La France rejette l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme

L’entité sioniste et ses agents ne fléchissent pas dans leur volonté d’assimiler la judéophobie et l’antisionisme, dans un souci de créer l’amalgame entre la contestation de la politique israélienne et l’antisémitisme.

L’objectif est limpide, il s’agit d’assurer l’impunité d’Israël et bâillonner tous ceux qui osent s’opposer et dénoncer les crimes du régime sioniste.

Pour ce faire, Tel-Aviv et ses relais agissent auprès de l’Union européenne depuis de nombreuses années pour promouvoir une définition manipulée de l’antisémitisme et œuvrent à une politique d’amalgame et d’intimidation, extrêmement dangereuse pour le débat public et la liberté d’expression.

On se souvient ainsi que le 6 décembre dernier, le Conseil « Justice et Affaires intérieures » de l’Union européenne avait adopté une déclaration sur la lutte contre l’antisémitisme, préparée et négociée dans le plus grand secret, qui incluait un article invitant les États membres à adopter cette « définition ».

Une définition soumise par l’ « IHRA » (Alliance Internationale pour le Souvenir de l’Holocauste) qui assimile la critique d’Israël à de l’antisémitisme et vise à criminaliser les défenseurs des droits des Palestiniens.

Ce projet de résolution demandait aux États membres d’adopter la « définition IHRA » de l’antisémitisme, qui était accompagnée d’un certain nombre d’ « exemples » assimilant clairement la lutte contre le sionisme et les campagnes de boycott d’Israël comme des pratiques antisémites.

L’IHRA, dans ses directives pour la définition de l’antisémitisme, citait ainsi “ le déni du droit du peuple juif à l’autodétermination, par exemple en affirmant que l’existence d’un État d’Israël est une entreprise raciste ”.

Il était également question “ d’accuser les citoyens juifs d’être plus fidèles à Israël, ou aux prétendues priorités des Juifs du monde entier, qu’aux intérêts de leurs propres nations ”.

Ces « exemples » avaient heureusement été explicitement écartés au cours de la négociation, bien que la propagande israélienne ait agi comme s’ils avaient été adoptés. (Voir notre article

https://www.partiantisioniste.com/articles/lue-distingue-la-lutte-contre-israel-et-le-sionisme-de-lantisemitisme.html)

Lors du Comité des Représentants permanents qui s’est tenu le 9 décembre dernier à Bruxelles, le représentant de la France a tenu à rappeler que le Conseil « Justice et Affaires intérieures » avait écarté les « exemples » qui lui avaient été initialement présentés.

Dans son dernier rapport, la CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l’homme) affirme n’être “ pas favorable à la transposition en France de cette définition, pour plusieurs raisons ”.

“ La première est qu’il n’est pas dans la tradition juridique française d’opérer pareille distinction entre les racismes, le droit français retenant actuellement une définition globale du racisme. Une telle singularisation de l’antisémitisme vis-à-vis des autres formes de racisme pourrait ouvrir la boîte de Pandore, encourageant d’autres groupes victimes de racisme à revendiquer à leur tour pareille reconnaissance (islamophobie, négrophobie, romaphobie, etc.).

Elle risquerait surtout de fragiliser l’approche universelle et indivisible du combat antiraciste qui doit prévaloir, d’autant plus dans un contexte d’exacerbation des revendications identitaires ”, se justifie la CNCDH.

“ La deuxième raison relève davantage du texte de l’IHRA en lui-même. Ce dernier assortit une courte définition de l’antisémitisme, de plusieurs exemples censés l’illustrer pour orienter les travaux. Ainsi, est-il affirmé que “ les manifestations de l’antisémitisme peuvent inclure le ciblage d’Israël, conçu comme une collectivité juive ”, tout en étant précisé qu’ « une critique d’Israël similaire à celle menée contre n’importe quel autre pays ne peut être vue comme antisémite » ; vient ensuite une série de onze exemples contemporains d’antisémitisme, dont sept font directement référence à Israël.

En multipliant les occurrences à l’État d’Israël, il tend à s’écarter de son objet premier et propose une vision discutable de l’antisémitisme contemporain qui ne concorde pas avec celui qui s’exprime aujourd’hui en France.

En effet, l’enquête « CNCDH-SIG-IPSOS 2017 » nuance la thèse d’un “ nouvel antisémitisme ” sui generis (polarisé autour d’Israël et du sionisme) chassant l’ancien. Si elle confirme l’existence d’une “ nouvelle judéophobie ” qui s’articule autour d’une image négative d’Israël et de son rôle dans le conflit, celle-ci apparaît très minoritaire.

« S’il faut se montrer ferme et vigilant face aux dérives antisémites de certaines critiques à l’encontre d’Israël, il faut éviter toute instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme, et ne pas amalgamer à du racisme la critique légitime d’un État et de sa politique, droit fondamental en démocratie, mis en œuvre en Israël même par les opposants au gouvernement actuel », poursuit le rapport.

Rappelons que selon les textes officiels, “ la Commission nationale consultative des droits de l’homme assure, auprès du Gouvernement, un rôle de conseil et de proposition dans le domaine des droits de l’homme, du droit international humanitaire et de l’action humanitaire. Elle assiste le Premier ministre et les ministres intéressés par ses avis sur toutes les questions de portée générale relevant de son champ de compétence tant sur le plan national qu’international. Elle peut, de sa propre initiative, appeler publiquement l’attention du Parlement et du Gouvernement sur les mesures qui lui paraissent de nature à favoriser la protection et la promotion des droits de l’homme. La commission exerce sa mission en toute indépendance ”.

 

Le Parti Anti Sioniste salue l’intervention française au Comité des Représentants permanents de l’UE, qui met à mal la politique de manipulation mise en œuvre par le lobby pro-israélien afin d’amalgamer l’antisionisme et l’antisémitisme.

La France et les autres pays européens doivent continuer à s’opposer fermement à ces manigances, et à toute tentative de faire « adopter » une définition visant à interdire toute critique de l’entité sioniste israélienne et de ses crimes.

Nous appelons les responsables français, et tous ceux des États membres de l’Union européenne, à refuser clairement cette « définition », et à empêcher l’entité criminelle israélienne de s’ingérer dans nos affaires intérieures pour dicter sa loi injuste et dérouler sa propagande en toute liberté.