Riyad suspendu du Conseil des droits de l’homme de l’ONU ?

Suite à la demande de familles saoudiennes de plus de 60 personnes « arrêtées arbitrairement », « détenues» ou « disparues » depuis septembre 2017, Ken Macdonald et Rodney Dixon, deux avocats anglais ont demandé la suspension de l’Arabie saoudite du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

En effet, mercredi 31 janvier, selon un communiqué de presse transmis à l’AFP, les deux avocats ont remis au Conseil à Genève un rapport « fournissant des preuves que ces arrestations violaient le droit saoudien et international, visaient les militants des droits de l’homme, les dissidents politiques et ceux exerçant simplement leur liberté d’expression » et « s’inscrivaient dans une tradition bien établie d’abus commis par les autorités saoudiennes.»

Le rapport confirme qu’« Il y a des rapports crédibles de mauvais traitements et de torture pendant leur détention.»

Les deux magistrats ont demandé à l’Assemblée générale des Nations unies d’ « examiner d’urgence » la suspension de l’Arabie saoudite du Conseil des droits de l’homme. Ils ont également demandé au Conseil de condamner les violations des droits fondamentaux dans le royaume.

Les ONG Amnesty international et Human Rights Watch avaient, elles aussi, réclamé la suspension de l’Arabie saoudite du Conseil, estimant que la « crédibilité » de l’institution était en jeu.

Le porte-parole du Conseil des droits de l’homme à Genève, M. Rolando Gomez a souligné que toute décision de suspendre un pays doit impérativement être prise en Assemblée générale et aux 2/3 des membres présents lors du vote. La résolution fondatrice du Conseil des droits de l’homme appelle ses membres à «respecter les normes les plus élevées en matière de promotion et de protection des droits de l’homme».

Rappelons que jusqu’à nos jours, la Libye a été l’unique membre du Conseil à avoir été suspendue par l’Assemblée générale, en mars 2011, suite à la violente répression des manifestants antigouvernementaux par le président Mouammar Qadafi.

Il n’est un secret pour personne que les Saoud incarnent une monarchie despotique très allergique et fermée à toute marge de manœuvre pour une quelconque opposition politique non violente, dont les membres sont souvent arrêtés arbitrairement, sans accusation, ni même un procès digne de ce nom.

Pire encore, les châtiments corporels sont appliqués et la peine de mort est toujours en vigueur. Les prisons sont surpeuplées et les rapports relatant des cas de torture et de mauvais traitements sont nombreux. Les aveux obtenus sous la torture sont monnaie courante.

Les libertés d’expression et de réunion sont fortement limitées et internet est soumis au contrôle des pouvoirs publics. Les défenseurs des droits de l’homme sont emprisonnés et intimidés.

Il est effrayant de voir à quel point en Arabie saoudite, des lois assimilent au terrorisme les critiques légitimes et bien fondées ainsi que des protestations pacifiques à l’égard du gouvernement !

Notons que les droits politiques sont quasiment absents et les possibilités de réformer le régime politique par des moyens légaux très restreintes voire nulles. L’opacité la plus totale couvre les agissements des membres du gouvernement, qui, dans leur conception même de la politique, n’ont de compte à rendre à personne. Ce qui complique encore plus la situation c’est la corruption qui mine les appareils étatiques dont la conséquence directe est l’émergence de problèmes économiques impactant les droits des citoyens.

Le Parti Anti Sioniste approuve totalement la décision de MM. Ken Macdonald et Rodney Dixon que nous trouvons fort courageuse et tout à leur honneur. Une réponse favorable de la part des pays membres du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à cette requête représentera un grand espoir pour tous les peuples du monde qui souffrent à cause des responsables despotes qui les dirigent.
Néanmoins, de sérieux doutes subsistent quant à l’aboutissement favorable à cette demande car l’inextricable entremêlement des intérêts politico-économiques entre les dirigeants et les minorités dominatrices font que c’est la loi du plus fort qui prévaut, comme à chaque fois.
Nous gardons tout de même espoir car, à l’instar de ces deux courageux avocats, d’autres personnes se lèveront et dénonceront les dérives et les excès des Arrogants de par le monde, jusqu’au jour où l’union des Opprimés fera régner la justice et la paix pour tous les hommes.

 

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