Vers une guerre ouverte ?

0zxOjfRkuf0L’exécution du leader chiite Cheikh Nimr al-Nimr, à Riyad le 2 janvier dernier a déclenché comme il fallait s’y attendre, une vague de protestations au sein de la communauté chiite mondiale.

Le point d’orgue fut l’attaque de l’ambassade saoudienne à Téhéran par une foule en colère ce qui a entrainé la rupture des relations diplomatique entre la dictature wahhabo-sioniste et la République Islamique d’Iran. Il est à savoir que l’aviation de la coalition dirigée par l’Arabie Saoudite a bombardé l’ambassade iranienne au Yémen.

La région est désormais au bord du gouffre d’une guerre confessionnelle entre Chiites et Sunnites, dont l’éventualité s’affirme de plus en plus et qui mettrait à feu et à sang le Moyen-Orient, voire le monde musulman dans son ensemble.

La décapitation du cheikh martyr avait pour objectif évident de provoquer une escalade de la crise confessionnelle, et partant, une guerre sunnite-chiite. Ce n’est pas un hasard si cette exécution est intervenue à peine quelques jours après la formation d’une coalition politico-militaire pro-Riyad, composée de 34 pays exclusivement sunnites, chargée de combattre « tous les terrorismes ».

Personne n’est dupe, et il est clair que même si les tensions confessionnelles existent, elles sont instrumentalisées à des fins politiques. Elles ne constituent qu’un aspect d’un conflit plus large qui a pour but d’affaiblir la République Islamique d’Iran, dont la montée en puissance et l’influence régionale grandissante menacent l’hégémonie américano-sioniste et ses plans de domination au Moyen-Orient.

Riyad savait que l’exécution d’un haut dignitaire ne manquerait pas de provoquer l’indignation dans la région et affecterait profondément ses relations avec Téhéran. Et, c’est bien en connaissance de cause qu’elle a mis à exécution ce verdict injuste et cruel. Cet acte s’est produit au moment où le royaume se trouve dans une situation des plus critiques. En effet, sur le plan interne, où la contestation monte en raison des mauvaises conditions économiques et sur le plan externe, avec l’échec de son offensive militaire contre le Yémen et le massacre de sa population, la répression du peuple opprimé de Bahreïn et le soutien accru aux groupes takfiris qui ensanglantent la région.

Pour pouvoir sortir de l’impasse actuelle et inverser la trajectoire géopolitique de la région en sa faveur, la dictature wahhabite avait donc besoin de cette crise, mais elle s’est lancée dans un jeu risqué, dont le résultat ne lui sera certainement pas profitable.

L’autre enjeu de cette crise est évidemment la volonté de briser la montée en puissance de l’Iran devenu un acteur régional majeur dont l’influence s’est considérablement renforcée ces dernières années au Moyen-Orient à savoir en Irak, en Syrie, au Yémen, au Liban, en Libye et au Bahreïn. C’est d’ailleurs pour cette raison que les Saoudiens et leurs maitres israéliens ont tout tenté pour saboter l’accord nucléaire et maintenir la République Islamique dans son isolement.

Il est évident que la question sectaire n’est qu’un prétexte, et pour preuve, l’Iran du temps du régime du shah était tout autant chiite qu’aujourd’hui. Pourtant, en Occident, comme dans le monde arabe, personne n’aurait songé à qualifier ce régime de chiite….Certes, ce dernier entretenait de bonnes relations avec Israël. Le régime iranien issu de la Révolution de 1979 quant à lui, il a soutenu les Palestiniens et il s’est farouchement opposé à la politique impérialiste américano- sioniste. Pour certains, ce fut alors la raison de combattre l’Iran :

Pour l’Arabie Saoudite, sous prétexte de lutter contre le chiisme,

Pour l’Irak de Saddam Hussein pour lutter contre les « Perses »,

Et, pour les États-Unis et l’entité sioniste, pour lutter contre le fondamentalisme ou la prolifération nucléaire.

Car nul ne doute que derrière le vassal saoudien, simple exécutant, plane l’ombre du parrain américain et de son allié israélien. Ils ont décidé, depuis longtemps d’attiser les tensions entre Sunnites et Chiites et ils seraient les grands gagnants.

Cependant, les responsables impérialistes semblent plutôt opter pour une stratégie de tensions confessionnelles ayant pour but d’affaiblir l’Iran et non de déclencher une guerre ouverte dont les conséquences pourraient être imprévisibles et dangereuses pour les intérêts de l’empire. C’est probablement pour cette raison que les pays occidentaux, USA en tête, ont condamné les exécutions saoudiennes et manifesté leurs vives préoccupations au sujet de la crise actuelle.

De son coté, Téhéran a fait preuve de mesure, conscient du piège tendu, il a proposé d’indemniser Riyad pour les dégâts occasionnés dans son ambassade, alors que la dictature saoudienne n’est pas parvenue à mobiliser les États sunnites contre l’Iran.

Il semblerait que seul le royaume des Saoud n’ait pas conscience de l’ampleur du danger que ferait planer une guerre ouverte entre Sunnites et Chiites. Néanmoins, son incompétence en matière de géopolitique est à la hauteur de sa cruauté et de sa soumission face à ses parrains sionistes.

Il n’est d’ailleurs pas impossible que dans leur aveuglement, ils aient pris la décision de décapiter cheikh Nimr sans en informer leurs maitres américano-sionistes, en les plaçant devant le fait accompli afin de les entrainer dans ce conflit insensé.

 

Le Parti Anti Sioniste appelle à la retenue et à la sagesse face à la politique irresponsable de l’Arabie Saoudite qui souhaite entrainer le monde musulman dans un conflit confessionnel aux conséquences désastreuses. Une confrontation militaire directe ne servirait les intérêts de personne et la situation pourrait devenir très rapidement hors de contrôle.
Il est impératif de se recentrer sur la cause palestinienne qui a été délaissée et de s’unir face aux tentatives de divisions menées par les américano-sionistes et leurs vassaux saoudiens dont l’effondrement est inéluctable.