Lanceurs d’alerte : de l’intimidation au meurtre !

 

Alors que la délation est largement encouragée par les autorités de plusieurs de nos états dits « démocratiques », notamment au niveau fiscal, où l’implication citoyenne est réclamée pour dénoncer les éventuels fraudeurs, il en est tout autrement concernant la dénonciation des puissants.

En effet, ceux que l’on appelle les « lanceurs d’alerte » subissent les foudres du système oligarchique mondial, pour avoir osé dénoncer des dysfonctionnements et permis de dévoiler des affaires qui ont fait trembler les grands.

Ils sont la hantise des administrations, des banques, des armées, des pays : depuis une décennie, les lanceurs d’alerte dévoilent la face cachée du système. Médecins, informaticiens, soldats, banquiers : ils ne veulent pas couvrir les vilenies dont ils ont connaissance. Évasions fiscales, dangers sanitaires, écoutes illégales, exécutions sommaires : rien n’échappe à leur vigilance. Seuls face à des multinationales, des lobbies, ou même des États, ils ont révélé les scandales les plus importants de notre époque.

La plupart de ceux qui ont osé signaler ces faits de corruption, ces marchés truqués, ces conflits d’intérêts ou ces faits de fraude fiscale l’ont payé cher. En effet, briser la loi du silence a un coût : persécution judiciaire, prison, précarité, harcèlement, blacklistage, exil, menaces, pressions, voire même au prix fort, la vie.

Tel est le lot, dans la grande majorité des cas, des lanceurs d’alerte. Ces gens courageux et brillants sont de véritables gardiens de nos principes et valeurs démocratiques. Un rôle qui fut autrefois celui de la presse et des médias, devenus désormais les fidèles chiens de garde du système.

Le grand public n’a pas idée des pratiques criminelles utilisées contre ceux qui, dans l’intérêt général, ont révélé au grand jour ces multiples scandales touchant nos élites dirigeantes.

Car derrière chaque révélation se cachent des femmes et des hommes ordinaires. Des employés, des salariés, des stagiaires, des indépendants, ou de simples témoins, qui, pour révéler une affaire, mettent en danger leur réputation, leur carrière professionnelle, voire parfois leur vie.

L’assassinat en octobre dernier de la journaliste maltaise, Daphné Caruana Galizia, en est l’exemple le plus violent, démontrant que même dans nos démocraties occidentales, révéler une affaire ou des pratiques allant à l’encontre de l’intérêt des puissants peut être payé au prix fort : celui du sang.

En effet, alors que les grands médias en parlent peu, plusieurs lanceurs d’alerte sont morts ces dernières années dans des circonstances plus que mystérieuses.

Le 16 octobre dernier, Daphné Caruana Galizia, journaliste maltaise anti-corruption, considérée comme une lanceuse d’alerte, était assassinée au moyen d’une voiture piégée alors qu’elle quittait son domicile. Qualifiée de « Wikileaks » à elle toute seule, Mme Caruana Galizia avait révélé de nombreux scandales de corruption impliquant l’entourage du Premier ministre maltais Joseph Mucat ainsi que le chef de l’opposition nationaliste.

Aaron Swartz et James Dolan ont également été les victimes des « criminels en col blanc ». Co-créateurs du projet Secure Drop, ils ont développé un logiciel censé assurer des communications sécurisées entre des lanceurs d’alerte et des journalistes d’investigation. Secure Drop a été notamment utilisé par Wikileaks et aurait permis à Julian Assange et son équipe de recevoir les emails de Hillary Clinton, de son directeur de campagne, John Podesta, et le reste du très lourd dossier Clinton, que les médias officiels se sont acharnés à minimiser.

Aaron Swartz est mort à 26 ans, le 11 janvier 2013, « suicidé ». James Dolan, son associé, l’a rejoint il y a quelques jours à l’âge de 36 ans, « suicidé » également.

Autre cas, celui de Serena Shim, une journaliste travaillant pour la chaîne iranienne Press TV, qui a été tuée dans un accident de voiture « suspect » en Turquie, quelques jours après avoir recueilli des informations sur le soutien turc à Daesh, affirmant que ce pays apportait son soutien aux terroristes.

En 2017, le journaliste d’information allemand Udo Ulfkotte a été retrouvé mort, 10 mois après avoir révélé la collusion entre la CIA et les services secrets allemands. Ulfkotte affirmait que les agences de renseignements soudoyaient des journalistes pour écrire des articles pro-Otan.

Qui se souvient de David Kelly ? Il était expert en armement biologique pour le ministère britannique de la Défense, lorsque la guerre en Irak a commencé sous le faux prétexte d’armes de destruction massive. Or, à l’instar du suédois Hans Blix, à l’époque directeur de l’AIEA (agence internationale de l’énergie atomique), Kelly avait signalé qu’aucune arme de destruction massive n’avait été trouvée en Irak. Des révélations qui lui avaient alors valu d’être accusé de traîtrise par ses collègues et la majorité de la classe politique britannique. En 2003, il a été retrouvé mort, des suites d’une overdose d’analgésiques l’ayant conduit à « se trancher le poignet »…

La liste de ces héros de l’ombre est longue, et s’ils ne sont pas tous assassinés, la plupart meurent socialement face à la toute-puissance de l’oligarchie américano-sioniste et de ses serviteurs zélés.

La punition est la même, pour tous ceux qui ont osé parler au nom de l’intérêt général. Certains sont passés à la postérité, tels que Julien Assange ou Edward Snowden, dont la persécution a coûté 12 millions de dollars. Cela en dit long sur l’ampleur des moyens pouvant être mis en œuvre à l’encontre d’un lanceur d’alerte qui dénonce un système de corruption organisé ou un mensonge d’état.

Cependant, certaines mesures commencent à être timidement prises. Ainsi, suite à l’assassinat de la blogueuse maltaise, la Commission européenne s’est enfin engagée à présenter un texte de loi dans les mois à venir. Le Parlement européen, de son côté, a voté une résolution appelant à une protection au niveau européen des lanceurs d’alerte, grâce à l’activisme de Virginie Rozière, l’eurodéputée socialiste à l’origine de la rédaction du texte.

Le Parti Anti Sioniste dénonce vigoureusement le traitement réservé à ces lanceurs d’alerte qui dénoncent les forfaitures du système qui domine notre planète.
Si la vérité et la justice prévalaient dans nos sociétés , ils auraient été récompensés et hissés au rang de héros. Au lieu de cela, ils sont persécutés et traités comme des criminels, bons à être exécutés.
Évidemment, il ne faut pas être naïf. Il est clair que certains de ces lanceurs d’alertes ou autres hackers ne sont pas tous motivés par de nobles principes, et peuvent être des mercenaires payés et servant toutes sortes d’intérêts. En effet, beaucoup de ces fuites ou révélations sur Internet, servent à mener des offensives entre États rivaux, entreprises concurrentes, voire des entreprises contre des États. Une nouvelle guerre clandestine dans laquelle rien n’est revendiqué : on met un État ou une entreprise à terre, mais le lieu d’où vient le coup n’est jamais identifié.
Notre solidarité et notre estime vont aux véritables lanceurs d’alerte, ceux animés par l’intérêt commun et les principes de justice, qu’il nous faut absolument défendre, protéger et soutenir.
Ces derniers accomplissent la même mission que celle que nous nous sommes fixés : « Alerter, dénoncer, témoigner », telle est notre devise.
Si un État cesse de soutenir ceux qui en défendent les principes, et qui, au contraire, les stigmatise et les élimine, alors nos sociétés finiront broyées par leur propre décadence.

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