France : Poursuite des ventes d’armes à l’Arabie saoudite

Lundi, la France s’est refusée à dire si elle entendait suspendre ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite, alors que M. Peter Altmaier, le ministre allemand de l’Économie a appelé tous les Européens à cesser de vendre des armes à Riyad tant que les autorités saoudiennes n’auraient pas fait toute la lumière sur le meurtre du journaliste saoudien, Jamal Khashoggi.

Mardi 23 octobre, le président français, Emmanuel Macron rendait visite au salon des industries navales de défense au Bourget, près de Paris, lorsque des journalistes lui ont demandé si Paris comptait suspendre ses ventes d’armes à Riyad à l’instar de Berlin, il a répondu sèchement :

« Mon agenda n’est pas dicté par les médias, que ça vous plaise ou non. Je suis sur un autre sujet. Ça n’a rien à voir avec le sujet qu’on est en train de traiter. Rien. Rien. Donc je n’y répondrai pas. Je regrette. Ça continuera tant que je serai à la place à laquelle je suis. Que ça plaise ou que ça déplaise.»

Répondant à une une seconde question sur le sujet, il dit :

« Ce n’est pas parce qu’un dirigeant dit quelque chose que je suis censé réagir à chaque fois. Et donc je ne vous répondrai pas.»

Interrogé sur la prise en compte ou non de Paris de l’appel de Berlin, le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères, Olivier Gauvin a déclaré que la politique française de contrôle des ventes d’armes était stricte et reposait sur une analyse au cas par cas réalisée par un comité interministériel. Lors d’un point de presse, il a déclaré sans plus de précision :

« Les exportations d’armes en Arabie saoudite sont examinées dans ce contexte.»

Rappelons que Paris et Riyad entretiennent des relations diplomatiques et commerciales étroites dans les domaines de l’énergie, des finances et des armes. De plus, la France soutient Riyad dans sa campagne d’agression contre le Yémen.

Selon les données du ministère de la Défense française, de 2008 à 2017, l’Arabie saoudite a été le deuxième acheteur d’armes françaises avec des transactions d’un montant total de plus de 11 milliards d’euros (12,6 milliards de dollars). En 2017 seulement, des licences d’une valeur potentielle de 14,7 milliards d’euros ont été approuvées à Riyad.

Vendredi, tentant de minimiser l’importance des relations avec Riyad, le président Emmanuel Macron a affirmé que l’Arabie saoudite n’était pas un client important de la France, bien que son ministre de la Défense ait déclaré aux législateurs que ces ventes d’armes étaient cruciales pour les emplois français.

Sous couvert de l’anonymat, un ministre a déclaré que l’influence de la France dans la région était en jeu et qu’il était essentiel que le prince héritier Mohammed ben Salmane conserve son poste.

Il a déclaré :

« Le défi consiste à ne pas perdre MBS, même s’il n’est pas un garçon de morale. Une perte d’influence dans la région nous coûterait beaucoup plus que le manque de vente d’armes.»

On remarque que le refus d’Emmanuel Macron à se prononcer sur une possible suspension des ventes d’armes françaises à l’Arabie saoudite, en raison des interrogations qui demeurent autour de la mort du journaliste Jamal Khashoggi a provoqué de vives réactions sur les réseaux sociaux.

De plus, sa réponse aux journalistes au Borget n’a pas tardé à faire le buzz sur Twitter, en effet, plusieurs internautes, y compris des femmes et des hommes politiques ont, vivement critiqué son attitude.

Nous trouvons, également que les propos tenus par Macron aux journalistes ne sont point adéquats et bien en-deça du niveau requis.

Il n’est pas difficile de deviner les raisons qui poussent le gouvernement à ne pas se prononcer sur le question des ventes d’armes au régime criminel saoudien malgré l’assassinat du journaliste opposant dans son consulat à Istanbul.

Beaucoup de milliards sont en jeu, la position de la France au Moyen Orient exige de garder le prince héritier à son poste même s’il commet les pires des crimes, ce qui est le cas.

Le profit prévaut sur le reste, la morale, l’étique sont des sujets qu’on sortira, hypocritement pour d’autres occasions…