LA TURQUIE DANS L’ŒIL DU CYCLONE !

LA TURQUIE DANS L’ŒIL DU CYCLONE !
LA TURQUIE DANS L’ŒIL DU CYCLONE !

Rien ne va plus en Turquie, où la tension monte après l’attentat meurtrier de samedi dernier à Ankara, qui a fait près d’une centaine de victimes dans une manifestation pacifiste organisée par l’opposition pro-kurde pour dénoncer la reprise du conflit entre le gouvernement et les rebelles kurdes du PKK. Plusieurs syndicats, ONG et partis de gauche avaient appelé à manifester, notamment le principal parti pro-kurde d’opposition, le Parti démocratique des peuples (HDP).

Cet attentat, qui est le plus grave ayant visé la Turquie, rappelle celui du 20 juillet dernier, attribué à l’Etat islamique et qui avait fait 32 morts parmi des militants de la cause pro-kurde dans la ville de Suruç proche de la frontière syrienne.

Cette attaque survient dans un climat de fortes tensions, à trois semaines des élections législatives anticipées convoquées suite à l’échec de la formation d’un gouvernement de coalition après le scrutin législatif du 7 juin dernier, lors duquel le parti du président Erdogan, l’AKP, avait perdu la majorité absolue qu’il détenait depuis treize ans au Parlement, notamment en raison du bon score réalisé par le HDP.

Au lendemain du drame, les turques se posent des questions sur les responsables de l’attentat, qui n’a toujours pas été revendiqué.

Pour le gouvernement les principaux suspects sont l’Etat islamique (EI) ou les nationalistes kurdes du PKK alors que l’opposition pointe du doigt le pouvoir, incarné par le président Erdogan, qu’elle accuse d’œuvrer pour « une stratégie de la tension » dont l’objectif est d’instaurer un régime présidentiel plus fort. Ce dernier, afin de capter l’électorat ultranationaliste, a enclenché depuis cet été une guerre contre les rebelles kurdes du PKK et les terroristes de l’EI.

Cette double attaque a été commise au cœur de l’un des quartiers les plus sécurisés de la capitale, ce qui laisse de nombreux Turcs perplexes et nourrit les spéculations sur la responsabilité, voire la complicité, des renseignements turcs dans ces attaques. « Nous sommes confrontés à un Etat meurtrier qui s’est transformé en mafia », a ainsi dénoncé le chef de file du HDP, Selahattin Demirtas.

La piste du PKK semble peu crédible étant donné que la manifestation était organisée à l’initiative du HDP accusé d’être le bras politique du mouvement rebelle et dont plusieurs membres ont perdu la vie samedi à Ankara (dont la candidate aux législatives dans la capitale).

L’autre piste se tourne vers l’Etat islamique qui aurait agi en représailles contre les autorités qui se sont engagés récemment dans la lutte contre les djihadistes en ouvrant leurs bases aux avions de la coalition anti-EI. Il est cependant fort probable que cette stratégie soit à visée électoraliste car il s’est avéré que depuis de longs mois, l’Etat soutient ces groupes terroristes, qui ont notamment utilisé la Turquie comme zone de recrutement et de transit vers la Syrie où ils combattent les forces de Bachar el-Assad ainsi que les Kurdes du PYD, tous deux ennemis de la Turquie d’Erdogan. En réalité, personne ne croit au changement de cap du Président vis-à-vis des djihadistes comme le prouve, entre autres, l’hostilité turque envers l’intervention russe contre l’EI.

Le Parti Anti Sioniste présente ses condoléances au peuple turc et aux familles des victimes de cette odieuse attaque et appelle le gouvernement d’Ankara à cesser de jouer avec le feu en soutenant des groupes comme l’EI.

Il est temps que ce grand pays musulman, héritier d’une grande civilisation, cesse son alliance avec le sionisme et l’impérialisme international et rejoigne l’axe de la résistance sous peine de subir un brutal retour de bâton…

[signature]Signature du président[/signature]