La France épinglée pour sa répression des gilets jaunes

Alors que notre président se permet de donner des leçons de démocratie et de liberté à son homologue vénézuélien Nicolas Maduro, tout en s’affichant sourire aux lèvres auprès du très « démocratiquement élu » maréchal Abdel Fattah al-Sissi, deux rapports viennent d’épingler sa gestion de la crise des gilets jaunes, alors qu’un syndicat de policiers dénonce quant à lui des ordres hiérarchiques allant dans le sens d’une répression impitoyable des manifestants.

En effet, la Ligue française des droits de l’Homme (LDH) vient d’établir un rapport accablant contre les forces de maintien de l’ordre lors des manifestations des Gilets jaunes. Le rapport « d’observation sur les pratiques du maintien de l’ordre » note qu’« au fil des manifestations observées entre le 15 décembre 2018 et le 15 janvier 2019, nous avons observé un maintien de l’ordre très agressif, avec un usage extrêmement important des lanceurs de balles, grenades à main et grenades lacrymogènes instantanées ».

« Un tel niveau d’usage n’avait jamais été observé », notent les auteurs du rapport.

La LDH relève que les armes utilisées par les forces de sécurité sont cataloguées comme armes de guerre, soulignant que « les tirs de grenades et de lanceurs de balles sont de plus en plus souvent des tirs tendus », si bien qu’il y a « de nombreux blessés liés aux impacts de palets des grenades lacrymogènes ou à l’explosion des grenades à main ».

La Ligue des droits de l’Homme constate un « usage non justifié ou non proportionné et donc dangereux » de ces moyens de répression, « en méconnaissance » des instructions y afférentes.

Relevant des abus commis par des agents du maintien de l’ordre, la LDH dénonce des violences policières caractérisées par des « coups de matraque répétés dans les jambes et le dos », le recours au gaz lacrymogène « en spray dans les yeux à 20 cm », des « arrestations violentes malgré la dispersion des manifestants », des « jets de pavés » et des « violences sur des personnes au sol ».

Pour la LDH, ces faits sont caractéristiques d’un « manque de contrôle des forces de l’ordre » et de « comportements fautifs ».

Après la Ligue des droits de l’Homme, c’est le Conseil de l’Europe qui a également taclé le gouvernement français pour les opérations lancées contre les manifestations de Gilets jaunes.

La commissaire aux droits de l’Homme, Dunja Mijatovic, qui s’est rendue à Paris le 28 janvier pour évoquer les questions de droits de l’Homme dans le contexte du mouvement des Gilets jaunes, s’est dite alarmée par le « niveau élevé de tension qui prévaut actuellement en France ».

Elle a indiqué « s’inquiéter en particulier du grand nombre de personnes blessées, certaines très gravement, dans les manifestations ou en marge de celles-ci, notamment par des projectiles d’armes dites de défense intermédiaire telles que le lanceur de balles de défense », indique une déclaration du Conseil de l’Europe.

Lors de son déplacement, Dunja Mijatovic a entendu les préoccupations exprimées par ses interlocuteurs concernant les violences, et, tout en regrettant les blessés parmi les policiers, s’est dite préoccupée « par le nombre et la gravité des blessures résultant de l’usage de la force par les forces de l’ordre ».

Des forces de l’ordre qui commencent désormais à réagir, refusant d’endosser le masque du bourreau face au peuple dont ils se sentent pourtant fort solidaires.

Ainsi, dépité par le silence des syndicats, un collectif de policiers de terrain, le Collectif autonome des policiers d’Ile-de-France (CAP-IDF), s’inquiète dans une publication Facebook datée du 28 janvier, de la tournure que prennent la crise et le maintien de l’ordre que lui oppose le gouvernement.

« Nos états-majors nous ont donné carte blanche pour nettoyer les rues, les directives ont été jusqu’à aujourd’hui des plus claires : « Force doit rester à la loi, dégagez-nous tout ça ! » Nous en voyons les résultats.

Plus de 1 000 blessés dans nos rangs, tandis que les Gilets jaunes en comptabilisent plus de 1 600 », déplore le collectif dans sa publication.

Le groupe de policiers dénonce les décisions prises par le gouvernement et le ministère de l’Intérieur et déplore le silence des « syndicats de police majoritaires qui ne pipent mot » avant de prévenir : « Les grenades sont dangereuses, nos lanceurs de patates (LBD) sont dangereux. Quand nombre de policiers sont considérés tout aussi dangereux, il serait opportun de réfléchir sur la suite à donner quant à la gestion opérationnelle et politique de ce mouvement. Puisque le couperet s’approche encore un peu plus de nos têtes, chers collègues, ne serait-il pas mieux d’éviter toute utilisation de ces armes et de refuser d’aller au contact dans ces conditions dantesques et de défiance d’une hiérarchie lâche ? »

Concernant les opérations de maintien de l’ordre dans la capitale et les grandes villes de France, le CAP reconnaît volontiers les dérapages, mais rappelle que les comportements sur le terrain correspondent à des ordres : « Nous, on écoute les collègues et on sent bien que quand les patrons nous disent : « Nettoyez tout ça », certains se sentent pousser des ailes… Et ils y vont. La hiérarchie ne peut pas plaider l’innocence à cet égard, parce qu’ils entendent les conférences radio en direct dans les manifestations. Pour les préfets et les ministres, c’est pareil. »

Pour conclure, le CAP prévient dans une phrase inquiétante : « Il va se passer quelque chose de grave, on le sait », une allusion à peine voilée qui rappelle que l’ombre de Malik Oussekine plane dangereusement au-dessus de chaque manifestation, et qu’en cas de bavure armée, personne ne sait quelle tournure prendront les évènements.

 

Le Parti Anti Sioniste désapprouve la gestion autoritaire et répressive de la crise des gilets jaunes, de la part du pouvoir, qui ne fait que mettre de l’huile sur le feu et attiser une situation déjà préoccupante.

Au lieu de donner des leçons de démocratie au monde entier, nos responsables feraient mieux d’être attentifs aux revendications de leur peuple et de ne pas ordonner aux forces de l’ordre d’user de répression envers de simples citoyens venus manifester pour une vie meilleure.

La présence d’une minorité de casseurs ne doit pas être une excuse pour permettre cette répression impitoyable dont la faute n’incombe pas totalement aux policiers, qui expliquent clairement qu’ils ne font qu’exécuter les ordres donnés par leur hiérarchie. 

Ceci dit, il est également clair que rien n’oblige un agent des forces de l’ordre à faire usage de son arme sur une foule désarmée et non-menaçante, quels que soient les ordres qu’il ait pu recevoir.

Il est temps que nos policiers et gendarmes protègent les citoyens, faibles victimes d’un système injuste et prédateur, au lieu de servir de boucliers à ce même système oligarchique.

Un système qui bien sur s’arrange, à travers ses directives autoritaires et violentes, pour augmenter la cassure entre citoyens et forces de l’ordre, afin que ces dernières ne puissent pas se rallier à la population, danger suprême pour l’Élite dirigeante.

Nul doute que lorsque ce jour arrivera, le peuple saura rappeler à certains leurs comportements et leurs prises de position.