Yémen : la guerre oubliée

La guerre contre le Yémen entre ce mois-ci dans sa 4ème année, dans l’indifférence générale.

C’est en effet le 26 mars 2015, que l’Arabie saoudite, accompagnée d’une coalition de dix pays musulmans, a lancé une opération militaire aérienne contre le Yémen, dont le peuple yéménite est la principale victime.

Cette guerre, menée par les plus riches pays du Proche-Orient contre le plus pauvre, se poursuit toujours, dans une large indifférence politique et médiatique.

Si l’agresseur saoudien est considéré comme le principal protagoniste du conflit, nous savons que les puissances occidentales sont également partie prenante dans cette guerre, derrière laquelle se cachent des intérêts géostratégiques importants.

Le Yémen paie ainsi sa volonté d’émancipation vis-à-vis du voisin saoudien, dont il était longtemps le pré carré, ainsi que sa proximité géographique avec l’entité sioniste criminelle, qui est tétanisée à l’idée de le voir intégrer pleinement l’ « Axe de la Résistance ».

Les occidentaux fournissent donc conseillers militaires et mercenaires en tout genre, et surtout l’armement de pointe qui permet à la coalition saoudienne de bombarder presque continuellement un pays dont il ne reste plus que des ruines.

Parmi ces pays occidentaux figure en premier lieu la France, qui est en matière d’armement l’un des fournisseurs privilégiés de l’Arabie saoudite et de ses alliés. En effet, Riyad est son premier client et ses achats d’armes représentent près de 20 % des exportations annuelles d’armes françaises.

Les bombardements intensifs réalisés avec le matériel fourni par la France ont déjà causé la mort de plus de 10000 yéménites, et le pays est aujourd’hui en proie à une crise humanitaire sans précédent, ravagé par la famine et la maladie.

Selon l’ONU, le manque d’accès à l’eau potable et l’accumulation des ordures provoqués par la prolongation de la guerre ont confronté 3 millions de Yéménites à une épidémie de choléra qui touche l’ensemble du pays. En effet, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) fait état de plus d’un million de personnes infectées par le choléra alors que d’après l’Unicef (Fonds des Nations unies pour l’enfance), plus de 20 millions de personnes, dont 11 millions d’enfants, ont besoin d’une aide humanitaire urgente.

14,8 millions d’entre elles sont privées de soins de santé de base et quelque 17 millions de personnes ne savent pas où trouver leur prochain repas et 7 millions de personnes sont totalement tributaires de l’aide alimentaire. La malnutrition aiguë sévère menace la vie de 400 000 enfants.

Le blocus décrété par la coalition saoudienne, entrainant la fermeture de la plupart des aéroports, ports et points d’entrée terrestres du pays, aggrave encore une situation déjà catastrophique. Ce blocus voit la population du Yémen privée de toute aide humanitaire extérieure, ce qui met en péril des millions d’enfants et de familles vulnérables.

Malgré ces chiffres effrayants, l’ONU se contente de molles déclarations de principes et la communauté internationale fait la sourde oreille.

Alors que nos médias nous expliquent à longueur de journaux TV qu’il est nécessaire d’intervenir en Syrie afin de protéger les civils innocents du méchant Bachar, ou tout comme ils justifiaient l’intervention en Libye pour protéger les civils de Benghazi contre l’armée libyenne, pourquoi presqu’aucune mention n’est faite concernant les massacres et la situation au Yémen ?

Bien au contraire, on élude totalement ce massacre à ciel ouvert et l’on se gargarise du modernisme du prince héritier du royaume saoudien, pourtant principal artisan de ce conflit ravageur, Mohamed ben Salman, alias « MBS », qui promet de faire entrer l’Arabie dans une nouvelle ère.

Ce criminel, surnommé le « prince rouge », comme la couleur du sang qu’il a sur les mains, est reçu avec les honneurs partout où il passe, comme on a pu le constater lors de son récent déplacement au Royaume-Uni où le tapis rouge lui a été déroulé, ainsi que durant son actuel séjour aux États-Unis.

 

Le Parti Anti Sioniste alerte une nouvelle fois l’opinion sur cette agression criminelle contre le peuple du Yémen, par les bombes de la coalition saoudienne que nos pays lui ont fournies.

Nous exigeons de nos dirigeants qu’ils cessent toutes ventes d’armes aux membres de cette coalition, Arabie saoudite et Émirats arabes unis en tête, afin de ne pas rendre le peuple français complice de ces massacres et de la crise humanitaire majeure qui en découle.

Nous apportons également toute notre solidarité au peuple du Yémen, ainsi qu’à ses résistants héroïques. Malgré leurs faibles moyens, ils ont mis en échec les agresseurs wahhabo-sionistes, qui ne savent plus comment faire pour sortir du bourbier dans lequel ils se sont empêtrés.

Il est pourtant évident que cette « guerre » ne peut être gagnée par les Saoudiens, leurs alliés et leurs commanditaires, car l’histoire démontre qu’on peut bombarder un peuple, mais pas l’esprit de la résistance et la volonté populaire.

C’est cet esprit qui anime les combattants yéménites, qui font mordre la poussière à l’armée d’opérette saoudienne, malgré tous les moyens que ses maîtres mettent à sa disposition.

 

 

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