Golan occupé: Damas prêt à la guerre

Les troupes syriennes arborent le signe de la victoire depuis une colline de la province de Deraa, près des hauteurs du Golan, sur une photo publiée le 24 juillet 2018. ©AP

« Damas n’hésitera pas une seconde à contrer les tentatives d’Israël d’occuper les hauteurs du Golan, qui est syrien et qui le restera », a déclaré la diplomatie syrienne. Cette déclaration laconique vaut son pesant d’or.

Alors que la campagne électorale bat son plein en Israël et que Netanyahu, ainsi que tous les autres challengers d’ailleurs, promet l’annexion du Golan à Israël, cette déclaration témoigne de la rapide évolution de la situation sur le terrain.

Malgré la terrifiante tuerie israélienne, perpétrée par Daech interposé, en juillet dernier à Soueïda où vit une population à majorité druze, et où de nombreuses jeunes filles ont été kidnappées, le Golan qu’Israël occupe depuis quatre décennies lui échappe totalement.

Après la libération de Deraa et de Soueïda, les druzes du Golan ne tiennent plus sur place. Ils veulent un retour à l’État syrien. Ce sont ces mêmes druzes qui ont largement boycotté les dernières élections organisées par Israël. Ce sont toujours ces mêmes druzes qui ont poussé le régime israélien à ouvrir les frontières avec le sud syrien et ce sont justement ces mêmes druzes qu’Israël, rompant avec sa bienveillance factice, harcèlent depuis peu pour qu’ils enregistrent leurs titres de propriétés auprès des officines israéliennes.

Lors d’une rencontre avec le général major Kristine Lund, commandant de la force de maintien de la paix de l’ONU à Chypre et la délégation qui l’accompagnait (c’est à Chypre que se situe le QG israélo-européen, NDLR), Fayçal Meqdad, vice-ministre syrien des Affaires étrangères a déclaré que la Syrie poursuivrait sa lutte contre les groupes terroristes. La priorité pour Damas est d’établir la stabilité et la sécurité dans tout le pays, mais aussi d’atteindre la paix dans tout le Moyen-Orient. Or, ces groupes terroristes sont ceux qu’Israël reconnaît avoir soutenus, formés, financés depuis 2011.

En effet, à l’approche des élections législatives en Palestine occupée, le parti Bleu Blanc, rival du Likoud, tout comme les autres formations politiques, se sont livrés à des manœuvres médiatiques vaines autour du Golan occupé, sans doute pour récolter quelques voix de plus et ce, sur des tentatives au Congrès US par le lobby pro-israélien de faire passer un texte soutenant l’annexion du Golan occupé par Israël.

Cité par Sputnik, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères a souligné la nécessité de l’arrêt des violations des résolutions des Nations unies par Tel-Aviv et la fin du soutien de ce régime aux groupes terroristes, ce qui mine la stabilité de la région et menace la paix internationale. En effet, le responsable syrien relève là une question centrale : la poursuite de l’occupation du Golan facilite les ingérences militaires israéliennes en Syrie.

« C’est pour cette raison que la Syrie n’hésitera pas une seconde à contrer les tentatives d’Israël et de ses mercenaires de poursuivre l’occupation du Golan qui appartient à la Syrie », a noté Fayçal Meqdad.

Dans le cadre de la poursuite des plans de judaïsation du Golan occupé, l’office d’enregistrement de biens fonciers d’Israël a commencé à faire pression sur les habitants du Golan occupé pour qu’ils déclarent leurs champs et leurs terres.

Situé dans l’extrême sud-ouest de la Syrie et à seulement 70 km de Damas, les hauteurs du Golan font partie, selon les divisions administratives, de la province syrienne de Quneïtra.

Suite à la guerre des six jours en 1967, le régime d’Israël a occupé une grande partie de cette région stratégique syrienne où se trouvent eau, gaz et pétrole. Parallèlement aux agissements médiatiques et électoralistes en Israël, la presse israélienne a évoqué le déploiement de la division 5 de l’armée syrienne dans le Golan.

Ces sources, qui voient le Hezbollah partout, prétendent que la division emploie dans ses rangs les combattants du Hezbollah. Mais le régime de Tel-Aviv appréhende plus encore  les combattants de la Résistance irakienne, du mouvement Al-Nujaba, qui ont créé en 2016 l’ Armée de Libération du Golan. Ce mouvement, fer de lance de la lutte contre Daech, vient d’être placé par les États-Unis sur liste noire.