Accord nucléaire : La troïka européenne céderait-elle aux pressions US ?

M. Kamal Kharazi, président du Conseil stratégique des relations étrangères de la République islamique d’Iran, a déclaré que Donald Trump ne cherchait pas uniquement à faire pression sur l’Iran, mais également, à affaiblir l’Europe et ce lors d’une rencontre qu’il a eu avec une délégation de l’Institut italien des Affaires Internationales (IAI) à Téhéran.

Il a précisé que :

« Le sommet anti-iranien de Varsovie en Pologne, organisé par les États-Unis, vise à attiser les différends entre les pays européens. Les États-Unis prennent l’Union européenne en otage.»

Et, d’ajouter :

«Nous avons déjà fait preuve de notre honnêteté envers l’accord sur le nucléaire et l’opinion publique iranienne est désormais sceptique quant à l’attitude de l’Europe. Pourtant, il est dans l’intérêt de l’Europe d’œuvrer pour le respect de l’accord.»

Mettant bien en évidence l’importance des relations entre l’Iran et l’UE, M. Kharazi a fait remarquer que :

« Si l’Europe cède aujourd’hui aux pressions américaines, elle en subira davantage les conséquences à l’avenir. L’échec de l’accord sur le nucléaire affectera la sécurité de l’Europe.»

En effet, il est regrettable de constater qu’au lieu de respecter ses engagements dans le cadre de l’accord sur le nucléaire iranien (Plan global d’action conjoint), l’Union européenne semble avoir cédé aux pressions américaines et s’être engagée dans une « fuite en avant », en accusant la République islamique d’Iran de terrorisme ou de vouloir déstabiliser le Moyen-Orient.

Fort heureusement, le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord entre les grandes puissances (États-Unis, Royaume-Uni, France, Russie, Chine plus Allemagne) et l’Iran sur le nucléaire iranien n’a pas convaincu les autres signataires d’abandonner l’accord qui était le fruit de 13 ans de négociations entre l’Iran et l’Europe.

Revenant justement sur le désengagement de Washington envers le PGAC, le président du Conseil stratégique des relations étrangères iranien a expliqué que :

«La signature d’un État signifie son engagement international. Or, la décision de Donald Trump de se retirer d’un accord international approuvé par le Conseil de sécurité de l’ONU est juridiquement condamnable.»

Rappelons que, le 8 mai 2018, Trump avait annoncé le retrait de son pays de l’accord de 2015. Les trois pays de l’Union européenne (Royaume-Uni, France et Allemagne) signataires de cet accord avaient promis qu’ils trouveraient des mécanismes appropriés pour contourner les sanctions que les États-Unis voulaient, unilatéralement, rétablir contre l’Iran. Cependant, jusqu’à présent, aucun des projets suggérés par l’Europe n’a été finalisé.

En effet, les partenaires européens de l’Iran avaient promis de créer une entité spécifique appelée Spécial Purpose Vehicule – SPV (entité ad hoc) afin de contourner les sanctions américaines et de continuer à commercer avec l’Iran, notamment pour l’achat de pétrole.

Le 5 novembre dernier, l’Union européenne disait que ce mécanisme serait opérationnel avant que les Américains ne rétablissent la nouvelle série de sanctions qui toucheront le secteur iranien du pétrole et les relations interbancaires. Force est de constater, qu’encore une fois, la troïka européenne n’a pas tenu sa promesse !

De surcroît, depuis près d’un mois, au lieu de s’excuser pour les reports successifs de la réalisation de leurs engagements auprès de l’Iran, les responsables européens se sont mis à avancer contre celui-ci de fausses accusations de terrorisme en prenant position contre le programme balistique défensif de l’Iran et la politique régionale de Téhéran.

Accusations auxquelles les diplomates iraniens ont vivement réagi en disant à l’Europe qu’au lieu d’accuser l’Iran sans avoir de preuves matérielles, elle ferait mieux de respecter ses engagements.

À cet effet, M. Abbas Araqchi, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré :

« Jusqu’à présent, la partie européenne prétendait qu’elle avait l’intention de sauver l’accord sur le nucléaire iranien, mais elle se sentait impuissante face aux pressions des États-Unis. Néanmoins, après nos dernières rencontres avec nos partenaires européens, nous découvrons qu’ils ne veulent que gagner du temps et n’ont aucun plan sérieux pour contourner les sanctions US.»

Lors d’une interview accordée à la chaîne de télévision libanaise Al-Mayadeen, fin décembre, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif a vivement critiqué l’Union européenne pour son indolence (inefficacité) : « Les Européens sont lents dans la réalisation de leurs engagements. Nous ne les attendrons pas sauf s’ils prennent des mesures concrètes. Depuis le retrait américain de l’accord, nous avons plusieurs options que nous pourrons mettre en application si nos intérêts nationaux nous les imposent.»

 

« Pour un cœur bien né, une promesse équivaut à un engagement. »
Citation de Ernest Renan, Les lettres du séminaire (1902)

Une fort belle citation qui vaut son pesant d’or car tenir sa promesse relève de l’éducation reçue depuis l’enfance, de l’environnement dans lequel tout individu évolue ainsi que des principes et des valeurs auxquels tout un chacun tient et sur lesquels il bâtit sa vie.

Il est mesquin et tellement déshonorant de voir à quel point les hauts responsables de l’UE manquent à leurs paroles et rompent les promesses qu’ils font à des niveaux diplomatiques, gouvernementaux et internationaux.

Cette déplorable situation dénote un grave manque de savoir vivre, de respect et une piètre éthique venant de la part de personnes se prétendant civilisées et poussant l’audace jusqu’à donner des leçons au monde !!!

La cupidité, l’arrogance, la soumission au sionisme… poussent ces responsables à agir dans le seul objectif de sauvegarder leurs abjects intérêts personnels car l’actualité que nous vivons, en Europe nous montre que le bien-être des peuples pour lesquels ils sont sensés œuvrer demeure le dernier de leurs soucis.

Quand aurons-nous des politiques, des responsables dignes de ce nom, libres des carcans de la vie de ce bas monde, qui n’auront pour souci majeur que de réformer, améliorer les situations de leurs concitoyens afin de soulager leurs peines et de leur redonner le sourire ?…