L’affaire Lafarge : Bruno Lafont était-il au courant de l’alliance financière entre Lafarge et Daesh ?

La série Lafarge continue ! En effet, après la découverte, en janvier 2017 de l’alliance financière entre la cimenterie et Daesh en Syrie, cette affaire a connu beaucoup de rebondissements.

Rappelons brièvement les faits :

le quotidien français « Le Monde » avait évoqué les possibles arrangements entre la cimenterie de Jalabiya (nord de la Syrie), gérée par une filiale locale de Lafarge et l’organisation de l’État islamique (EI) entre 2013 et 2014 pour faire fonctionner ce site qui est le meilleur investissement du groupe. Selon le quotidien, des responsables de la filiale Lafarge Cement Syria seraient en contact direct avec la maison-mère, à Paris.

Retrouvez tous les « épisodes » de l’affaire Lafarge sur notre site,
épisode 1 (http://www.partiantisioniste.com/articles/grand-groupe-francais-travaillait-daesh-co.html )
épisode 2 (http://www.partiantisioniste.com/articles/responsables-coupables-acte-2%e2%80%af.html )…

Cette fois-ci, c’est au tour de Bruno Lafont, ex-PDG de Larfarge, d’affirmer face aux juges de n’avoir appris la nouvelle concernant les versements du cimentier à Daesh qu’en août 2014 , alors qu’il en avait été informé beaucoup plus tôt par son ex-bras droit.

Afin de continuer la production de son usine en Syrie et ce, en dépit de la guerre qui opposait Daesh à l’armée syrienne, Lafarge avait versé de 2011 à 2015 la somme de 12,946 millions d’euros à des groupuscules armés dont l’État islamique, selon un rapport interne commandité par le groupe français qui a fusionné avec le Suisse Holcim, en 2015.

C’est une première en France dans cette enquête atypique où les acteurs principaux sont de grands patrons accusés de financer des terroristes et entre qui les contradictions se multiplient.

Une mise en examen a été décrétée le 8 décembre dernier à l’encontre de Bruno Lafont, PDG de Lafarge de 2007 à 2015, et Christian Herrault, ex-directeur général adjoint en charge de plusieurs pays dont la Syrie, pour « mise en danger de la vie d’autrui » et « financement d’une entreprise terroriste ».

En août 2014, une réunion du groupe Lafarge avait eu lieu regroupant un comité restreint, Christian Herrault en faisait partie et il avait « fait l’annonce d’un accord avec Daesh », c’est ce qu’a indiqué Bruno Lafont, face aux juges d’instruction qui l’interrogeaient et, ce d’après une source proche du dossier.

Bruno Lafont ajoute qu’il « n’a pas fait de commentaires sur le coup, sauf à dire que cet accord n’était pas une bonne idée », expliquant qu’« il avait pris la décision au même moment de fermer l’usine », qui malgré cela tombera entre les mains de l’organisation d’Abou Bakr al-Baghdadi, le 19 septembre 2014.

Pour sa part, Christian Herrault n’en démord pas et certifie avoir informé Bruno Lafont à plusieurs reprises de ce qui se passait, en Syrie et ce à partir de l’été 2012. Il lui a explicitement indiqué en septembre-octobre 2013, que Lafarge finançait des groupes djihadistes, dont l’État islamique.

Il réaffirme avoir versé à Daesh « la somme de 5 millions de livres syriennes [20 000 dollars] mensuellement à partir de novembre 2013 » puisque « toutes les parties prenantes [avaient] intérêt à ce que cet investissement dure et fonctionne ».

Bruno Lafont a insisté sur le fait qu’« il y a beaucoup de choses qu’il n’a pas sues et qui lui ont peut-être été cachées ». Il est à savoir que la cimenterie avait versé la somme de 680 millions de dollars à son usine de Jalabiya au nord de la Syrie, quelques années auparavant.

Ceci dit, il s’est défendu d’avoir voulu « se maintenir en Syrie à tout prix uniquement pour une raison mercantile ».

Et de poursuivre :

« Évidemment qu’un actif de ce montant soit pris en compte mais il n’est pas seul pris en compte », « une cimenterie est très difficilement démontable [et] notre tradition est de ne pas laisser tomber les gens ».
M. Lafont se serait abstenu de faire part de son intention de fermer l’usine jusqu’en août 2014.

En ce qui concerne la sécurité des employés syriens de la cimenterie, Lafarge est aussi mis en cause pour n’avoir pas su la leur garantir. Bruno Lafont a expliqué qu’« en juillet 2013 […] je prends conscience que la situation se complique. J’ai écrit dans mes notes personnelles « on se replie dans le calme » ».

Malgré tout, le cimentier continuera ses activité dans le pays 14 mois supplémentaires. Solange Doumic, avocate de l’ex-directeur général adjoint s’est dite surprise que « Bruno Lafont n’ait jamais fait part à Christophe Herrault ni de doutes ni d’une quelconque volonté de fermer l’usine à cette date et ce jusqu’en août 2014 ».

Maître Hervé Temime, l’avocat de Bruno Lafont a déclaré que son client avait « pris acte de sa mise en examen », ajoutant qu’« il avait assumé sa qualité de dirigeant de Lafarge mais contestait toute infraction pénale ».

L’étau se resserre sur les acteurs de cette affaire qui a pris de l’ampleur et aurait sa place dans les box office Hollywoodiens.

Le Parti Anti Sioniste condamne avec la plus grande fermeté tous les responsables qui ont eu de près ou de loin un rôle à jouer.
« Commercer » avec les terroristes pour continuer à faire tourner son affaire est inacceptable. Risquer la vie de ses employés prouve à quel point les dirigeants n’éprouvent aucune compassion et qu’ils sont excessivement cupides.
Tout acte d’injustice doit être puni et nous appelons la justice à juger, comme il se doit, tous les responsables de cette ignoble affaire. Que justice soit, enfin rendue !

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