L’Arabie saoudite demande la décapitation d’une jeune pacifiste

Israa al-Ghomgham et son époux sont emprisonnés depuis le 5 décembre 2015. À l’époque, ils avaient été arrêtés par les forces de l’ordre saoudiennes en marge d’un raid. Ils avaient alors été accusés d’avoir encouragé des manifestations en faveur des droits de la minorité musulmane chiite.

Rappelons que la jeune femme, n’étant pas issue d’un milieu aisé, n’a jamais pu, en trois ans, obtenir l’assistance d’un avocat.

C’est le 6 août dernier que la justice saoudienne a réclamé la mort de cette jeune activiste de 29 ans. C’est la première fois qu’une femme sera exécutée pour avoir défendu les droits de l’Homme.

Jugés notamment pour avoir « participé » et « incité » à des manifestations, les dossiers de ces cinq activistes désignés comme « pacifistes » par l’ONG « Human Rights Watch » ont pourtant été examinés au même titre que ceux de terroristes.

« Toute exécution est épouvantable, mais chercher la peine de mort pour des militants comme Israa al-Ghomgham, qui ne sont même pas accusés de comportement violent, est monstrueux », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice Moyen-Orient de « Human Rights Watch ».

Le 28 octobre prochain, le juge devra confirmer ou non la peine de mort requise par le procureur le 6 août dernier. Selon le directeur de l’Organisation euro-saoudienne de défense des droits de l’homme, Ali Adubusi, comme les charges retenues contre Israa al-Ghomgham n’incluent pas de faits violents, elle ne devrait pas être passible de la peine de mort. Rappelons que la peine capitale n’est généralement effective qu’après l’approbation du roi.

Le prince héritier de l’Arabie saoudite, accessoirement criminel de guerre pour son implication dans plusieurs massacres de civils innocents au Yémen voisin, Mohammed Ben Salman, affectionne de se présenter en grand réformateur du royaume, champion de la libéralisation de son économie et de ses codes moraux très stricts. Pourtant, depuis son arrivée officieuse au pouvoir, le rapport du pays au respect des droits de l’Homme reste très relatif.

En 2017, près de 150 individus ont été exécutés dans le royaume, qui compte l’un des taux d’exécutions le plus élevé au monde.

En outre, « Human Rights Watch » (HRW) rapporte que l’Arabie saoudite a exécuté 48 personnes au cours des quatre premiers mois de l’année 2018.

De plus, l’Organisation euro-saoudienne de défense des droits de l’homme affirme qu’au moins 58 personnes se trouvent actuellement dans le couloir de la mort en Arabie saoudite.

Le magazine Newsweek souligne que “le taux d’exécutions a augmenté avec l’accession du roi Salman au trône en 2015, atteignant des niveaux jamais vus depuis les années 1990”, ce qui maintient le royaume au troisième rang des pays qui exécutent le plus au monde.

Si le tribunal suit la réquisition du procureur, leur sort passera entre les mains du roi Salman. Or, relève The Independent, celui-ci “ratifie habituellement toutes les peines capitales dans le royaume”…

Le Parti Anti Sioniste condamne la décision prise  par les autorités saoudiennes et appelle à la libération immédiate de ces cinq activistes pacifistes.

Il est temps que le monde se penche sérieusement sur la politique d’oppression barbare menée par ce régime moyenâgeux.

Ses dirigeants wahhabites, coupables d’exactions, aussi bien sur le plan interne, avec l’assassinat et la torture de nombreux opposants politiques, qu’externe, avec leur soutien avéré à « Daesh and co », doivent impérativement être jugés pour tous leurs crimes