Du bon et du mauvais complotisme

Complotistes, conspirationnistes, théoriciens du complot, autant d’adjectifs pour désigner de manière péjorative tous ceux qui osent remettre en question les explications officielles établies par les pouvoirs publics et relayées par les grands médias d’information. 

Car on devrait le savoir : les journalistes et les politiciens nous disent toujours la vérité !

Aujourd’hui, tous ceux qui osent douter, ou émettre la moindre interrogation sur les versions officielles sont systématiquement discrédités et taxés d’adeptes du complotisme. Un anathème bien commode qui vise, on l’aura bien compris, à disqualifier toute pensée critique du système.

Oser affirmer que des États pourraient utiliser le terrorisme à des fins de manipulation de l’opinion ou dans le but de déclencher des guerres ? Impossible, élucubrations de cerveaux paranoïaques…

Expliquer que des puissances occidentales puissent fomenter des coups d’états dans des pays étrangers ? Des soulèvements pour provoquer la chute de gouvernements inamicaux ? Utiliser l’espionnage de masse contre leur population ? Mettre en place des programmes de manipulation de l’opinion ? Impossible, selon nos experts médiatiques, nos intellectuels et autres politiciens à la solde du système.

Se poser seulement la question nous plongerait inévitablement dans l’escarcelle complotiste et nous serions aussitôt taxés de cerveaux malades, de révisionnistes, de négationnistes, voire d’antisémites.

Dans les débats, disqualifier quelqu’un en le traitant de complotiste devient ainsi un anathème facile et bien pratique.

Pourtant, il est un fait que les États, les entreprises ou les individus possèdent des secrets, et utilisent parfois le mensonge et la manipulation pour atteindre leurs objectifs. Rien de nouveau sous le soleil, ceci existe depuis que le monde est monde. Il faut être inculte, naïf, ou de mauvaise fois pour l’ignorer.

Les attentats dits « false flags » (sous « faux drapeau ») sont aussi une réalité historique. Des groupes d’influence, des lobbies, agissent dans l’ombre pour influencer les prises de décisions en leur faveur. Que ce soit pour imposer une réglementation favorable à un secteur d’activité ou éliminer une loi qui met à mal ses intérêts, voire même pour imposer un projet socio-économique plus global tel la nouvelle religion de la mondialisation.

Malheureusement, les gens ont la mémoire courte, oubliant que l’Histoire du monde fourmillait de ces actions sous  « faux drapeaux » dont l’une des plus célèbres fut « l’opération Gladio », qui résultait d’un complot CIA/OTAN/MI6 pour lutter contre le communisme en Italie. L’opération a duré deux décennies et a utilisé les réseaux de stratégies dits « stay behind  » (rester derrière) créés par la CIA dans le cadre d’une « stratégie de la tension » qui a coordonné de multiples attaques terroristes de la fin des années 1960 jusqu’au début des années 1980 pour en faire ensuite porter le chapeau aux autres opposants politiques de gauche afin de stigmatiser le communisme. Une opération ayant impliqué de multiples attentats à la bombe qui firent des centaines de victimes innocentes, y compris des enfants, et dont l’attaque la plus emblématique et la plus effroyable  fut celle réalisée le 2 août 1980, dans la gare de Bologne, qui tua 85 personnes. Un complot qui a finalement été mis à jour essentiellement grâce aux révélations d’un juge italien, et dont le Premier ministre Andreotti a confirmé l’existence en 1990.

En matière de manipulations tactiques et de coups tordus, les exemples foisonnent : faux incident du Golfe du Tonkin qui a fourni aux USA le prétexte pour entrer en guerre contre le Vietnam, fameuse intox des troupes irakiennes retirant des bébés de leurs incubateurs dans les hôpitaux koweïtiens pour les laisser mourir par terre et qui a permis l’invasion de l’Irak par les soldats américains, coups d’états contre Mossadegh en Iran et Allende au Chili fomentés par la CIA, trafic de drogue facilité par cette même CIA dans les années 80 dont les profits ont permis de financer des opérations clandestines de guérilla en Amérique du Sud (les contras) pour lutter, ici aussi, contre l’influence communiste.

Plus proche de chez nous, l’affaire du « Rainbow Warrior », ce bateau appartenant à l’organisation écologiste Greenpeace, que les services français ont saboté lors d’une opération qui a fait un mort et éclaboussé la république.

Autant d’exemples de vrais complots, qui ne devraient pas nous pousser à en voir partout, mais qui justifient néanmoins le fait que l’on puisse se poser la question de savoir « à qui profite le crime ? » quand un évènement d’importance a lieu.

Mais comme nous l’explique un article publié dans la revue « FRUSTRATION » en juillet 2016, et intitulé « Contre la répression du complotisme, la critique réaliste des élites » :

« Le problème c’est qu’en stigmatisant les explications les plus simplistes on élimine au passage des théories réalistes qui décrivent elles aussi quelque chose comme l’action concertée d’un groupe d’individus contre l’intérêt général.

Ainsi, si l’on parle par exemple de l’action – pourtant avérée – des multinationales pour orienter la recherche scientifique ou les décisions politiques, on sera Complotistes. Si l’on s’interroge sur les raisons véritables des interventions militaires occidentales, on sera Complotistes. Si l’on dit que les grands bourgeois ont, en France, tout un tas de connexions politiques et administratives qui leur permettent de promouvoir leurs intérêts financiers et patrimoniaux, on tombera dans  « la théorie du complot ».

À la longue, cette stigmatisation du complotisme, en mettant dans le même panier des choses qui n’ont pourtant pas le même degré de réalité, discrédite toute critique des élites ».

