Après l’UE, l’ONU condamne la répression des gilets jaunes

Alors que de nombreuses voix venant de toutes parts s’élèvent contre la répression du mouvement des « gilets jaunes » par les autorités françaises, le Parlement européen et les Nations unies ont dénoncé les restrictions à la liberté de manifester et l’usage excessif de la force.

Une résolution votée jeudi 14 février dernier par les députés européens condamnait la violence excessive employée par les forces de police à l’encontre des manifestants, et visait particulièrement la France, sans la nommer, en raison du nombre et de la gravité des blessures infligées par la police aux gilets jaunes.

Dans la foulée de cette résolution (votée par 438 voix pour, 78 contre et 87 abstentions), ce sont les experts de l’ONU qui ont à leur tour dénoncé les restrictions «disproportionnées» des droits des manifestants lors des mobilisations des Gilets jaunes.

En effet, dans un communiqué de presse diffusé jeudi 14 février, sur le site du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, un groupe d’experts indépendants de l’Onu, a indiqué que « le droit de manifester en France avait été restreint de manière disproportionnée lors des mobilisations des Gilets jaunes », et que « Paris devrait revenir sur ses politiques de maintien de l’ordre pour garantir l’exercice des libertés ».

Les experts soulignent que le fait de garantir l’ordre public pendant les mobilisations «implique la nécessité de respecter et de protéger les manifestants qui se rendent pacifiquement à une manifestation pour s’exprimer».

Dénonçant le nombre d’interpellations, de gardes à vue, de fouilles et de blessés, les experts s’inquiètent «de constater qu’après des semaines de manifestations, les restrictions et tactiques de gestion des rassemblements et le recours à la force ne se sont pas améliorés». Ils critiquent en outre l’«usage disproportionné» dans les manifestations d’armes dites « »non-létales », tels que les grenades et les lanceurs de balles de défense».

La dernière loi dite «anticasseurs», votée par l’Assemblée nationale le 5 février, a également été stigmatisée par ce comité d’experts. Pour eux, certaines dispositions ne seraient pas conformes avec le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. «Des dispositions [qui] pourraient être appliquées de manière arbitraire et conduire à des dérives extrêmement graves», argumentent-ils.

Les experts ont conclu en encourageant «les autorités françaises à ouvrir des voies de dialogue afin d’atténuer le niveau de tension et de reconnaître le rôle important et légitime que les mouvements sociaux jouent dans la gouvernance».

L’État français a répondu à la colère populaire exprimée par les Gilets jaunes avec une répression et une violence fortes, ce qui a suscité la stupéfaction tant du peuple français, que des observateurs étrangers, y compris de la part d’organisations internationales d’envergure, telles que l’ONU ou Amnesty international.

 

Le Parti Anti Sioniste condamne l’escalade de la répression en France et exprime sa solidarité avec le peuple français. Nous l’appelons à continuer à résister, de manière pacifique et à lutter contre ces politiques néolibérales qui ont engendré des inégalités énormes dans notre société, comme partout dans le monde d’ailleurs.

Bien que nous soyons conscients que le maintien de l’ordre soit une tâche délicate pendant les manifestations et qu’une infime minorité de manifestants ont commis des actes violents et illégaux, les autorités doivent assurer la sécurité de tous et veiller à ce que le droit de manifester pacifiquement soit respecté. Elles doivent prendre des mesures légales et proportionnées pour protéger la vie et l’ordre public, en évitant de recourir à une force excessive.

Il est inacceptable que dans un pays comme la France, des citoyens innocents, des femmes, des personnes âgées ou des manifestants pacifiques, se retrouvent éborgnés, mutilés, ou gravement blessés, uniquement du fait d’avoir voulu exprimer leur exaspération face à un système dont ils ne veulent plus et pour avoir exigé du gouvernement qu’il réponde à leurs aspirations.