Le roi du Maroc appelle l’Algérie à un dialogue « franc et direct »

Mardi 6 novembre dernier, le roi du Maroc, Mohamed VI, a, dans un discours prononcé à l’occasion de son accession au Trône, appelé l’Algérie à un dialogue « sincère, sans conditions et sans préalables ».

Un discours exprimé également à l’occasion de la commémoration de ce que les Marocains appellent la « Marche Verte » lancée en 1975, et qui est synonyme pour l’Algérie du début de l’occupation illégale du Sahara occidental, que le Maroc considère comme partie intégrante de son territoire, ce qui envenime les relations entre les deux pays depuis des décennies.

D’ailleurs, des discussions doivent débuter début décembre à Genève sous l’égide de l’ONU pour avancer sur cette question, avec les principaux acteurs du conflit : le Maroc, l’Algérie, le Front Polisario (mouvement politique qui milite pour l’indépendance du Sahara occidental) et la Mauritanie.

Mis à part ce sujet épineux, l’ouverture des frontières entre les deux pays, fermées depuis 1994, est également l’une des questions à régler pour normaliser les relations bilatérales.

Il est à noter que le roi du Maroc n’a pas conditionné le dialogue entre les deux pays à la question sur le Sahara occidental, comme cela a toujours été le cas jusqu’à présent.

Le monarque de 55 ans a proposé la création d’un nouveau « mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation », précisant que « le format et la nature de cette structure sont à convenir d’un commun accord ».

Mohamed VI a assuré que le Maroc était « ouvert à d’éventuelles propositions et initiatives émanant de l’Algérie » pour asseoir les relations entre les deux pays « sur de solides bases de confiance, de solidarité et de bon voisinage ». Il a également insisté sur la fraternité qui existait entre les deux pays et les projets visant à construire l’Union maghrébine.

La démarche politique et diplomatique de Mohamed VI, répond à plusieurs tentatives précédentes, initiées par l’une ou l’autre des deux parties, sans jamais avoir été concrétisées dans les faits, et la dernière rencontre entre les chefs d’État remonte à 2005

On se souvient qu’à l’occasion de la dernière fête de l’Aïd el-Fitr, le 14 juin 2018, le président algérien Abdelaziz Bouteflika avait adressé, un message de félicitations à Mohammed VI, lui souhaitant longue vie, santé, et prospérité pour son pays, tout en exprimant son vœu de renforcer les relations entre les deux États. Le président algérien avait alors fait part au souverain du royaume chérifien «de sa ferme volonté de consolider les liens de fraternité unissant les deux peuples frères et de les hisser au niveau de leurs aspirations au progrès et à la prospérité».

Quelques jours plus tard, le roi du Maroc avait remercié le président Bouteflika pour le soutien qu’Alger avait apporté à la candidature de Rabat à l’organisation du Mondial de football 2026. Ce geste de fraternité avait touché le souverain marocain, tranchant avec la réaction de son ami et allié saoudien, qui avait préféré offrir son vote au trio gagnant nord-américain composé du Canada, des États-Unis et du Mexique.

Ces derniers mois, le climat s’était tendu au niveau des relations Algéro-marocaines, au point que la presse des deux pays avait même envisagé l’éventualité d’un conflit armé.

Pour notre part, nous préférons éviter d’entrer dans le détail des différents sujets de discorde entre l’Algérie et le Maroc, pour nous attarder plutôt sur ce qui les rapproche.

En effet, il s’agit de deux peuples frères que les tenants de l’ordre impérialiste mondial ont tenté de diviser depuis le début de leur existence en tant qu’ Etat-Nation, afin de neutraliser la puissance qui aurait pu émaner de l’alliance entre ces deux pays si complémentaires.

Cette situation est analogue à celle existant entre l’Inde et le Pakistan : deux puissances régionales, deux peuples frères, la région du Cachemire jouant le rôle du Sahara occidental.

Cette alliance maghrébine pourrait constituer une puissance régionale incontournable, tant du point de vue de l’emplacement géographique, que des potentialités humaines, économiques et militaires.

Malheureusement, l’impérialisme des dirigeants occidentaux en a décidé autrement, lui qui ne tolère aucun début de concurrence ou de résistance à sa volonté d’hégémonie, dans toutes ses zones d’influence.

Pour le moment, Alger n’a pas encore répondu officiellement à cette « main tendue » marocaine, alors que la presse algérienne fait état de sa perplexité quant aux intentions réelles du souverain chérifien.

Le Parti Anti Sioniste, pour sa part, ne saurait préjuger des prétendues arrière-pensées de Mohamed VI, et préfère voir dans ses déclarations une volonté réelle de rapprochement avec son voisin et frère algérien.

Il n’a jamais été dans la philosophie du Parti Anti Sioniste d’intenter de procès d’intention à quiconque, et nous voulons croire à la sincérité des propos du souverain, en espérant qu’ils se traduiront également en actes, afin que ces deux peuples frères puissent enfin réaliser leur unité dans le respect et dans l’amour.

Une unité que les ennemis sionistes et impérialistes, de la paix et de la justice, feront tout pour empêcher, eux pour qui le « diviser pour régner » constitue la devise de base.

Face aux dangers multiples qui menacent la région, il est grand temps que l’Algérie et le Maroc se réconcilient pleinement pour unir leurs forces et leurs énergies, et mettre de cotés leurs différends, afin d’avancer ensemble.

Pour cela, chaque geste de bonne volonté est à saluer, à l’instar de celui du roi Mohamed VI, qui permettra peut-être d’ouvrir une nouvelle ère dans les relations algéro-marocaines.