Fermeture du Centre Zahra : « Une entorse à l’exercice de la liberté religieuse » !

En visite en France sur invitation du gouvernement, du 14 au 23 mai 2018, la Rapporteuse spéciale des Nations-unies sur la protection des droits de l’Homme dans le contexte de la lutte antiterroriste, Mme Fionnuala Ní Aoláin, a fait part de sa préoccupation quant à l’impact des lois antiterroristes sur l’exercice des droits de l’homme fondamentaux, tels que le droit à la liberté, au respect de la vie privée et à la liberté d’association, de mouvement et de religion.

Selon elle , « la communauté musulmane française est celle qui a été principalement visée par des mesures d’exception, aussi bien pendant l’état d’urgence qu’à l’heure actuelle dans le cadre de la nouvelle loi de novembre 2017, assortie d’autres mesures antiterroristes », soulignant, à titre d’exemple, la fermeture de mosquées comme une entorse à l’exercice de la liberté religieuse.

 Donc, pour cette experte de l’ONU, il semblerait que la décision prise par le Préfet du Nord, M. Lalande (ex-Directeur de cabinet du Ministre de l’intérieur), de fermer le Centre Zahra, constituerait « une violation des droits humains fondamentaux et des libertés civiques ».

Elle s’est également inquiétée quant à l’insuffisance de contre-pouvoirs, propres à protéger les droits des personnes sujettes à des mesures administratives, en particulier à l’égard de leurs droits à la liberté de mouvement, au respect de la vie privée, à la vie de famille et à la liberté de croyance et de pratique religieuses.

L’inquiétude de cette experte semble légitime puisque 10 familles membres du Centre Zahra, dont certaines avec des enfants en bas âges, ont été violemment réveillées le 2 octobre dernier et tenues en joug pendant plusieurs heures, tandis qu’une perquisition musclée était effectuée à leur domicile.

De plus, un père de famille est encore injustement incarcéré depuis le 2 octobre dans l’attente de son procès, au motif d’oubli de déclaration de possession d’armes…. Une mesure totalement disproportionnée, au regard de cette infraction.

Elle reconnait « le droit de l’État d’adopter légalement des restrictions visant à protéger l’ordre public, mais leur caractère exceptionnel est clairement remis en cause lorsque des mesures antiterroristes entrainent des conséquences profondes, durables et potentiellement disproportionnées pour l’exercice des droits humains fondamentaux et des libertés civiques. »

« La France doit continuer à œuvrer en un véritable partenariat avec tous ses citoyens et prendre des mesures spécifiques pour prévenir un tel amalgame, ce qui implique notamment l’adhésion aux meilleures pratiques en matière de contrôles indépendants, de consultation des communautés, de prévention et de réparations lorsque des violations des droits de l’homme ont été perpétrées par voie judiciaire ou administrative. »

Pour finir, Mme Ní Aoláin a souligné que « les mesures antiterroristes adoptées par la France devaient s’appuyer sur le droit international, y compris les droits de l’homme, le droit humanitaire et le droit relatif aux réfugiés, et s’y conformer, et de traiter non seulement les manifestations du terrorisme, mais aussi des conditions propices menant à sa propagation. »

Ce dernier point est le cheval de bataille du Centre Zahra France et du Parti Anti Sioniste : mettre en garde les volontaires au Djihad, en Syrie ou ailleurs, en leur expliquant que la voie du terrorisme est contraire à l’Islam et que le Djihad concerne avant tout « la lutte contre l’ego ».