Emmanuel Macron s’ingère dans les affaires irakiennes

Après la déclaration du ministère français des Affaires étrangères qui souhaitait le désarmement du Hezbollah, voilà que le président français Emmanuel Macron a dit vouloir le démantèlement des forces héroïques du Hachd al-Chaabi, lors d’une conférence de presse, samedi 2 décembre dernier à l’Élysée, conjointement avec Netchirvan Barzani, le Premier ministre du Kurdistan irakien.

En effet, en s’immisçant de la sorte dans les affaires irakiennes, Emmanuel Macron bafoue la Constitution française, qui stipule de ne pas intervenir dans les affaires intérieures des autres pays. C’est ce que n’a pas manqué de rappeler le vice-président irakien, Nouri al-Maliki, dont la réaction ne s’est pas faite attendre, dénonçant ainsi les dires du président français au sujet des Unités de mobilisation populaire d’Irak (Hachd al-Chaabi), les qualifiant de violations de la souveraineté de l’Irak.

Ceci dit, le vice-président irakien a néanmoins renouvelé

« la volonté de Bagdad pour coopérer avec tous les pays amis dans la lutte contre le terrorisme tout en rappelant que son pays ne tolérerait pas qu’un pays quelconque s’efforce d’imposer ses idées et positions au peuple irakien ».

Sollicitant les groupes politiques irakiens à s’unir et à adopter une position ferme pour faire face à toute immiscion étrangère, Nouri al-Maliki a indiqué :

« les forces de l’armée, de la police fédérale, des Hachd al-Chaabi et les combattants des tribus luttent ensemble, sur un même front, contre le terrorisme ».

En réponse aux déclarations du président français, le porte-parole du bureau du Premier ministre Haïder al-Abadi, a rétorqué que :

« les Hachd al-Chaabi font partie de l’appareil sécuritaire du pays et elles sont reconnues par le Parlement irakien en tant que force militaire officielle. La décision du Parlement s’inscrit dans le sens des intérêts nationaux de l’Irak.
Il faut respecter les prérogatives du gouvernement fédéral dans la gestion des affaires du pays. Bagdad s’attend à ce que les autres pays respectent la souveraineté irakienne et l’indépendance d’action des responsables irakiens pour décider des affaires de leur pays ».

Deux jours à peine après les déclarations d’Emmanuel Macron, le lundi 4 décembre, au Conseil syndical des enseignants arabes, le premier ministre irakien Haïdar al-Abadi a désapprouvé les dire du président français, en applaudissant avec fierté « le rôle crucial qu’a joué les Hachd al-Chaabi dans les combats contre les terroristes en Irak » et d’ajouter « Nous avons réussi à vaincre le terrorisme grâce au rôle crucial de l’armée et des Hachd al-Chaabi (Unités de mobilisation populaire) ».

Puis, il a indiqué « le rôle de la culture et de la mobilisation culturelle du peuple pour lutter contre la corruption dans le pays et cela en prenant exemple sur l’action efficace de l’armée et des Hachd face au fléau du terrorisme ».

Rappelons qu’en 2014, l’Irak fut envahi par les terroristes de Daesh, qui, voulant s’emparer de la capitale, se sont vus mettre en échec par les forces de mobilisation populaire et l’armée, qui ont ainsi récupéré des mains de Daesh les villes colonisées.

Le Parti Anti Sioniste se demande quel est l’intérêt pour la France d’exiger le démantèlement des Hachd al-Chaabi.
De quel droit le chef de l’État français se permet de faire une telle requête concernant un pays souverain ?
Après avoir exprimé le vœu de voir désarmer le Hezbollah, protecteur du Liban, c’est la Résistance irakienne dont on demande la disparition !
De quel côté se trouve la France? De celui des terroristes ?
Au vu de tels propos, nous sommes en droit de nous poser ces questions.
Nous soutenons et félicitons les héroïques forces irakiennes d’être venues à bout des barbares de Daesh, et appelons le gouvernement français à plus de discernement dans ses prises de position.
À tant désirer la disparition de ceux qui ont combattu le fléau terroriste, nos dirigeants vont finir par susciter de sérieux doutes quant à leur volonté réelle de lutter contre Daesh and Co.