Un réseau très « social »: Facebook vend nos informations personnelles

 

Une décision administrative belge a été prise par le tribunal de grande instance de Bruxelles le 16 février dernier à l’encontre du géant d’internet Facebook, lui demandant de se conformer à la loi belge sur la protection des données et de cesser de tracer ses utilisateurs sans leur consentement, sous peine d’une astreinte de 250.000 euros par jour, avec une limite fixée à 100 millions d’euros.

La justice belge reproche au réseau social son utilisation des «cookies» et des boutons «J’aime» ou «Partager» figurant sur ses pages, qui révèle des informations sur les habitudes de ses utilisateurs, et qu’il met à disposition d’autres sites, moyennant finance.

La décision de justice de 84 pages, contre laquelle le géant d’Internet a annoncé son intention de faire appel, doit être publiée sur le site de Facebook et dans les journaux belges dans les trois mois à venir.

La justice belge avait déjà averti l’entreprise depuis 2015, lorsqu’un tribunal lui avait ordonné d’arrêter de stocker les données personnelles des non-utilisateurs.

Les avocats de Facebook avaient axé leur défense sur l’argument selon lequel un tribunal belge ne pouvait se prononcer sur une entreprise dont le siège se trouvait aux États-Unis. Un argument qui a été rejeté par le tribunal belge, qui s’est déclaré compétent pour statuer sur les violations de la loi belge relative à la vie privée lorsque la société suit les internautes en Belgique.

Cette décision est d’une importance non-négligeable, elle est la première prise par un tribunal européen concernant l’utilisation de la technologie jugée essentielle à son bon fonctionnement.

Le réseau social est dans le collimateur des instances de différents pays européens depuis déjà de nombreuses années, compte tenu de de sa politique d’utilisation des données à des fins de ciblage publicitaire. Il a également été constaté que Facebook traçait à leur insu les internautes, avec ou sans compte, sur des sites tiers via  un cookie.

Ainsi, les Pays-Bas mènent des investigations pour savoir si des changements opérés récemment sont suffisants au regard de sa loi. En Allemagne, l’autorité de protection des données a délivré deux injonctions concernant le groupe Facebook, alors que deux procédures d’infraction ont aussi été ouvertes en Espagne.

Mais la puissance de Facebook en terme financier et de lobbying, est telle qu’il semble quasi-impossible de soustraire nos données à ses serveurs, et la firme dont les bénéfices annuels se chiffrent à plusieurs milliards d’euro peut se permettre de payer des amendes qui se révèlent en réalité insignifiantes.

Ainsi, on se souvient qu’en France, en mars 2017, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) avait condamné le réseau social à 150.000 euros d’amende, en raison «de nombreux manquements à la Loi informatique et libertés» dans sa gestion des données des utilisateurs.

Une sanction qui n’a pas dû faire trop mal à Facebook et à ses actionnaires quand on sait que cette amende de150.000 euros correspond à environ 0,005% du dernier bénéfice trimestriel de l’entreprise, soit l’équivalent de ce qu’elle gagne en 10 minutes.

On sait que la récolte de données par Facebook se fait à l’aide de procédés très sophistiqués et extrêmement intrusifs et que données finissent toujours dans les serveurs Californiens de l’entreprise sans que les utilisateurs en soient au courant.

Le nouveau règlement européen de protection des données, qui devrait entrer en vigueur en mai 2018, pourrait contribuer à préserver un peu de l’intimité des usagers, même si le texte en question semble avoir oublié un autre point important : la protection des données vis-à-vis des états et des institutions.

C’est ce qu’exprime très bien Thomas Watanabe-Vermorel, représentant du Parti Pirate qui milite pour une nouvelle vision de la propriété intellectuelle et de la défense des libertés, en affirmant:

«Les entreprises n’en veulent jamais qu’à notre argent… ce qui est un problème, mais limité. Les États, eux, s’intéressent à ce que vous pensez, ce que vous faites et à la façon dont vous allez exercer vos libertés de citoyens. La menace est donc plus grave».

 

Tout cela montre bien que la question du partage de données personnelles est très actuelle et qu’elle revêt un enjeu capital, tant dans la sphère commerciale que dans la sphère politique.

Il ne faut pas oublier que quoi que nous fassions pour protéger nos informations, Facebook pourra les réutiliser, avec ou sans notre consentement.

 

Le Parti Anti Sioniste dénonce ces multiples atteintes aux libertés touchant tous les citoyens qui utilisent les réseaux sociaux.

Étant donné la puissance de ces multinationales et leur influence sur nos responsables politiques qui n’ont en réalité aucun pouvoir face à ces mastodontes, la seule solution est d’agir de manière consciente et responsable en limitant notre utilisation de ces réseaux sociaux.

Les internautes et utilisateurs de réseaux sociaux doivent prendre conscience de l’importance de se protéger et réfléchir aux renseignements qu’ils postent sur le net, en évitant de lier son nom à des renseignements personnels.

L’État étant défaillant, voire complice, en matière de protection de nos données, il ne reste plus qu’à s’en remettre à notre sens des responsabilités et à notre vigilance de chaque instant pour se prémunir contre ces « Big Brother » des temps modernes qui se permettent de s’introduire dans nos vies privées en toute impunité.

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