Syrie : La conférence internationale compromise par le double jeu américain ?

Sergueï Lavrov, ministre russe (G) et John Kerry, Secrétaire d’Etat américain (Paris, 27/05/13).
Sergueï Lavrov, ministre russe (G) et John Kerry, Secrétaire d’Etat américain (Paris, 27/05/13).

Syrie : La conférence internationale est-elle compromise par le double jeu américain ?

« Les participants doivent travailler honnêtement ! » (Sergueï Lavrov, ministre russe)

Le 07 mai 2013, à Moscou, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et le Secrétaire d’Etat américain John Kerry s’étaient mis d’accord pour organiser rapidement une conférence internationale pour le règlement du conflit en Syrie : un Genève II, qui succéderait à la conférence de Genève de juin 2012.

Le 29 mai 2013, devant des journalistes à Moscou, Serguei Lavrov s’est dit très étonné d’apprendre qu’un projet de loi qui vise à condamner le gouvernement syrien pour une prétendue utilisation de mercenaires contre les terroristes, était actuellement examiné par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Parrainé par le Qatar et la Turquie, ce projet a été fortement appuyé par la délégation américaine ce qui, selon le ministre russe, est « pernicieux » ; ce projet de loi est, dit-il, « inutile et odieux » et risque de saper l’initiative américano-russe en faveur d’une conférence de paix pour résoudre la crise syrienne.

Lors de sa rencontre à Paris le 27 mai 2013 avec le Secrétaire d’Etat américain John Kerry, qui n’était apparemment pas au courant de ce projet de loi, ce dernier a promis de s’en charger mais à ce jour, Sergueï Lavrov ignore « s’il a réussi à le faire ».

« Nous ne voyons aucune alternative à l’organisation d’une telle conférence, mais il faut pour cela que tous [les futurs participants, ndlr] travaillent honnêtement et n’admettent aucun double jeu comme soutenir verbalement la conférence, et prendre des mesures visant à saper cette proposition [de conférence, ndlr], dans les faits », a déclaré Sergueï Lavrov, en allusion au projet de loi contre la Syrie, déposé devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU par le Qatar et la Turquie, et appuyé par la délégation américaine…

De son côté, Navi Pillay, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a mis en garde contre la fourniture d’armes en Syrie et a encouragé les deux parties syriennes (opposition et gouvernement) à oeuvrer dans le sens d’une solution politique.

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