
Une place Mahmoud Darwich à Paris
Ce 14 juin 2010 a été inaugurée à Paris, près de l’Académie française, une place à la mémoire du poète palestinien Mahmoud Darwich, en présence de Mahmoud Abbas, chef de l’Autorité Palestinienne, et de nombreuses personnalités françaises dont M. Delanoë, Maire de Paris.
Mahmoud Darwich est ce grand poète palestinien qui a si bien chanté les souffrances de son peuple, souffrances qui se confondent avec sa vie. Né en 1941 en Palestine, son village natal fut entièrement rasé par les occupants sionistes, et sa famille contrainte à l’exil. Revenus clandestinement un an plus tard dans leur ancien village, ils purent constater qu’il avait été remplacé par un nouveau village sioniste. Son drame et son exil sont décrits, de façon poignante, par M. de Villepin dans le livre Hôtel de l’insomnie, où il évoque avec émotion leur rencontre au Quai d’Orsay.
Nous ne pouvons que nous réjouir de constater que Paris, avec sa longue tradition de résistance à l’oppression, honore à travers ce poète la souffrance et la lutte du peuple palestinien. Mais cette joie est teintée d’amertume et de colère, quand on sait que l’attribution du nom de Mahmoud Darwich à une place provient d’un prétendu désir d' « équilibre » de la part du Maire de Paris et de son conseil municipal, après l’inauguration d’une esplanade Ben Gourion (votée à l’unanimité par l'ensemble de la gauche : PS, PCF, Verts). Or, qui a chassé Mahmoud Darwich encore enfant, ainsi que sa famille, de leur village natal ? Qui a fait raser ce village ? Qui a conçu et dirigé en 1948 cette vaste opération d’épuration ethnique qu’a été la création de l’entité sioniste ? C’est M. Ben Gourion, dont le nom insulte la ville de Paris. Ainsi, pensant faire bonne mesure, M. Delanoë et le conseil municipal de Paris, totalement sionisés, mettent le bourreau et la victime sur le même plan. Ou plutôt, donnent la préférence au bourreau Ben Gourion, la place Mahmoud Darwich venant un peu comme un prix de consolation, une fausse fenêtre pour la symétrie.
Nous n’acceptons pas cette comparaison insultante entre un dirigeant raciste et sanguinaire – en un mot sioniste ! – et une victime parmi des centaines de milliers d’autres, qui a su par son talent de poète nous faire partager la souffrance de tout son peuple. Cette manœuvre est typique de la gauche française soumise au sionisme : pleurer du bout des lèvres les victimes palestiniennes, pour mieux honorer les assassins de Tel Aviv, dont Ben Gourion fut l’inspirateur, le dirigeant et le maître d’œuvre.
Toute la gauche parisienne a perdu, en honorant Ben Gourion, le peu de crédit moral qui lui restait encore. Quant aux Parisiens qui déambuleront sur la place Mahmoud Darwich, qu’ils aient une pensée pour les centaines de milliers d’enfants, de femmes et de vieillards jetés sur les routes de Palestine par les occupants sionistes, chassés de leur patrie par Ben Gourion, l’ami de Delanoë et de son conseil municipal.
Le Président,
Yahia Gouasmi.
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