Le monde à l’aube d’une nouvelle crise financière ?

Dix ans après la faillite de la banque Lehman Brothers et le grand krach financier de 2008 qui avait précipité la planète dans la pire crise économique depuis les années Trente, rien ne semble avoir changé. Tous les signaux sont au rouge concernant un nouveau cataclysme financier qui pourrait survenir à tout moment.

En effet, plusieurs experts, et non des moindres, alertent depuis quelques semaines déjà sur la possibilité d’un krach imminent, beaucoup plus violent que le précédent.

Ainsi, Ray Dalio, le fondateur milliardaire de Bridgewater, le plus gros «hedge fund» au monde, vient de déclarer qu’il estime la crise inévitable d’ici deux ans au plus tard. Danièle Nouy, de la BCE, a également mis en garde contre celle-ci en raison de la bulle immobilière provoquée par la baisse des taux d’intérêt :

«Nous savons avec certitude qu’il y aura une nouvelle crise. Mais nous ignorons quand et pour quelle raison».

Des raisons qui sont pourtant évidentes, mais nous y reviendrons.

L’ ancien président de la BCE, Jean-Claude Trichet ne cache pas non plus son inquiétude. Dans une interview accordée à l’AFP, il a ainsi estimé que:

« l’ensemble du système financier mondial est au moins aussi vulnérable sinon plus qu’en 2008 ».

Mais les déclarations les plus inquiétantes proviennent de l’analyste Marko Kolanovic, de la banque JP Morgan (USA).

En effet, JP Morgan, qui gère 2.700 milliards de dollars d’actifs et qui est traditionnellement considérée comme la «banque familiale» des Rockefeller est l’une des banques les plus puissantes au monde, de celles qui font et défont les présidents, de celles qui dirigent la planète et orientent son économie en fonction de ses intérêts et objectifs propres.

Marko Kolanovic lui-même a la réputation d’être une sorte de «mathématicien visionnaire», peu enclin au pessimisme excessif, mais qui a toujours prédit avec précision les problèmes précédents sur les marchés mondiaux. Son avis est donc écouté et il ne faut pas le prendre à la légère.

L’expert vient de publier un rapport d’analyse spécial soulignant que les marchés financiers mondiaux sont encore plus vulnérables face à une nouvelle crise qu’il y a 10 ans. D’après lui, si le scénario le plus négatif se déroulait, la crise serait si globale que pour sauver l’économie les banques centrales devraient nationaliser les compagnies les plus touchées en rachetant leurs actions sur le marché.

Émeutes de rue, panique de masse, nationalisation et troubles publics sans précédent depuis 50 ans: c’est en ces termes que Marko Kolanovic décrit l’avenir de l’économie américaine et mondiale.

Même la banque de France y est allée de son avertissement en publiant un rapport au mois de juin dernier alertant sur l’imminence d’une crise économique d’envergure mondiale, alors que les analystes de la banque JP Morgan Chase estiment que la prochaine crise interviendra en 2020, mais sera moins grave que la précédente.

Ainsi, nos amis banquiers ont décidé cette fois, dans un élan de générosité dont ils sont peu coutumiers, de nous alerter avant qu’il ne soit trop tard. Nous les voyons venir de loin avec leur : « on vous avait prévenu »…

En revanche, ces experts au service de la finance mondialisée qui mène le monde à sa perte, oublient de nous expliquer en quoi le système pour lequel ils œuvrent sera une nouvelle fois à l’origine de ce cataclysme, et prennent bien soin de le dédouaner de toute responsabilité.

Cette fois, pas question que le peuple comprenne que les banquiers sont encore une fois les coupables, et il est donc important de détourner l’attention en rejetant la responsabilité sur le compte de la méchante menace populiste ou de la crise au Moyen-Orient.

Ainsi, selon le rapport de la banque de France, qui nous vend faussement un monde en pleine croissance économique, « les risques pesant sur cette croissance sont alimentés par des poches de vulnérabilités financières observables à un niveau global y compris en Europe, telles que la hausse de l’endettement privé et l’appétit pour le risque, la persistance des incertitudes politiques et économiques au niveau mondial et par la montée du protectionnisme. »

Pour qui sait lire entre les lignes, les responsables de cette future crise seront à chercher du côté des états protectionnistes ou des pouvoirs populistes, et non pas en raison du système financier qui serait exonéré de tout.

Pourtant, depuis la crise dite des subprimes de 2008, rien n’a fondamentalement changé sur le fond. Les éléments toxiques qui ont détruit des centaines de millions d’emplois, jeté à la rue des dizaines de millions de familles et broyé sous les dettes des pays, des villes, des entreprises et des individus, sont loin d’avoir disparu, ils ont simplement muté.

L’exubérance financière n’a pas été canalisée ni contrôlée et les mêmes causes produiront inéluctablement les mêmes effets. Les dettes des particuliers, des entreprises et des États s’accumulent, tandis que des réseaux financiers parallèles échappent, via les paradis fiscaux, à toutes règlementations.

