La Russie met en garde contre toute ingérence étrangère en Algérie

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov (D) à côté de son homologue algérien Ramtane Lamamra, à Moscou, le 19 mars 2019. ©Pinterest

 

Après les révélations de certaines sources de renseignements évoquant la piste des agents israélo-américains dans les derniers troubles en Algérie, c’est maintenant le patron de la diplomatie russe qui dénonce un éventuel complot visant la sécurité de ce pays stratégique dans le nord de l’Afrique. Dans ce cadre, Lavrov appelle les citoyens algériens à décider eux-mêmes de leur sort, pour tuer dans l’œuf toute tentative de déstabiliser leur pays.

Le mardi 19 mars, le chef de la diplomatie russe met en garde contre des tentatives éventuelles d’envenimer la situation en Algérie.

Lors de la rencontre avec son homologue algérien, Ramtane Lamamra, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré mardi que la Russie était préoccupée par les manifestations en Algérie et que des tentatives étaient en cours pour déstabiliser ce pays d’Afrique du Nord.

« Nombreux sont les pays qui souffrent à l’heure actuelle de l’ingérence de pays étrangers dans leurs affaires intérieures », a précisé Lavrov, en affirmant :

« Nos pays ont en commun leur adhésion aux principes du règlement pacifique des conflits et de la non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres États. Ils cherchent à assurer la stabilité et l’équilibre des intérêts dans les affaires internationales tout en préservant le rôle principal de l’ONU, dans le respect des normes et principes du droit international, y compris le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sans ingérence extérieure. »

Lavrov a par ailleurs fait l’éloge des efforts déployés par l’Algérie pour régler les crises qu’ont connues la Libye et le Mali, avant de préciser :

« La Russie et l’Algérie jouent un rôle prépondérant dans le maintien de la sécurité en Afrique du Nord. Ils se sont par ailleurs accordés sur la formation d’un haut groupe conjoint, chargé de coordination de la politique extérieure des deux pays. »

Le 11 mars, le journal libanais Al-Binaa a mis en garde contre des agissements visant à détourner les manifestations pacifiques en Algérie, dénonçant les mauvaises intentions de certains pays. Le journal n’a pas exclu l’implication d’Israël et des États-Unis dans les dernières troubles en Algérie. À peine une semaine après, le Washington Post a encouragé explicitement les Algériens à rester dans les rues et à attiser ainsi le chaos dans le pays.

Le ministre algérien des Affaires étrangères est arrivé ce mardi à Moscou et a remis un message écrit de Bouteflika à son homologue russe, Vladimir Poutine.

Le président algérien, Abdel Aziz Bouteflika, est confronté à une vague de mécontentement et à des manifestations qui l’appellent à démissionner, notamment après qu’il a annoncé sa volonté de se porter une nouvelle fois candidat à l’élection présidentielle.

Bien que le président algérien ait peu après renoncé à briguer un cinquième mandat à la tête de son pays, les manifestations ne faiblissent pas.

Lundi soir, le président Bouteflika s’est adressé ses compatriotes en ces termes :

« J’ai décidé de procéder tout prochainement à des changements importants au sein du gouvernement. [Par ailleurs], la Conférence nationale inclusive et indépendante sera une assemblée dotée de tous les pouvoirs nécessaires à la discussion, à l’élaboration et à l’adoption de tous types de réformes devant constituer le socle du nouveau système sur lequel débouchera le processus de transformation de notre État-nation. »

« Le projet de Constitution qui émanera de la Conférence sera soumis à un référendum populaire. La Conférence nationale indépendante fixera souverainement la date de l’élection présidentielle à laquelle je ne serai en aucun cas candidat », a-t-il poursuivi.