Grève SNCF : le partie pris des médias !

PAS l’Info décrypte l’actualité !

Grève SNCF : le partie pris des médias !

Depuis déjà une semaine, l’actualité nationale est marquée essentiellement par les grèves des cheminots puis d’autres corps de métiers dans leur contestation de la politique gouvernementale.

Le « pas l’info » ne tente pas de prendre parti pour tel ou tel protagoniste de ce mouvement social, mais plutôt décrypter le partie pris des médias dominants et essayer comprendre leur manque d’objectivité journalistique !

Certains articles publiés par différents médias durant le début des mouvements sociaux à la SNCF ont eu recours à des éléments de langage, des arguments ou des rapprochements qui laissent parfois deviner leur parti pris.

Certains articles ou éditoriaux parus soulèvent de vraies questions quant à leur angle, qui semble parfois même calqué sur le discours de la majorité présidentielle ou de la direction de la SNCF.

Leur influence sur l’opinion publique et son potentiel impact sur la perception de la grève, et donc sur le succès du mouvement social, font dès lors émerger une autre question :

certains journalistes tentent-ils pas de faire passer un message, de manière plus ou moins subtile ?

Le journal La Croix titre son article par : «Grève, l’exception française.» puis met en lumière le fameux modèle allemand. Je site «Comme l’ont bien compris l’Allemagne ou le Canada, une négociation, ça se fait à deux. Il faut former et responsabiliser les acteurs, pour qu’ils soient tournés vers l’intérêt général».

Ainsi ils sous entendent que les grévistes français ne sont pas «tournés vers l’intérêt général».

Même son de cloche dans les colonnes des Echos, dont le titre de l’édito résume sans ambiguïtés le contenu : «Au pays des grèves.» Après avoir soigneusement rappelé que la France est le pays «où le nombre de journées de travail perdues par salarié est le plus élevé». Pour le journal le Monde, la grève ne sera pas couronnée de succès, je site : «[…] 2018 n’est pas 1995. Entre-temps, la révolution des plates-formes numériques et des « applis » a bouleversé le monde des transports.»

Rappelant que le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, a «pris la mesure depuis longtemps» de ces évolutions, Le Monde renvoie de fait les grévistes à l’ancien monde dont il semblent être les archaïques défenseurs.

Autre argument avancé pour dénoncer la grève : la dangerosité concrète que ferait peser celle-ci sur les Français. De cette journée de mobilisation de grande ampleur, L’Obs a surtout retenu des images choc soigneusement mises en avant dans un article sobrement intitulé «Grève SNCF : cohue sur les quais, une femme tombe sur la voie à Paris». L’association d’idées ainsi induite n’est pas des plus subtiles, d’autant que les scènes de cohue, dans les gares parisiennes, sont loin d’être rares – y compris hors période de grève.

Le Figaro a fait le choix de l’analyse économique, mais pas sous l’angle des revendications des cheminots : le quotidien explique en effet qu’«au-delà des inconvénients que les usagers subissent, les mouvements sociaux ont également un coût important». Dans un article intitulé «Grèves : 2,4 millions de journées perdues à la SNCF en dix ans», Le Figaro assure que, «pour le patron de la SNCF, chaque journée de grève coûte 20 millions d’euros».

Ainsi on peut se demander pourquoi ce parti pris flagrant des médias ? A vous d’en juger !

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