Quand les multinationales privatisent l’eau de la planète

En hydrogéologie, un aquifère désigne une couche de roches perméables suffisamment conductrice d’eau souterraine pour permettre l’écoulement significatif d’une nappe souterraine et le captage de quantité d’eau appréciable. Ils sont très importants dans le cycle de l’eau sur Terre et peuvent désigner également la nappe d’eau elle-même.

L’aquifère Guarani situé sous la surface du Brésil, de l’Argentine, du Paraguay et de l’Uruguay, est la plus grande réserve d’eau d’Amérique du Sud. Il constitue également le deuxième plus grand système aquifère connu au monde.

Nous apprenons que des multinationales comme Coca-Cola ou Nestlé sont en pleine négociation pour privatiser ce système aquifère, notamment avec le Brésil, dont le territoire abrite les deux tiers de la réserve, et pour définir les procédures nécessaires à l’exploitation des sources d’eau par des entreprises privées. Les contrats portent sur des concessions qui dureront plus de 100 ans.

Alors que des associations locales de défense des droits humains se mobilisent, il est important de comprendre que cette problématique dépasse le cadre de l’Amérique du Sud, car tous les êtres humains seront touchés par la décision de privatiser le deuxième plus grand système aquifère du monde.

Il est impératif de s’opposer à ces multinationales, leaders sur le marché florissant de « l’or bleu », et qui poussent le cynisme jusqu’à s’affubler d’un discours pseudo-écologique et de lutte contre la pauvreté, en totale contradiction avec la réalité.

En effet, leurs agissements sont régulièrement dénoncés sur tous les continents, y compris dans les pays dits développés.

Ainsi, aux États-Unis, plusieurs communes se sont récemment opposées à Nestlé, leader mondial dans le domaine, comme à Osceola, petite communauté de 900 habitants à 300km de Détroit, qui tente d’empêcher le groupe d’augmenter le pompage de l’eau de la petite rivière locale, Twin Creek, qui, depuis le début de son exploitation dans les années 2000 a considérablement rétréci, devenant plus étroite, moins profonde et plus chaude. Ils ont fait appel de la décision du juge favorable en janvier à Nestlé en affirmant que le projet allait affecter le sous-sol de la Twin Creek.

D’autres petites villes ont également décidé de tenir tête à la multinationale, parfois avec succès comme à Shapleigh et Newfeld, où une association citoyenne a voté un décret constitutionnel accepté par la Haute Cour de Justice de l’État, stipulant que l’eau des nappes et sources des communes appartenait aux habitants locaux et ne pouvait être utilisée à des fins commerciales.

Mais si dans les pays occidentaux les nuisances des géants de l’eau sont limitées par des normes environnementales exigeantes et contrôlées, il n’en est pas de même dans les pays sous-développés.

Ainsi, que ce soit en Inde, au Pakistan ou au Niger par exemple, le groupe Nestlé est responsable de multiples atteintes à l’environnement et à la santé des populations.

Le processus est le suivant : Nestlé pompe l’eau propre, profondément, sous les nappes phréatiques naturelles, sans frais aucun, ne laissant aux habitants locaux que des puits sales et insalubres par manque d’eau venant des profondeurs des nappes.

En effet, l’entreprise pompe tellement d’eau dans ces nappes, que le niveau des puits qui fournissent l’eau aux villages baisse, ne laissant qu’une eau de surface, qui n’est pas potable. Les habitants, trop pauvres, ne peuvent pas toujours assainir leur eau et encore moins se payer de l’eau pure en bouteille de Nestlé… Conséquences : les enfants tombent malades, le choléra et la dysenterie sont devenus les principales causes de mortalité infantile.

Outre la pollution, il y a un autre problème qui se pose en termes de risques écologiques : l’épuisement des ressources en eau de certains pays.

C’est le cas de l’Inde, où la multinationale américaine Coca-Cola a été plusieurs fois condamnée à fermer certaines usines pour des raisons écologiques. Ainsi, les autorités ont exigé la fermeture d’une unité de production du groupe, située à côté de Bénarès qui a été accusée en juin 2014 d’extraire une quantité excessive d’eau depuis la nappe phréatique, entraînant de possibles risques écologiques. Dans cette région agricole, les paysans ont vu leurs puits s’assécher et leurs pompes à main devenir inutiles. Les usines coca-cola sont très gourmandes en eau, une ressource dont l’Inde manque cruellement, sachant qu’un quart du pays est en voie de désertification.

Le même phénomène se déroule au Mexique, pays en cruel manque d’eau potable, mais où Coca-Cola prospère. Le Mexique compte 119 millions d’habitants, dont 12 millions n’ont pas d’accès à l’eau potable.

La présence du géant du soda a un impact dramatique sur les ressources en eau du pays, car fabriquer un litre de Coca-cola nécessite au moins deux litres d’eau.

Or, la compagnie a choisi d’implanter ses usines d’embouteillage dans des endroits stratégiques,  négociant 27 concessions sur tout le territoire pour pomper de l’eau et 8 autres pour rejeter ses eaux usées, avec la pollution que cela implique.

L’une de ses principales usines se situe ainsi au cœur de la région du Chiapas où l’entreprise pompe plus de 100 millions de litres d’eau chaque année, ce qui représente une véritable catastrophe environnementale et humaine. Cette surexploitation de la nappe est non seulement un désastre écologique, mais prive également les populations locales de précieuses ressources en eau.

Mais quand on sait que l’ancien président mexicain Vincente Fox, était avant d’être élu, président de Coca-Cola pour l’Amérique latine, on comprend mieux l’implantation massive des usines du groupe dans ce pays, au mépris de toutes considérations humanitaires.

Les exemples sont ainsi légions, et que ce soit Nestlé, Coca-Cola, et bien d’autres, ces multinationales tirant profit d’une ressource naturelle qui devrait être librement accessible à tous, sont en train de piller la planète, sans aucune considération pour le bien commun.

Leur comportement est inacceptable et dangereux pour l’écologie et la santé des humains, mais malheureusement, les politiciens sont tellement corrompus par ces entreprises avides qu’ils laissent faire. Tant que les pouvoirs publics resteront inactifs, l’accès de centaines de millions de personnes à « une eau potable salubre et propre » prendra de très nombreuses années.

Le Parti Anti Sioniste s’insurge contre cette situation et appelle tous les citoyens à exercer des pressions constantes sur nos responsables afin de changer cet état de fait, qui voit des individus avides et sans scrupules exploiter l’environnement et arracher des ressources précieuses aux générations présentes et futures.

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