Le G7 s’achève avec des États-Unis plus isolés que jamais

Bill Morneau, le ministre canadien des Finances a déclaré à l’issue de 3 jours de réunion à Whistler, une station de ski de l’ouest du Canada que :
« Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales ont demandé au secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin de faire part (à la Maison Blanche) de leur inquiétude unanime et de leur déception.»

En effet, le G7 Finances s’est achevé, samedi 02 juin sur une protestation générale contre la politique commerciale américaine jugée unanimement trop agressive.

De ce fait, les principaux alliés de Washington exhortant Donald Trump à revoir sa décision quant à l’imposition de taxes sur l’acier et l’aluminium et ce, la semaine prochaine lors du sommet des chefs d’État au Québec.

Un signe fort révélateur de la grande discorde, le G7 Finances n’a pas donné lieu à une déclaration commune mais à une succession de conférences de presse séparées.
M. Morneau a indiqué que :

« Les ministres et les gouverneurs se sont mis d’accord sur le fait que les discussions (sur le commerce) devaient se poursuivre au sommet à Charlevoix où une décision doit être prise.»

Alors que l’économie de la planète affiche un taux de croissance (+3,9%) solide et inédit depuis la crise financière de 2008, l’Allemagne, le Canada, la France, le Japon, l’Italie et les USA auraient dû plancher sur les recettes pour faire en sorte que cette croissance soit partagée par le plus grand nombre.

Les représentant de l’Allemagne, du Canada et de la France ont déploré que ces discussions aient été, largement éclipsées par le spectre d’une guerre commerciale à cause de l’administration Trump qui a choisi de monter d’un cran dans son offensive contre ses alliés en mettant en application, vendredi 1er juin de nouvelles taxes douanières sur son acier et son aluminium.
Commentant cette décision, M. Bill Morneau a déclaré :
Ces taxes « compromettent un commerce ouvert et sape la confiance en l’économie mondiale.» Il a, également exprimé à son homologue américain Steven Mnuchin dans « des mots durs », selon ses propres termes, le « complet désaccord » d’Ottawa avec Washington.
M. Bruno Le Maire, le ministre français a dit que le G7 a été « tendu et difficile », estimant, quant à lui que cette réunion avait plutôt été un « G6 + 1 » avec des États-Unis

« seuls contre tous, qui font courir le risque de déstabilisation économique à la planète .»

Tout en reconnaissant qu’il y avait eu « un consensus unanime sur l’inquiétude » exprimée par les 6 autres partenaires de Washington en matière de conflit commercial, M. Steven Mnuchin a objecté : « Nous croyons au G7. » Néanmoins, il a assuré qu’il en avait fait part au président Donald Trump à l’approche du sommet des chefs d’État et de gouvernement qui va se dérouler vendredi 8 et samedi 9 juin.

M. Le Maire a exhorté l’administration américaine à faire d’ici là « un geste » et à prendre « les bonnes décisions pour apaiser la situation et alléger les difficultés ».
Quant à lui, Steven Mnuchin s’est efforcé de minimiser le rôle que jouerait le commerce au sommet des chefs d’État, mettant le doigt sur d’autres problématiques importantes telles les sanctions contre l’Iran ou le sommet prévu avec la Corée du Nord.
Et au moment où les discussions s’achevaient à Whistler, le locataire de la Maison Blanche s’est fendu de nouveaux tweets fustigeant le libre-échange.
Il a écrit :
« Si nous taxons à hauteur de 0 un pays pour qu’il nous vende ses marchandises et qu’en retour, il taxe à 25, 50 ou 100% les nôtres (…) ce n’est pas un commerce libre et équitable, c’est du commerce stupide! »
Et dans un second tweet, il a une nouvelle fois martelé qu’avec un déficit de biens de quelque 800 milliards de dollars, les Etats-Unis avaient été « arnaqués par les autres pays depuis des années ». En incluant les services, le déficit américain avec le reste du monde s’est élevé à 566 milliards en 2017.
L’Union européenne et le Canada ont d’ores et déjà saisi l’Organisation mondiale du commerce (OMC) tandis que le Mexique a adopté des représailles sur des produits américains.
Mais de l’avis de tous, la guerre commerciale n’est, toutefois pas encore déclarée tant que le président américain ne met pas à exécution ses menaces d’imposer des taxes sur l’automobile, un des secteurs au cœur des échanges du commerce mondial.

Reste à savoir aussi comment va évoluer l’autre grand front commercial ouvert contre la Chine par Donald Trump. Son secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, est arrivé à Pékin samedi pour 3 jours de nouvelles discussions.

Rappelons que Pékin a averti Washington que les accords commerciaux sino-américains n’auront plus d’effet si les États-Unis introduisent de nouvelles mesures restrictives sur les marchandises chinoises. Selon les autorités chinoises, le libre-échange répond aux intérêts de tous les pays.
Les accords entre Washington et Pékin sur le commerce et les échanges perdront leur validité si les États-Unis introduisent de nouvelles mesures restrictives, dont des droits de douane, a déclaré le ministère chinois du Commerce dans son communiqué.
On peut lire dans un communiqué :
«La position de la partie chinoise reste cohérente. Afin de satisfaire la demande de consommation en hausse et garantir la croissance économique, la Chine est prête à augmenter les importations en provenance de tous les pays, dont les États-Unis. Cela répond tant aux intérêts des peuples de nos pays, qu’à ceux du monde entier. »

A l’issue des négociations américano-chinoises des 17 et 18 mai, les États-Unis et la Chine
sont parvenus à un accord sur la réduction du déficit commercial. Il a été signalé que la Chine allait augmenter l’achat de produits et de services américains, notamment dans les domaines de l’énergie et des produits agricoles.
Une fois de plus, force est de constater que les dirigeants US ne respectent pas les accords qu’ils concluent avec les autres pays, nous finirons par penser que cette fâcheuse et déplorable habitude est une nature chez eux, inscrite dans leurs gênes !!!
Un négoce doit profiter, équitablement et largement à toutes les parties concernées, pourquoi cette cupidité, cette voracité et cette arrogance caractéristiques des dirigeants américains ???
Vous risquez de sérieusement vous isoler, ne croyez surtout pas que vous êtes indispensables, bien au contraire, vous êtes vulnérables et vous avez besoin de vos voisins ainsi que des autres pays du monde pour vous relever votre économie.
L’humanité est un seul peuple qui doit œuvrer pour le bien-être de tous et celui qui s’écarte de cette ligne de conduite court devant de graves dangers…

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