Peugeot cède au chantage US et se retire d’Iran

Depuis l’annonce du retrait des États-Unis de l’accord nucléaire iranien et la volonté de Donald Trump de rétablir des sanctions contre Téhéran, il est désormais interdit pour les entreprises de faire des affaires avec l’Iran, sous peine de sanctions financières de Washington.

En effet, le retrait US de l’accord entraîne le rétablissement immédiat des sanctions qui avaient été levées en conformité avec le Plan global d’action conjoint (JCPOA) signé le 14 juillet 2015. Le Trésor américain a donné un délai de 90 à 180 jours aux entreprises américaines pour mettre fin à leurs activités en Iran.

Bien que les sociétés européennes ne soient pas obligées d’obéir à ces injonctions, elles sont confrontées à un choix: se retirer d’Iran ou être elles-mêmes sanctionnées par les États-Unis.

Un chantage « inacceptable » selon notre ministre de l’Économie Bruno Lemaire, qui affirme refuser que les  Européens, « soient des vassaux qui obéissent le doigt sur la couture du pantalon aux États-Unis et les laissent être les gendarmes économiques de la planète ».

Pour le patron de Bercy, « il est temps que l’UE défende ses intérêts économiques », ajoutant que « les sanctions économiques extraterritoriales ne sont pas acceptables », et que « les États-Unis n’ont pas à être le gendarme économique de la planète ».

Malheureusement la chose est loin d’être aisée dans un monde globalisé où le roi dollars règne en maitre et où les risques sont majeurs pour quiconque ose ne pas se soumettre aux injonctions US : se voir interdire des débouchés aux États-Unis ou chez ses proches alliés, et payer le prix d’une insoumission. On se souvient qu’après avoir reconnu des activités commerciales avec le Soudan, Cuba et l’Iran, et ce, en dépit des embargos américains, la banque BNP Paribas avait écopé d’une amende record de 8,9 milliards de dollars en 2014, une mise au ban unilatérale qui avait déclenché un tollé.

Cette situation a poussé bon nombre d’entreprises françaises à annoncer qu’elles se pliaient aux injonctions américaines et se préparaient à se retirer de l’Iran, parmi elles, le constructeur automobile PSA et le pétrolier Total.

Pour le groupe PSA, qui avait formé en Iran des sociétés communes, c’est désormais chose faite. Le retrait a été confirmé à travers un communiqué diffusé le 4 juin dernier, dans lequel il indique « avoir commencé le processus de suspension des activités de ses coentreprises, afin de se conformer à la loi américaine d’ici le 6 août 2018 ».

Le groupe avait vendu l’an dernier 444 600 véhicules en Iran, où il est traditionnellement bien implanté. Il s’agissait l’an dernier de son premier marché étranger devant la Chine (382 800 unités), le Royaume-Uni (279 100), l’Italie (265 200) et l’Allemagne (257 800).

Selon Business France, le marché iranien pourrait tripler de taille d’ici 2030 à trois millions d’unités par an, dépassant ainsi le marché français.

Le constructeur souligne toutefois qu’il « est en contact avec les autorités américaines pour envisager une dérogation », « avec le support du gouvernement français », dans l’espoir de pouvoir poursuivre son activité. On peut toujours rêver…

Après PSA, d’autres groupes français pourraient suivre et se retirer du marché iranien, et pas des moindres.

Seule major occidentale à avoir signé un contrat gazier depuis la levée des sanctions contre l’Iran, le groupe pétrolier Total a confirmé le 16 mai dernier, qu’il ne pourrait poursuivre son projet de développement du plus grand gisement de gaz naturel au monde qu’à la condition d’obtenir une dérogation le protégeant contre toute sanction « secondaire » de la part des États-Unis.

On rappelle que Total a signé en juillet 2017 un accord avec l’Iran en vue de développer la phase 11 du vaste champ gazier iranien Pars Sud, avec un investissement initial d’environ 1 milliard de dollars. Le géant énergétique chinois CNPC est également engagé avec le français Total dans ce contrat de 4,8 milliards. Face à cette déclaration, le ministre iranien du Pétrole Bijan Namdar Zanganeh a aussitôt prévenu : si Total se retire, ses parts (50,1 % du projet) seront allouées au chinois CNPC.

Autre entreprise française touchée par le retrait et le chantage américain : Renault-Nissan, dont l’Iran est devenu le 8ème marché mondial. La firme au losange avait signé en juillet 2017 un nouvel accord pour produire 150.000 véhicules supplémentaires au sein d’une coentreprise, qui devait s’ajouter aux capacités existantes de 200.000 unités dans le pays. Le groupe a vendu 162.079 véhicules en Iran en 2017 et visait plus de 250.000 ventes à la fin du plan stratégique « Drive The Future », vers 2023. Mais il pourrait aussi être touché en raison de la présence aux États-Unis de Nissan.

De son côté, Airbus a enregistré des commandes de compagnies aériennes iraniennes (Iran Air Tour, Zagros Airlines) pour 100 avions au total, valorisés à près de 10 milliards de dollars. L’avionneur européen sera mis à rude épreuve car il a des usines aux États-Unis, et un nombre important de pièces installées dans ses appareils sont fabriquées sur le sol américain, ce qui le soumet automatiquement aux sanctions américaines. Dans l’ensemble, c’est un coup dur pour l’industrie aéronautique car l’Iran aura besoin de 400 à 500 avions de ligne dans la prochaine décennie, estime l’Organisation iranienne de l’aviation civile.

Bouygues, Vinci, Orange figurent parmi les grands groupes français ayant répondu présent lors de la réouverture des marchés iraniens, souhaitant s’y implanter de façon durable.

Ces entreprises vont certainement être obligées de revoir leur stratégie, ce qui engendrera un manque à gagner de plusieurs milliards d’euros pour elles et pour le fisc français. Un luxe qu’on ne peut pourtant pas se payer en cette période de crise économique, où le gouvernement demande aux Français de se serrer la ceinture.

Ainsi, grâce à l’entité sioniste criminelle israélienne, qui a mis tout son poids dans la balance pour pousser Trump à se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien, nos entreprises se retrouvent contraintes à perdre des milliards d’euros de contrats, dont une partie aurait contribué à augmenter les recettes fiscales hexagonales, ainsi que des milliers d’emplois qui ne seront pas créés en France.

C’est le prix que les Français doivent payer pour la sacro-sainte « sécurité d’Israël », qui passe bien avant leurs intérêts. C’est la triste réalité de la loi sioniste imposée à notre pays.

 

Le Parti Anti Sioniste se désole de constater la soumission de nos entreprises et de nos responsables au diktat US.

Alors que la décision américaine de réinstaurer l’embargo économique sur l’Iran est totalement illégale et enfreint toutes les lois internationales, PSA cède aux pressions et au chantage de Trump en quittant l’Iran, pour ainsi perdre un marché d’envergure en cette période de crise et de chômage.

Quant à l’Union européenne, que l’on ne cesse de nous vendre en nous affirmant qu’elle sert à nous protéger et défendre nos intérêts face à la voracité de l’ogre américain, ces évènements nous démontrent clairement qu’il n’en est absolument rien, malheureusement…

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