Trump à Ryad pour un sommet américano-arabo-sioniste

Pour son premier déplacement officiel à l’étranger, à l’occasion de sa tournée internationale, le président américain, Donald Trump, a choisi de se rendre à Ryad en Arabie Saoudite. Il y a signé de faramineux contrats commerciaux et en a profité pour fustiger l’Iran, à la grande joie de ses hôtes et valets saoudiens.
Ce voyage de deux jours, qui a débuté le 20 mai dernier, a été très profitable pour le président-milliardaire qui a raflé le gros lot. En effet, Trump, en bon businessman, y a signé des contrats gigantesques avoisinant les 400 milliards de dollars, dont 110 milliards consacrés à l’armement. Un montant astronomique qui pourrait alléger la pression que ressent Trump à l’intérieur de son pays, car ces milliards de pétrodollars seront en mesure de créer de nombreux emplois, réduire le chômage, relancer l’investissement et faire fonctionner des centaines d’usines de l’industrie d’armement US.

Une somme étourdissante qui profitera donc à l’économie américaine, au détriment des peuples musulmans de la région, qui voient les revenus de leur sous-sol rackettés par le parrain US.

Car, c’est bien de cela qu’il s’agit. L’oncle Sam est venu monnayer sa protection auprès des monarques du Golfe qui n’existent que grâce à son bon vouloir.

Le Secrétaire général adjoint du Hezbollah, Cheikh Naim Qassem, ne s’y est d’ailleurs pas trompé en affirmant que « le sommet de Riyad est celui du vol méthodique et systématique de l’argent du Golfe au profit des États-Unis ».
En effet, chacun sait que l’Arabie Saoudite, sans le parapluie américain, ne tiendrait pas une minute face à la double menace intérieure et extérieure. À l’intérieur, les princes n’ont aucune légitimité alors qu’à l’extérieur, le pays s’enlise dans une guerre au Yémen qu’il est en train de perdre lamentablement. Les 110 milliards de contrats d’armement devraient justement permettre de renforcer les opérations militaires saoudiennes au pays des Houtis, qui résistent farouchement.
Lors de ce déplacement, le président US a pu assister au sommet arabe qui se tenait au même moment et qui s’est transformé en un sommet anti-iranien et anti-« Axe de la Résistance ».

En effet, s’exprimant devant 50 hauts responsables musulmans, Donald Trump a appelé clairement ces pays à s’opposer à l’Iran, jugée coupable de tous les maux de la planète, en déclarant :

« Nous devons travailler ensemble pour isoler l’Iran aux fins de l’empêcher d’avoir de nouvelles occasions de financer le terrorisme. L’Iran soutient, entraîne et finance les milices terroristes ».

Confondant mouvements de résistance et groupes terroristes, le président américain a parlé du Hamas palestinien et du Hezbollah libanais comme « des formes différentes du terrorisme » au même titre que Daesh et El Qaeda. Une aberration pour qui connait la géopolitique de la région…

Rassuré par la présence à ses côtés de son maître américain, le roi saoudien en a rajouté une couche en s’en prenant violemment à l’Iran, l’accusant de s’être « transformé en un fer de lance du terrorisme mondial après la victoire de la Révolution islamique sous la direction de l’Imam Khomeiny ».

Le lendemain, c’est le président iranien Hassan Rohani, tout juste réélu, qui a répondu aux attaques des USA et de l’Arabie Saoudite en dénonçant le « show » sans « aucune valeur politique » du sommet de dimanche.

« Ceux qui ont lutté contre les terroristes sont les peuples irakien et syrien. Les conseillers militaires iraniens les ont aidés et vont continuer à le faire », a affirmé Rohani, qui a également défendu le Hezbollah. « Ceux qui ont soutenu les terroristes ne peuvent pas les combattre », a-t-il ajouté en visant les organisateurs et promoteurs de ce sommet.

« Sachez que, lorsque nous aurons besoin techniquement de faire des tests de missile, nous le ferons et nous ne demanderons la permission à personne », a par ailleurs annoncé Hassan Rohani démontrant ainsi que l’Iran ne se laisserait nullement intimider par les menaces américano-wahhabites.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Bahram Qassemi a exhorté Washington à renoncer à sa politique belliciste et interventionniste et à mettre fin à son projet iranophobe

« À peine 48 heures après le déroulement brillant de la 12e présidentielle iranienne, lors de laquelle le peuple iranien a fait preuve de sa fidélité à la République islamique d’Iran, en prenant part massivement aux élections, le président des États-Unis a repris, une fois de plus, ses allégations interventionnistes et obsolètes et ses accusations infondées contre l’Iran en vue d’intimider les pays de la région et les pousser à acheter des armements « made in USA » ».