Une Élite (politique, économique et scientifique) dont les membres ne se privent pourtant pas de sombrer également dans la théorie du complot lorsque cela les arrange…

DSK, Sarkozy, Polanski, Fillon, Macron, et bien d’autres personnages d’influence, ont tous hurlé au complot et à la tentative de déstabilisation lorsqu’ils ont eu à affronter les foudres de la justice… Et là, plus personne pour nous parler de « théorie du complot »…

Il y a quelques semaines à peine, on pouvait également assister sur la chaîne d’information CNews au numéro de Laurence Marchand-Taillade, fondatrice du très islamophobe et fumeux « Observatoire de la Laïcité du Val d’Oise », en plein délire complotiste, nous expliquer que les Gilets jaunes étaient en fait manipulés par le mouvement des “ Frères Musulmans ” égyptiens!!

Dans ce cas-ci également, personne pour rire au nez de cette affabulatrice et railler cette analyse ridicule, qui n’avait pour but que de stigmatiser une nouvelle fois la communauté musulmane.

Car le complotisme et les fake news foisonnent également dans les médias « main Stream », avec cette fois la complicité des journalistes aux ordres.

Ainsi, le 1er décembre dernier, en pleine manifestation des Gilets jaunes sur les Champs-Élysées, le journaliste Brice Couturier, officiant sur la radio publique « France Culture », balançait ce tweet aux relents complotistes : « Poutine est à la manœuvre. Une petite guerre civile en France ferait bien ses affaires ». Il remettait ça quelques jours plus tard ajoutant « je le répète: des puissances étrangères manipulent l’opinion pour créer le chaos ».

Le 9 décembre, l’ultra-sioniste islamo-obsessionnelle Caroline Fourest venait appuyer une rumeur faisant état de centaines de blogueurs à la solde de Moscou à l’œuvre pour amplifier la révolte jaune, et usait d’une rhétorique complotiste classique en raillant « la naïveté de certains commentateurs, leur incapacité à comprendre le rôle que peuvent jouer 600 faux profils relayant en boucle de fausses informations en pleine crise ».

Même notre très sérieux ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, affirmait que la France avait ouvert une enquête sur une possible ingérence russe derrière le mouvement de protestation des Gilets jaunes.

Le député LREM Florian Bachelier accusait, lui, Steve Bannon (l’ancien conseiller de Donald Trump) de manipuler les Gilets Jaunes. L’élu usait également d’une rhétorique conspirationniste très classique, expliquant qu’il fallait sortir de la  » naïveté  » et rejetant la possibilité du hasard :  » Vous croyez que c’est un hasard ? Pas du tout !  »

C’est pourtant le type de scénario que tous ces analystes à deux vitesses n’envisageaient  pas lors de la révolution de couleur ukrainienne, où il a été prouvé que des snipers avaient tiré sur les manifestants de la place Maidan, précipitant ainsi la chute du pouvoir pro-russe. Idem, dans le cas de la Syrie, où les manifestations avaient été infiltrées par des tueurs à la solde des puissances occidentales afin de faire chuter le gouvernement et plonger le pays dans le chaos.

Ainsi donc nos mass-médias relayent avec complaisance ces théories fumeuses mais surtout méprisantes, à l’égard du peuple français, qui serait incapable de se révolter sans être manipulé par des agents extérieurs.

En revanche, lorsque des personnes osent émettre des soupçons sur une possible volonté de récupération de l’attentat de Strasbourg par les autorités afin de stopper l’élan de la fronde des Gilets jaunes, ou que des intellectuels de l’envergure d’Emmanuel Todd ou de Jean-Claude Michea émettent simplement la possibilité que le pouvoir puisse noyauter les manifestants et attiser les violences afin de le discréditer, l’anathème « conspirationniste » leur est immédiatement lancé à la face par tous les éditorialistes, journalistes, et autres experts autoproclamés des « médias-mensonges ».

 

Le Parti Anti Sioniste s’insurge contre cette façon de discréditer tous ceux qui osent remettre en cause les vérités assénées par les agents du pouvoir et de l’Élite dirigeante.

S’il est vrai que certains peuvent voir des complots partout, à force d’avoir subi les mensonges et manipulations des médias aux ordres, d’autres voient des complotistes à tous les coins de rue.

En réalité, la ficelle est désormais trop grosse et on aura bien compris que dès que quelqu’un critique la politique internationale des États-Unis et d’Israël, ou ose démontrer l’influence omniprésente du sionisme au sein de nos institutions, ou encore la mainmise de la finance internationale sur l’économie mondiale, il se voit accusé de « théoricien du complot », avant même d’avoir eu le temps de développer ses arguments qui se basent pourtant sur des faits concrets.

Nous serions donc obligés de choisir la théorie de la coïncidence et de nous soumettre docilement aux explications officielles.

La seule solution consiste à débattre objectivement des faits, en confrontant les deux versions, sans prendre pour argent comptant les thèses des uns et des autres, tout en menant les vérifications nécessaires.

S’il y a une chose que le mouvement des Gilets jaunes a montré, c’est que le peuple n’était pas dupe de tout cela, et qu’il était loin d’être aussi peu intelligent que nos élites dirigeantes semblaient le penser.

Mais comment comprendre le peuple et son bon sens lorsqu’on ne le côtoie que dans un rapport de maître à esclave, pour cette hyper-classe de privilégiés dont l’arrogance confine tellement à l’aveuglement qu’elle n’a pas pu comprendre que les « sans-dents » (comme les aurait défini notre ex-président), étaient loin d’être des « sans cerveaux ».