Les S-400 russes vont-ils abattre les avions américains en Syrie ?

La Ghouta orientale à la périphérie de la capitale Damas, le 3 mars 2018

La Russie, va-t-elle réagir, cette fois-ci, à l’agression américaine contre la Syrie ?

Va-t-elle utiliser ses S-400 pour détruire les missiles de croisière ou les avions de combat qui sont impliqués dans l’agression contre la Syrie ?

Abdel Bari al-Atwan, rédacteur en chef du quotidien Rai al-Youm, a écrit un article au sujet d’une possible confrontation entre la Russie et les États-Unis en Syrie.

« À l’issue d’un contact téléphonique entre le président américain Donald Trump, son homologue français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, le vendredi 2 mars, l’administration américaine a intensifié sa campagne d’intoxication et ses attaques verbales contre le gouvernement syrien et menacé Damas d’ouvrir une enquête pour ses “attaques” contre la Ghouta orientale, sous la protection aérienne et politique de la Russie.

Cela fait quelques jours que les responsables de la Maison-Blanche ont commencé à parler à voix basse de la possibilité accrue d’une attaque américaine contre les cibles militaires en Syrie, tout comme ce qui s’était passé en avril 2017 dans le sud de Homs, où la base militaire de Shayrat avait été prise pour cible par les missiles de croisière américains.

C’est ainsi que s’explique la demande adressée par Washington au Conseil de sécurité pour ouvrir une enquête sur les responsables des attaques au chlore contre la Ghouta orientale.

Les menaces américaines ne visent pas uniquement le président syrien Bachar al-Assad, mais aussi son homologue russe Vladimir Poutine qui vient de se vanter des armes sophistiquées dont dispose la Russie, des armes difficiles à contrer, comme les missiles balistiques intercontinentaux capables de porter les ogives nucléaires ou les drones qui se déplacent sous l’eau.

Dans ce droit fil, les initiatives russes telles que l’instauration d’un cessez-le-feu dans la Ghouta orientale, cinq heures par jour, et la création d’un corridor humanitaire permettant l’évacuation des habitants civils de la Ghouta orientale n’ont pas bien fonctionné en raison du refus par les groupes terroristes de laisser sortir les civils afin de pouvoir les utiliser comme boucliers humains.

En effet, il est peu probable que Donald Trump attende la formation d’une commission d’enquête internationale pour examiner l’usage des armes chimiques dans la Ghouta orientale, car cela prend pas mal de temps alors que Donald Trump n’a guère de patience. Cela nous rappelle l’attaque contre la base militaire de Shayrat, qui a eu lieu juste après l’incident chimique à Khan Cheikhoun.

Il y a deux semaines, le chef du Pentagone James Mattis a parlé de l’usage par le gouvernement syrien d’armes chimiques dans la Ghouta orientale, soulignant pourtant que l’administration Trump ne disposait d’aucun document authentique qui lui permette de lancer des représailles.

Ces déclarations ont été reprises par le président français Emmanuel Macron qui a, pour sa part, déclaré que la France ne pourrait pas réagir faute des preuves valides. Mais il est très probable que les documents dont parlent Trump et Macron ont déjà été montés de toutes pièces et qu’ils n’attendent qu’une couverture internationale pour être révélés. Le point important est que les attaques aériennes et balistiques de l’Occident précéderont la révélation de ces preuves !

Bref, le front syrien se transforme, petit à petit, en une scène de confrontation entre les États-Unis et la Russie, d’autant plus qu’Israël pourrait rejoindre lui aussi cette confrontation. Cette théorie est renforcée par les récentes déclarations du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, qui vient de menacer d’attaquer les bases militaires iraniennes en Syrie.

Les avions syriens, appuyés par l’aviation russe, bombardent les positions des terroristes dans la Ghouta orientale pour les chasser de cette zone située dans la banlieue de la capitale, dont la sécurité et la stabilité sont sérieusement menacées par les tirs de roquette des terroristes, instrumentalisés par les États-Unis et leurs alliés. Ça, c’est une décision prise conjointement par la Russie, la Syrie et l’Iran, une décision sur laquelle ils ne reviendront pas.

C’est par cette question que je finis l’article :

“La Russie va-t-elle réagir, cette fois-ci, à une agression américaine contre la Syrie ?

Va-t-elle utiliser ses S-400 pour détruire les missiles de croisière ou les avions de combat qui sont impliqués dans l’agression contre la Syrie ?”

La réponse deviendra claire pendant les semaines, voire les jours à venir, qui s’annoncent pleins de surprises, car les tensions vont battre leur plein et nul ne le sait mieux que M. Trump. »