La pauvreté : Un projet politique

Ils sont de plus en plus nombreux à être considérés comme les indésirables. Les indésirables d’une société où l’identité est basée sur le pouvoir et l’argent.

Accusés d’être improductifs, et nuisibles, par « les maîtres du monde ». Des « maîtres » qui vivent dans le luxe en s’accaparant les richesses, alors que les pauvres indésirables, eux, doivent se contenter des miettes qu’on a bien voulu leur donner.

Ces « maîtres » ne reculent devant rien pour sauvegarder leur pouvoir. Ils usent de manipulation, de tromperie, de mensonge… Ils vont même jusqu’à humilier, culpabiliser et faire pression sur les personnes qui se retrouvent dans ces situations de précarité.

Ils s’en prennent ainsi aux bénéficiaires des minimas sociaux pour faire diversion et présenter leur projet de politiques sociales restrictives (expulsion des demandeurs d’emploi, gel des salaires, attaques contre les pensions, privatisation des services publics, diminution des remboursements des soins de santé, etc. la liste des mesures gouvernementales qui appauvrissent les travailleurs est longue).

A qui profite la pauvreté !!!  Car oui, la pauvreté est un choix politique. Et ceci pour arriver à contrôler et faire en sorte que le système dominant domine.

D’après le sociologue Serge Paugam, la pauvreté a une fonction économique évidente. En effet, l’un des problèmes du marché du travail, c’est qu’il y a des emplois vraiment indésirables, dégradants, précaires. Donc maintenir une précarité professionnelle présente des avantages, à travers l’emploi d’une main d’œuvre bon marché, quitte à priver les travailleurs précaires de conditions de vie satisfaisante.  C’est un choix de société, d’une certaine manière !

A cet effet, on utilise toute une panoplie de moyens (argent, médias, réseaux de sociabilité…). Parvenant ainsi à inculquer à la masse qu’il est normal d’admettre ces inégalités, voire de collaborer à la construction de celles-ci.

On pousse ainsi la population à la division, au lieu de renforcer la solidarité, en dénonçant « l’assistanat », et en désignant les plus démunis comme responsable de leur situation. Notons pourtant que les pauvres d’aujourd’hui sont aussi les jeunes et les adultes ayant un emploi.

Selon un rapport de l’organisation internationale de développement, « Oxfam », les inégalités croissantes empêchent toute lutte efficace contre la pauvreté. Les inégalités de revenus ont augmenté dans toutes les régions du monde au cours des dernières décennies. Ce rapport indique également que dans l’UE, la pauvreté ne relève pas de l’épuisement des ressources, mais de la façon dont les ressources (revenus et richesses) sont partagées. Le rapport insiste aussi sur l’influence des individus, multinationales et groupes d’intérêt les plus riches, sur les politiques européennes. Parmi les groupes qui conseillent la Commission européenne sur les réformes fiscales, 82% sont issus des intérêts privés et commerciaux.

2,8 milliards de personnes, soit près de la moitié de la population mondiale, vivent avec moins de 2 dollars par jour. De l’autre côté 20 % de la population mondiale détient 90% des richesses, et les familles les plus riches échappent à un impôt sur leur fortune.

Denis Clerc et Michel Dollé proposent des pistes pour réduire cette précarité sans alourdir pour autant les dépenses publiques. Notamment en actionnant les bons leviers, comme la formation, les contrats de travail, l’insertion par l’activité économique, le soutien renforcé des institutions publiques en faveur des enfants pauvres et la refonte des aides sociales.

Louis Maurin exprime quant à lui une note d’espoir : celle de voir les jeunes (armés d’un sens critique plus développé que ce que croient les générations plus anciennes) ne pas tolérer les inégalités. Leur indépendance d’esprit peut être source d’une révolte contre les injustices. La loi du plus fort pourrait bien ne pas toujours s’imposer, et les inégalités cesser de porter atteinte à la liberté et à la fraternité.

Le Parti Anti Sioniste attire l’attention du public sur le fait qu’aujourd’hui, parce qu’elle touche des jeunes et des actifs, la pauvreté menace la cohésion sociale, mettant davantage en péril notre avenir.

Le Parti Anti Sioniste alerte l’opinion de l’importance de maintenir une solidarité vis-à-vis des risques majeurs de l’existence dont le chômage, la maladie, la vieillesse, considérée comme un premier pas vers la justice sociale. Ensuite, investir dans un progrès social partagé implique une certaine redistribution. Celle-ci peut passer par le développement des services publics dans les quartiers défavorisés grâce à l’impôt, par exemple.

Cette solidarité et cette redistribution sont deux éléments fondamentaux qui permettent une certaine justice entre les hommes. Ils sont fortement menacés. Ne faut-il pas développer dans notre pays une conscience plus grande de l’ampleur des injustices sociales ?

Le Parti Anti Sioniste met l’accent sur le fait que la réduction de la pauvreté est un investissement dont toute la société tirera profit. Tandis qu’une société basée sur les inégalités est vouée à s’effondrer