Le responsable a aussi affirmé qu’il était désormais de notoriété publique que les Américains et leurs alliés régionaux soutenaient les terroristes.

« Les États-Unis ne peuvent plus duper les nations de la région ni par une fuite en avant, ni en imputant la responsabilité aux autres. Aujourd’hui, tout le monde sait bel et bien que sans fonds, sans armes et sans renseignements, Daesh, le Front al-Nosra et d’autres groupes terroristes seraient facilement éradiqués » a-t-il déclaré.

Les partis de la résistance ont aussi réagi aux propos tenus à Ryad qui les assimilaient aux groupes terroristes de « Daesh and Co ». Le Hamas palestinien a accusé Trump de partialité et d’être acquis aux thèses israéliennes, alors que le Hezbollah libanais, à travers son numéro deux, a déclaré que « l’attitude négative à l’égard de la République islamique d’Iran, du Hezbollah et des autres forces de résistance s’inscrivait dans le cadre d’une tentative de cacher les conséquences négatives du vol des richesses des peuples et de leur avenir ».
Les autorités libanaises ont aussi réagi après la non-invitation du président Michel Aoun au sommet de Ryad. Le député du bloc parlementaire du Changement et Réforme, Fadi al-Aawar, a déclaré que « la raison pour laquelle le président Michel Aoun n’a pas été invité à Riyad, revient à la position du Liban face à l’ennemi israélien ». Il a ajouté que « ce sommet était organisé afin de servir les intérêts d’Israël et que rien en faveur des Arabes n’en résulterait à part la division des États arabes ».
Le président libanais Michel Aoun a lui, contesté le communiqué final du sommet de Riyad, émis dimanche 21 mai, qui considère le Hezbollah comme « terroriste ».
Une autre réaction a été très remarquée. Celle du grand reporter britannique mondialement connu Robert Fisk, qui a affirmé, en faisant un parallèle entre les récentes élections iraniennes et les conclusions de ce sommet que : « Presque aucun de ces cinquante dictateurs, réunis à Riyad pour rencontrer Donald Trump, n’oserait jamais organiser de telles élections libres ».

Ce sommet de Ryad avait quelque chose de surréaliste à l’heure où la planète entière sait que les monarchies du Golfe soutiennent les terroristes takfiristes en Syrie et en Irak, soit sous forme de pétrodollars, soit sous forme d’armes et de munitions.

Par ailleurs, personne n’ignore comment le wahhabisme, religion d’État saoudienne, constitue le moteur idéologique de « Daesh and Co ». Cette même idéologie que Ryad propage depuis des décennies sous couvert d’ institutions caritatives et religieuses, partout dans le monde.
Quelle ironie de voir Donald Trump se réunir avec les souverains des six monarchies du Golfe pour décider de la création d’un « centre international de lutte contre le financement du terrorisme », alors que ses principaux financiers étaient assis justement en face de lui !

Le Parti Anti Sioniste condamne cette mascarade de Ryad, où les pays du Golfe ont offert à l’avance les dividendes du pétrole aux Américains. Un pétrole qui appartient à leurs peuples.

Quant au président Trump, il s’est comporté en véritable mafioso en utilisant l’argument de la menace iranienne et du terrorisme pour pomper l’argent des hydrocarbures vers son pays en contrepartie de la sécurité. C’est le principe même du racket.

Mais le destin a voulu qu’au moment où se tenait ce sommet ubuesque de ridicule et d’hypocrisie, se déroulaient les élections présidentielles iraniennes. Des élections libres et démocratiques auxquelles 70 % des Iraniens participaient dans le calme et le civisme.

Le monde a donc pu voir d’un côté, un sommet regroupant des dirigeants arabes qui sponsorisent notoirement le terrorisme et qui règnent de manière dictatoriale sur leurs peuples. Un sommet, dont la présidence a été octroyée à un businessman, chef d’un état impérialiste, qui est responsable de la destruction du Moyen-Orient et de la mort de centaines de milliers de personnes.

Et de l’autre côté, un pays plusieurs fois millénaire, combattant de toutes ses forces les terroristes takfirites barbares, et armant la Résistance face à l’entité coloniale israélienne. Un pays dans lequel des élections démocratiques viennent d’être organisées au grand dam de ses ennemis.

Le Parti Anti Sioniste laisse le soin aux lecteurs de tirer leurs propres conclusions sur ces deux situations, pour comprendre qui sont les réels soutiens du terrorisme mondial…