Jérusalem : la carte de Trump !

Donald Trump vient d’annoncer que les USA reconnaissent Jérusalem comme la capitale d’Israël.

Cette décision est un camouflet infligé au droit international par la première puissance mondiale.

Colonisée et annexée par Israël, Jérusalem-Est est considérée par les Palestiniens comme la capitale de leur futur Etat. Pour l’ONU, c’est un territoire occupé en violation de la légalité internationale, comme l’affirmaient déjà les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité.

Mais cette décision est-elle vraiment une surprise ?

Elle date de la campagne présidentielle de 2016, et Donald Trump n’en a jamais fait mystère. Boudé par Wall Street qui lui préférait Hillary Clinton, le candidat républicain voulait à tout prix rattraper son retard.

Il lui fallait obtenir des appuis auprès du lobby sioniste, au risque de voir la victoire lui échapper. Invité à l’assemblée annuelle de l’AIPAC, le 21 mars 2016, Donald Trump fait l’impossible pour faire oublier ses déclarations antérieures.

Il refusait de prendre position sur la question palestinienne. Il hésitait à dire si les États-Unis devaient reconnaître ou non Jérusalem comme capitale d’Israël. Il disait que l’État sioniste devait payer l’aide militaire octroyée par les USA.

Désormais, c’est fini. En vingt minutes, il a dit à son auditoire ce qu’il voulait entendre et il obtient ainsi des salves d’applaudissements, une “standing ovation”. Il affirme qu’ avec lui à la présidence des États-Unis, Israël ne sera plus traité “comme un citoyen de seconde zone” !

Manifestement décidé à faire mieux que Clinton, il accuse l’Iran d’être “le plus grand sponsor du terrorisme mondial ». Mais ce discours complaisant n’a pas suffi. Délaissé par les siens, Trump sait qu’il manque de soutiens parmi les donateurs juifs du parti républicain.

Ces bailleurs de fonds à l’ancienne, sponsors traditionnels du parti conservateur, sont rebutés par la rhétorique d’un candidat hostile au libre-échange et allergique au “système”. Ils préfèrent se tourner vers une candidate qui n’a jamais lésiné dans son soutien à Israël et au complexe militaro-industriel. Après tout, l’essentiel c’est le business.

Pour Donald Trump, du coup, la tâche est rude. Afin d’inverser la tendance, il faut absolument faire quelque chose. Habiles marionnettistes, les amis de Netanyahou ont manipulé les deux pantins désarticulés qui se disputaient un pouvoir fantoche. Vainqueur de cette compétition acharnée, Trump a décidé de balayer les illusions entretenues par ses prédécesseurs sur le rôle des USA. Il a emporté la mise le 8 novembre 2016.

Nous sommes en décembre 2017. Il aura mis un an à payer l’addition. En reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël, les USA donnent eux-mêmes le coup de grâce à un “processus de paix” dont ils furent les parrains.

Paradoxalement, cette ultime reddition américaine aux exigences israéliennes sonne le glas d’une illusion à laquelle les autres puissances, occidentales ou arabes, feignaient de croire encore. En validant la rhétorique israélienne sur “Jérusalem réunifiée”, le président américain restaure également la primauté du théologique sur le politique.

Les prétentions sionistes sur la Ville sainte se réclament du texte biblique. En les accréditant, Trump réintroduit le sacré dans un conflit d’essence profane. Cette concession à la mythologie sioniste occulte la lutte de libération nationale du peuple palestinien.

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