Israël / Pays du Golfe, une normalisation qui passe par le business des technologies de surveillance

L’affaire Khashoggi, qui a défrayé la chronique il y a peu, n’en finit pas de livrer ses secrets et de mettre à jour les liens entre les dictatures du Golfe et le régime criminel de Tel-Aviv.

On a ainsi appris il y a quelques semaines, l’implication d’une société israélienne dans le meurtre du journaliste saoudien, opposant au prince héritier Mohamed ben Salman, que certains appellent désormais le « désosseur » ou encore  » le tronçonneur ».

Cette information a été révélée initialement par le lanceur d’alerte et ex-employé de la NSA recherché par les USA, Edward Snowden : « Le logiciel aurait été installé sur le téléphone d’un autre dissident saoudien exilé qui était en relation étroite avec le journaliste. D’une efficacité absolue, ce virus appelé Pegasus peut débloquer n’importe quel téléphone portable via un hameçonnage. Après l’ouverture d’un lien, il s’installe silencieusement et enregistre toutes les communications, interactions et emplacements d’un smartphone », affirme Snowden dans une vidéo.

En effet, ce logiciel permet, une fois que le terminal est infecté, d’intercepter les communications téléphoniques de la cible, de siphonner ses mails ou ses conversations sur Facebook, de déclencher le micro ou la caméra à distance pour capter l’activité alentour.

Dans un article daté du 21 Novembre intitulé : « Quand des Israéliens vendent des logiciels espions à l’Arabie Saoudite », Thierry Oberlé, correspondant du quotidien français « le Figaro » à Jérusalem occupée, appuie la thèse du célèbre lanceur d’alerte, et analyse en détail les ventes de matériel d’espionnage et de surveillance par Tel-Aviv aux pays du Golfe, notamment à l’Arabie Saoudite, pour traquer leurs dissidents.

« Le Figaro » se réfère aux informations de « Haaretz », qui a publié une enquête sur le sujet. D’après elles, d’autres systèmes d’espionnage téléphonique ont été vendus par Israël à Bahreïn, un « royaume où la population à majorité chiite est dirigée par une maison royale sunnite ». Le journal cite le cas de Nabil Rajab, également victime des logiciels-espions israéliens, qui a été condamné à cinq ans de prison à la suite d’une série de tweets critiques à l’égard de Manama.

Le quotidien « Haaretz » a rapporté à ce propos, dimanche 25 novembre dernier, que NSO Group Technologies, la société israélienne de cyber-sécurité qui figure parmi les leaders mondiaux des logiciels d’espionnage, aurait négocié un accord de plusieurs millions de dollars pour fournir au régime saoudien la technologie de piratage de smartphone, « Pegasus ».

Les représentants du groupe NSO technologies auraient tenu, toujours d’après le journal sioniste, une série de réunions en 2017 à Vienne et au moins dans un pays du Golfe, au cours desquelles un contrat de 55 millions de dollars aurait été négocié pour fournir à l’Arabie le logiciel « Pegasus ».

En août 2016, le groupe de recherche Citizen Lab, de l’Université de Toronto, a découvert que l’outil avait notamment servi à espionner des journalistes et des avocats mexicains, ou encore un employé d’Amnesty International.

« Pegasus » a également été utilisé contre le défenseur des droits humains émirien Ahmed Mansoor, lauréat du prix Martin Ennals, qui est emprisonné aux Émirats arabes unis depuis mars 2017.

En août dernier, le « New York Time » révélait de son côté, après des plaintes déposées en Israël et à Chypre, que les Émirats arabes unis avaient fait affaire avec NSO dès 2013, et ciblé grâce à « Pegasus » un prince saoudien et des dizaines de membres de la famille royale qatarie.

En septembre dernier, « Citizen Lab » indiquait qu’au moins 36 gouvernements utilisaient les services du groupe NSO, ajoutant que des infections dues au logiciel « Pegasus » ont été découvertes au Canada, en Grande-Bretagne, en France, en Algérie et au Maroc, en plus de la Turquie, du Liban, de l’Égypte, du Qatar et du Bahreïn.

Dans de nombreux pays, les organes chargés de l’application des lois utilisent la surveillance secrète à des fins de sécurité nationale, or dans de nombreux cas, les activités de surveillance sont menées d’une manière contraire aux dispositions du droit international relatif aux droits humains. Les outils tels que « Pegasus » posent tout particulièrement problème du point de vue des droits humains, par le fait qu’ils sont extrêmement intrusifs.

Des accusations auxquelles, NSO Group Technologies a répliqué en affirmant agir « conformément à la loi » et vendre des produits utilisés « dans la lutte contre la criminalité et le terrorisme », tout en affirmant qu’il était impossible de suivre l’usage que les états faisaient de ces outils, une fois ceux-ci vendus.

L’entité criminelle israélienne, en plus d’être experte dans l’assassinat de civils désarmés, est devenue le leader mondial du commerce des outils de surveillance et d’interception des communications. Cette industrie, portée par de nombreuses start-ups de l’entité sioniste, connaît actuellement une très forte croissance, avec des technologies de surveillance qui s’exportent très bien, notamment dans la région du Moyen-Orient.

Cela participe à nourrir la « normalisation » des relations entre l’entité criminelle israélienne et les dictatures monarchiques du Golfe, dont certaines sont déjà équipées intégralement pour espionner dissidents ou opposants et opprimer leur peuple.

En réalité, « le volume et la vaste gamme des activités israéliennes dans au moins six États du Golfe est de plus en plus difficile à cacher », affirme un article mis en ligne par le site de « l’Express » en février 2017, ajoutant qu’ « un entrepreneur israélien a créé des entreprises en Europe et aux États-Unis qui ont mis en œuvre plus de 6 milliards de dollars d’infrastructures de sécurité dans les Émirats arabes unis, en employant des ingénieurs israéliens ».

Ainsi, de nombreuses entreprises israéliennes opèrent dans le Golfe, à travers des sociétés écrans, dans le domaine de la protection des infrastructures, de la cyber-sécurité et de la collecte d’informations secrètes. Aujourd’hui, dans cette région, seuls le Liban, l’Irak, l’Iran et la Syrie n’ont aucun lien commercial avec l’entité coloniale israélienne, en totale cohérence avec la volonté de leurs populations.

Le Parti Anti Sioniste condamne ces liens étroits qui existent entre le régime criminel israélien et le non moins criminel régime saoudien ainsi que ses alliés du Golfe. Des liens qui permettent aux sionistes de fournir à ces dictatures du matériel high-tech permettant l’oppression et la surveillance étroite de leurs peuples.

Une normalisation de fait entre ces régimes siamois, désormais dévoilée au grand jour. Ils sont ainsi liés dans une complicité macabre et un destin funeste… celui de disparaître ensemble dans les poubelles de l’Histoire.