleuses des États-Unis.

En effet, les Vénézuéliens ont bien compris que le but recherché par Washington et ses alliés n’était nullement d’ordre démocratique, pour offrir au peuple liberté et opulence, mais que l’objectif était en réalité strictement politique et idéologique. Il s’agit simplement de remettre l’opposition néo-libérale acquise aux intérêts du département d’état US et des banques internationales, à la tête du pays pétrolier.

Avec ou sans l’aval de la population.