Gaza : la résistance populaire bouscule les prévisions électorales de Netanyahu

Hassan Lafi, écrivain palestinien et expert des affaires israéliennes a écrit récemment dans un article paru sur le site web de la chaîne libanaise « Al-Mayadeen », que les habitants de la bande de Gaza avaient compris qu’en poursuivant les manifestations dans le cadre de la Marche du grand retour, ils augmenteraient la pression sur le régime israélien et lui lanceraient un défi.

En effet, les manifestations sont une source d’inquiétude pour les colons, ils sentent leur précieuse sécurité menacée, ce qui augmente les chances de leur retrait des colonies érigées autour de Gaza.

Rappelons que le 12 octobre dernier, dans le cadre de la Marche du grand retour, la jeunesse palestinienne s’est exercée au tir à l’arc en créant une nouvelle unité, l’unité de tir à l’arc. Les activistes de cette unité ont tiré des flèches enflammées en direction des militaires israéliens dans la bande de Gaza à l’aide d’arcs et d’arbalètes, selon l’agence de presse MAA.

Les Palestiniens avaient auparavant formé des unités baptisées « Kushuk » (pneus de voiture), « cerfs-volants incendiaires » et « cauchemars nocturnes ».

D’abord, ils ont assemblé des milliers de pneus pour les brûler pendant les manifestations. La fumée qui s’en dégageait réduisait, de manière significative le champ de vision des snipers israéliens. Ensuite, ils lançaient des cerfs-volants incendiaires sur les colonies juives dans les territoires occupés à la frontière de Gaza. Et enfin, dans le but de créer la panique chez les militaires et les colons israéliens habitant non loin de Gaza, les manifestants faisaient du bruit, à la tombée de la nuit.

Aussi, la légitime et courageuse résistance des Gazaouis a-t-elle totalement compromis les prévisions électorales du criminel de guerre Benjamin Netanyahu !

Notons que la poursuite des manifestations a entraîné l’armée coloniale dans une guerre d’usure dans le sud de la Palestine occupée, alors qu’avec la loi définissant Israël comme l’« État-nation du peuple juif », dénoncée par les minorités et l’opposition, le Premier ministre israélien accentue intentionnellement les clivages pour donner le ton aux prochaines élections, c’est ce qu’estiment des experts, alors que la campagne électorale n’a même pas encore été lancée.

Il s’avère que dans de pareilles circonstances, le Premier ministre israélien n’a devant lui que trois options :

La première étant le silence, mais comme les manifestations s’étendent vers d’autres parties de la Palestine, les chances de Netanyahu aux prochaines élections s’amenuisent, sérieusement.

La deuxième consiste à réduire la crise humanitaire à Gaza en concluant un accord de cessez-le-feu en contrepartie de l’annulation du blocus. Dans ce cas-là, Netanyahu n’est pas prêt à payer les frais de la levée du blocus de Gaza. Il serait alors perçu aux yeux de ses congénères sionistes comme un homme ayant été vaincu par la résistance de Gaza.

La troisième se résume à prendre des mesures unilatérales et à collaborer avec la communauté internationale pour réduire la crise humanitaire à Gaza.

Il existe des signes avant-coureurs du consentement de l’organisation militaire israélienne et de Netanyahu à cette option. L’accord sur la hausse de fourniture d’électricité à la bande de Gaza avec le soutien du Qatar et la médiation des Nations unies en est une preuve manifeste.

Cette mesure n’a toutefois pas fait changer la  ligne de conduite des Palestiniens quant à la poursuite et au maintien des manifestations pour trouver des solutions pratiques à la crise humanitaire que traverse la population de Gaza.

Il est donc évident qu’avancer vers l’option de guerre peut aisément provoquer un changement politique en Israël, changement qui ne saurait être dans l’intérêt de Netanyahu, ni dans celui du parti Likoud.

Au vu de la situation, ce qui est certain c’est que l’armée israélienne ne pourra jamais être la partie victorieuse de la guerre, d’autant qu’elle n’a pas conscience du niveau des échelons qu’il lui faudra gravir pour arriver à la victoire.

La pire erreur que peut commettre un régime despotique et son armée, est de négliger ou de mésestimer la volonté et la détermination du peuple qu’ils oppriment, car elles représentent le petit caillou, qui, pris dans les rouages des systèmes iniques, les font choir.

Après toutes ces décennies d’injustices, de génocide et de crimes les plus odieux commis par les responsables sionistes et leur armée criminelle, le peuple palestinien a appris que la seule voie à emprunter était celle de la résistance.

Peut-être même que certains sionistes constatent qu’aucune victoire ne saurait être envisageable pour eux face à l’opiniâtreté populaire, sachant que ce sont les civils palestiniens qui paient le plus lourd tribut en vies humaines.

Ce sang coulé ne saurait être vain. Il érige, doucement mais sûrement, une victoire dont les prémices se dessinent à l’horizon pour ceux qui savent regarder..