
Interview de Yahia Gouasmi, Président du Parti Anti Sioniste, par Meriem Abdou, journaliste au quotidien algérien Le Courrier d’Algérie
Depuis les attentats du World Trade Center en 2001, certains musulmans sont mis au ban de la société et le discours politique se radicalise. Quelle est la part de responsabilité imputée aux politiques tant occidentaux que musulmans dans cette dangereuse dérive ?
Il est un fait que le 11 Septembre a changé radicalement la relation entre l’Occident (USraël et Union européenne) et le monde musulman. La responsabilité des dirigeants occidentaux, en premier lieu nord-américains, est considérable. Il est évident que le 11 Septembre – attentat ou manipulation – a été le prétexte pour l’USraël et l’Occident de stigmatiser l’Islam dans sa totalité, et de se lancer dans les guerres contre l’Irak et l’Afghanistan, dans l’attente hélas d’autres conflits sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Ces guerres ont toujours trois particularités : frapper des pays musulmans, coïncider avec les plans globaux du sionisme, et enfin viser des pays riches en matières premières ou occupant une situation stratégique. Face à l'offensive permanente des grands médias occidentaux, contrôlés quasi exclusivement par le lobby sioniste, les dirigeants musulmans se sont divisés en deux camps : ceux qui se sont alignés sur l’USraël, et ceux qui continuent à le combattre, à savoir : le Front de la Résistance au Moyen-Orient (Iran, Syrie, Hezbollah, Hamas), l'Afghanistan contre l'agresseur américain et ses alliés, et l'Algérie dans ses prises de position.
Cette année, l'Aïd el-Fitr devrait tomber autour du 11 septembre. De nombreuses associations regroupant des musulmans craignent que la confusion ne se fasse entre cette fête religieuse joyeuse et l'anniversaire des attentats d'Al-Qaida, alors que la construction d'une mosquée près de Ground Zero fait déjà débat. Cet amalgame entre fête religieuse et référence au 11 septembre 2001 ne risque t’il pas d’exacerber le climat d'islamophobie qui règne depuis quelque temps, tant aux États-Unis comme en France ?
Il est à craindre, en effet, que la coïncidence entre les deux dates soit un prétexte pour exacerber l’islamophobie. La polémique aux États-Unis concernant le projet de construction d’une mosquée non loin de Ground Zero en est déjà une illustration. Mais la campagne islamophobe déclenchée en France cet hiver à partir du débat sur l’identité nationale, démontre bien que l’islamophobie est une arme utilisée par le sionisme et les gouvernements qui lui sont soumis, et cela indépendamment des coïncidences de dates. Et il faut s’attendre à ce que l’islamophobie continue, car elle est un moyen propagandiste d’Israël et de ses lobbies dans la préparation de ses futures agressions.
Comment considérer la communauté musulmane en France, longtemps discrète et effacée, surtout quant on sait que le lobby sioniste est profondément enraciné dans les différentes instances (politiques, médiatiques et économiques) ?
En France, des institutions musulmanes dites « représentatives » ont été créées par Sarkozy alors qu’il était ministre de l’Intérieur (de 2002 à 2007). Et pour bien montrer leur soumission au lobby sioniste au pouvoir, leurs dirigeants assistent chaque année au dîner du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions juives de France). Le CRIF est en France le véritable ambassadeur d’Israël dans la classe politique, dans l’administration, et dans les médias, et son dîner annuel est le moment où on vient lui faire allégeance… Ceci nous en dit long sur la vraie nature de ces institutions musulmanes dites « représentatives ». Cette communauté est de plus très divisée, soit par des instances étrangères, ou par des partis politiques français traditionnels, notoirement liés au sionisme. Les principaux dirigeants de cette communauté se gardent bien de dénoncer l’existence d’un lobby sioniste en France, et bien entendu de faire le lien entre ce lobby et la montée de l’islamophobie. Tout cela explique la relative faiblesse de la communauté musulmane de France quand il s’agit d’intervenir sur des questions politiques concrètes (islamophobie, Palestine, Liban, sanctions contre l’Iran). Malgré cela, des progrès ont été réalisés et l’existence de notre parti, le Parti Anti Sioniste, qui sans être communautaire est écouté par une partie non négligeable de la communauté musulmane, en est bien la preuve. En effet, il propose aux musulmans français une alternative autre que les partis traditionnels largement sionisés.
Parti Anti Sioniste
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