Alors qu’en 2008 la principale raison de la crise était les surendettements des ménages et de la bulle spéculative de l’immobilier, cette fois-ci elle sera certainement provoquée par celui des états et des entreprises.

En effet, la politique monétaire et de régulation menée par les USA ces dix dernières années a provoqué une situation où, au lieu d’une bulle du prêt immobilier, est apparu une bulle des prêts aux compagnies dites toxiques qui, en cas de politique monétaire plus stricte, ne devraient pas avoir accès aux crédits.

Les dettes toxiques des compagnies américaines endettées avoisinent 2.700 milliards de dollars et augmentent rapidement, et comme une grande partie des dettes déjà accummulées par ces sociétés sont des prêts à taux variable, en cas de nouvelle augmentation du taux directeur par la Réserve Fédérale, ces entreprises et leurs créanciers chuteraient tel un château de cartes.

Or, depuis plus d’un an, la Réserve Fédérale américaine remonte continuellement ses taux directeurs, et le fait est qu’à chaque fois que les banques centrales augmentent leurs taux directeurs, une crise se produit peu de temps après. CQFD.

C’est pour cette raison que M. Goushi Kataoka, membre du directoire de la Banque du Japon, nous explique qu’il vaut mieux poursuivre sur la lancée du crédit débridé, car augmenter les taux d’intérêt ne fera qu’accélérer la chute de l’édifice financier mondial. En réalité le choix est simple : temporiser au maximum, ou provoquer immédiatement la faillite des banques et du système financier mondialisé.

Kataoka et d’autres banquiers préconisent d’attendre, alors que Jerome Powell, gouverneur de la FED, suggère de plonger immédiatement, et la BCE planifie le crash pour décembre 2018.

Selon l’économiste suisse Egon Von Greyerz : « Il est trop tard ; les gouvernements sont en faillite et il n’est plus possible de réduire les dettes. Tout gouvernement qui essaie de lancer des plans d’austérité se fait immédiatement renvoyer. Les déficits et l’impression monétaire vont s’accélérer, et on sera en route vers une dépression hyper-inflationniste. »

Pour Robert Bibeau,  journaliste et enseignant canadien expert en économie, « les lois du système économique capitaliste ont mené le convoi plombé à la limite de ses capacités – le capitalisme ne peut gérer – administrer – gouverner – finalement rentabiliser et faire fructifier plus de « capital » qu’il ne le fait déjà, ce qui amène ce système à susciter l’apparition de malversations financières qui ne constituent que de futiles parades pour retarder l’inévitable débandade monétaire-financière-commerciale-industrielle-économique-politique et finalement morale et idéologique mondiale ».

Tout est dit, et malgré le fait que nos experts médiatiques, payés par la finance internationale, nous expliquent que tout n’est pas si simple, il est pourtant une évidence que le monde court inéluctablement vers une nouvelle crise économique grave, ce qui, de toute façon, est inhérent à la structure même de l’économie mondiale : une économie de type ultra-libérale dominée par les banques et qui, par nature, ne recherche pas l’intérêt commun des citoyens (rôle dévolu aux états), mais plutôt le développement de leur intérêt privé.

Le constat qui s’impose aujourd’hui est clair, mais très peu de citoyens l’ont compris car lobotomisés par la propagande médiatique dont le rôle est de faire diversion :

L’État actuel est entièrement dominé par le système bancaire car il n’a, sans les banques, aucun moyen financier propre pour atteindre les objectifs étatiques qu’il se fixe. En abandonnant dans des mains privées sa fonction régalienne de battre monnaie, l’État s’est volontairement placé dans une position d’infériorité par rapport aux détenteurs du « fait économique ».

Cette appropriation du phénomène politique par les principaux propriétaires d’organismes bancaires s’est produite par le biais du contrôle intégral du phénomène économique par les propriétaires des grandes banques. Un contrôle qui s’est réalisé essentiellement à l’aide, d’une part, du contrôle des monnaies et d’autre part, à travers l’anonymat des capitaux.

Un anonymat qui a permis aux banquiers de s’accaparer en toute discrétion les biens matériels de la planète, à l’abri du regard des masses.

Des banquiers dont personne ne connait ni le nom ni le visage, alors qu’ils sont les véritables détenteurs du pouvoir mondial.

Le Parti Anti Sioniste continue à dénoncer cette situation et ces vampires sans foi ni loi qui se cachent lâchement derrière nos politiciens de carton.

Il appelle les citoyens à se prémunir contre cette prochaine crise qui vient et dont la violence risque d’être inouïe, même si l’on persiste à nous faire croire que tout va bien et que ce système est le meilleur pour notre planète.

Pour sortir de cette situation, les peuples doivent d’abord commencer par prendre conscience de leur entière dépossession du phénomène politique . Ce qui signifie qu’ils devront politiquement s’organiser de façon à se donner les moyens concrets de reprendre le contrôle de leur destin collectif.

 

 

 

 

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