Rohani / Macron : l’Iran demande « des comptes »

Le président iranien Hassan Rohani et son homologue français Emmanuel Macron en marge de la réunion de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, septembre 2017.

À la veille de la visite du ministre français des Affaires étrangères à Téhéran qui porte, surtout et avant tout, sur l’accord nucléaire et le programme balistique de l’Iran, le président iranien a souligné que les pays qui fournissent des armes à l’Arabie saoudite et à la coalition arabe ont des comptes à rendre

 

Le ministre français des Affaires étrangères est arrivé, dans les premières heures du lundi 5 mars, à Téhéran. À l’agenda de sa visite, des entretiens au sujet du programme balistique de l’Iran ainsi que de son rôle en Syrie.

Jean-Yves Le Drian s’entretiendra, ce lundi 5 mars, avec le président iranien Hassan Rohani, son homologue Mohammad Javad Zarif et le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale Ali Chamkhani.

 

Le dimanche 4 mars, le président iranien a discuté, au téléphone, avec son homologue français Emmanuel Macron des relations de longue date qu’entretiennent les deux nations iranienne et française.

« La RII est prête à coopérer avec la France dans le domaine économique, culturel et politique », a affirmé le président iranien, soulignant, en même temps, la ferme volonté de l’Iran de préserver et de renforcer sa défense nationale.

M. Rohani a rappelé que Téhéran respectait ses engagements dans le cadre du Plan global d’action conjoint, tout en réitérant la nécessité du respect, par les parties concernées, de l’accord nucléaire.

Le président iranien a affirmé que l’Iran et l’Europe entretenaient, certes, de très bonnes coopérations dans le domaine des questions d’ordre régionales, mais que cela n’a aucun rapport avec l’accord nucléaire. La coopération irano-européenne et le dossier nucléaire relèvent de deux domaines différents, a fait savoir le président iranien rappelant que l’UE, dans les circonstances actuelles, devrait mieux agir pour pousser les États-Unis à respecter le Plan global d’action conjoint.

 

De son côté, le président français Emmanuel Macron a réaffirmé l’attachement de la France à l’accord de Vienne du 14 juillet 2015, demandant, en même temps, à son homologue iranien de prendre en compte les préoccupations de Paris au sujet des questions, qui ne relèvent pas du cadre de l’accord, telles que le programme balistique iranien et la sécurité du Moyen-Orient.

Les deux présidents ont aussi débattu des questions régionales, dont la lutte contre le terrorisme : « L’Iran est prêt à coopérer avec tous les pays alliés dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et l’aide aux peuples menacés de la région et dans le monde. »

« Au Yémen, nous sommes témoins de crimes de guerre et les pays qui fournissent des armes à l’Arabie saoudite et à la coalition arabe ont des comptes à rendre à cet égard », a noté le président iranien.

La France compte parmi les pays qui continuent à vendre des armes à l’Arabie saoudite.

L’Arabie saoudite, à la tête d’une coalition arabe intervenant militairement au Yémen, est l’un des premiers clients à l’exportation pour les industries d’armement françaises.

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