Claude Guéant, ministre de l’Intérieur.Parler d’immigration pour faire diversion…
On se souvient du débat sur l'identité nationale, voulu par Nicolas Sarkozy et mené à l’échelle nationale par Eric Besson. Très vite, ce débat avait montré son véritable objectif : stigmatiser la communauté musulmane, et la désigner comme bouc émissaire responsable de tous les problèmes que connaissent les Français ! Nombreux ont été les Français de tout bord à s’indigner, et le fameux débat prit fin, faute d’interlocuteurs.
Mais le mal était fait, et des graines de discorde et de haine avaient été semées, sans parler des dérapages de certains. Ces dérapages, volontaires et calculés, étaient d'ailleurs des ballons d’essai, de petites bombes à retardement en attendant que le débat rebondisse. En réalité, la campagne islamophobe n’a jamais cessé, et a même pris de l’ampleur. Marine Le Pen utilise régulièrement l’islamophobie pour acquérir un espace médiatique longtemps refusé à son père. Il est vrai que lorsqu'on dénonce le lobby sioniste, on est très peu invité sur les plateaux télévisés du système…
À six mois de la présidentielle, par la voix du ministre de l’Intérieur Claude Guéant qui déclare qu’il y a « trop d’étrangers en France », l’UMP invite le thème de l'immigration dans la campagne, chassant sur les terres du Front national comme en 2007 : « C'est plus facile de s'intégrer si on est un peu moins nombreux que si on est plus nombreux, c'est tout simple », dit-t-il. « Ce nouveau tour de vis est aussi une façon pour le gouvernement de répondre aux mauvais chiffres du chômage », selon Paul Vallet, professeur à Sciences-Po.
La redondance du thème de l’immigration dans la campagne de l’UMP vise plusieurs objectifs. Tout d’abord, détourner l’attention des Français des vrais problèmes, qui sont eux bien connus : chômage, appauvrissement, précarité face à une grande finance insolente (et qui porte toute la responsabilité de la crise économique actuelle)… On souhaite également faire de l’immigration l’un des thèmes majeurs de la prochaine élection présidentielle, si elle a bien lieu en 2012 (tout change tellement vite ces jours-ci !). Mais le véritable objectif va bien au-delà des prochaines élections. On prépare encore l’opinion publique au « choc des civilisations », c'est-à-dire à une guerre contre les pays musulmans, qui en ce moment tentent de se libérer de la domination américano-sioniste.
Les révolutions dans tout le monde arabe ont montré les liens politico-financiers qui unissent la classe politique française aux dictatures arabes. Ces révolutions, toujours en cours, confirment aussi que la « démocratie » n’est bonne pour les pays arabes que si Israël donne son accord… Et sur ce dernier point, droite et gauche sont parfaitement en phase ! La défense d’Israël étant la priorité de la France selon Nicolas Sarkozy, on veut donc désigner un ennemi intérieur qui servira à la fois de diversion et de conditionnement psychologique pour les événements en cours et à venir. Bien entendu, aucun de ces politiciens de l’UMPS ne nous parlera du lobby sioniste, qui est une préoccupation beaucoup plus sérieuse car située au plus haut niveau de l’État (la récente intervention de BHL en Libye). La soumission de la classe politique et médiatique à Israël va de pair avec la montée de l’islamophobie en France.
C’est pourquoi, il est erroné de ne voir dans la campagne contre l'immigration qu’une tactique électorale. Il s’agit d’une stratégie mûrement réfléchie, soigneusement organisée. Elle est directement liée à la situation internationale, à savoir la crise d’un système économique dominé par les lobbies sionistes, et combattu par les peuples et les nations décidés à s’en libérer. Nous nous attendons à une montée en puissance de cette campagne islamophobe et les pires provocations sont à craindre. Le prévoir permet au moins de s’y préparer, et c’est aussi une des fonctions que s’est données le Parti Anti Sioniste.
Yahia Gouasmi
Président du Parti Anti Sioniste
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